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ImageAprès un long moment de silence le président Ivoirien Laurent GBAGO s'est adréssé à sa nation pour faire. Dans son discours, il invite l'opposition à respecter ses engagement, de baisser les armes afin d'organiser des élections, pour aller à la paix.

Message du Président la République à la Nation

Présidence

Ivoiriennes, Ivoiriens,
Mes chers compatriotes,
Chers amis de la Côte d’Ivoire,

Depuis le 19 septembre 2002, cela fait trois longues années que notre pays a été attaqué. Ceux qui ont déclenché cette guerre ont affirmé à l’époque être des militaires ivoiriens, les « zinzins » et les « baéfouès », qui avaient pris les armes et fait une mutinerie pour des revendications corporatistes, même si dès le début de la crise, ils avaient déjà assassiné les chefs militaires de Bouaké et de Korhogo. Sur les interventions de Chefs d’Etats de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), j’ai accepté de discuter avec ces militaires parce qu’il ne s’agissait que de revendications corporatistes et surtout pour préserver des vies humaines...

J’ai, pour accéder à cette demande de mes pairs, formé une délégation qui s’est rendue à Lomé y rencontrer les mutins.

La délégation de l’Etat de Côte d’Ivoire, conduite par le Président du Conseil Economique et Social, Monsieur Laurent Dona FOLOGO, était composée de membres de toutes les institutions de l’Etat notamment de membres du Gouvernement, de parlementaires, de conseillers économiques et sociaux et d’officiers de l’armée nationale.
La délégation comprenait en outre des représentants de tous les partis politiques représentés au sein du Gouvernement de large ouverture que je venais de former le 05 août 2002.

Les négociations se sont déroulées du 28 Octobre au 22 Décembre 2002 sous la direction du Président de la République togolaise, feu le Général GNASSINGBE Eyadema qui avait été désigné par la CEDEAO pour assurer la Médiation.
Le Médiateur de la CEDEAO me tenait régulièrement informé des revendications des mutins, de l’évolution des discussions et surtout de l’état d’esprit dans lequel ces discussions avaient lieu.

Les négociations de Lomé ont suscité un réel espoir de paix ; en effet, les deux parties avaient trouvé un accord et étaient prêtes à le signer lorsque les rebelles ont fait volte-face, révélant ainsi ce qui va les caractériser durant ces trois longues années : l’inconstance, le double langage et le non respect de la parole donnée puisqu’en réalité, dans cette rébellion ivoirienne, ceux qui parlent ne sont pas ceux qui décident.

Les négociations de Lomé ont révélé également, l’impuissance de la CEDEAO à régler la crise ivoirienne.

C’est en effet, pendant que se tenaient les discussions de Lomé qu’a été annoncée et convoquée la Table ronde de Linas-Marcoussis, à l’invitation de la France.

La CEDEAO a donc été dessaisie du dossier ivoirien.

Mais notre organisation ne s’est pas opposée à ce dessaisissement.

Elle n’a même pas élevé une simple protestation.
Ce fut le premier échec de la CEDEAO en ce qui concerne la crise ivoirienne.

Cet échec a permis la médiation française consacrée par l’Accord issu de la Table ronde de Linas-Marcoussis, en France.

Je ne reviendrai pas sur cette conférence originale à laquelle, pour régler un conflit dans un pays, l’on a invité des partis politiques et des mouvements rebelles pour prendre des décisions en excluant le Président élu et les institutions de ce pays.

J’ai déjà dit que j’ai accepté l’Accord de Linas-Marcoussis conclu entre les partis politiques et les rebelles parce que les partis politiques ivoiriens l’ont signé et parce que la communauté internationale l’a soutenu comme étant la voie pour obtenir la paix par le désarmement des rebelles et l’organisation des élections en Côte d’Ivoire.

Je signale que si les rebelles avaient appliqué l’Accord de Linas-Marcoussis, le processus de désarmement aurait commencé dès la formation du Gouvernement de Réconciliation Nationale, c’est-à-dire dès le mois de mars 2003.

L’application de cet accord a cependant créé d’énormes difficultés en raison des circonstances décrites ci-dessus et de sa juxtaposition à l’ordre juridique interne ivoirien.

Pour y remédier, notre organisation sous-régionale, la CEDEAO s’est donnée une seconde chance en organisant des réunions à Accra respectivement le 6 Mars 2003 et les 28 et 30 Juillet 2004.

J’ai personnellement, à l’invitation du Secrétaire Général de l’ONU, pris part à la réunion d’Accra des 29 et 30 Juillet 2004 qui a permis la signature de l’accord d’Accra III.

J’ai appliqué l’Accord d’Accra III avec la même détermination que j’ai appliqué l’Accord de Linas Marcoussis.

Selon cet accord d’Accra III, la rébellion devait avoir commencé le désarmement au plus tard le 15 octobre 2004.

Le désarmement est la seule et unique opération que tous les accords signés ont mis à la charge de la rébellion.

Elle ne l’a pas fait, et ni la CEDEAO, ni le Comité de suivi de l’Accord de Linas-Marcoussis, ni même le Comité de suivi de l’Accord d’Accra III ne peuvent dire le contraire.

Pis, la rébellion s’est mise à narguer les Ivoiriens et à menacer d’occuper de nouvelles villes.

Face à ces menaces, j’ai pris la décision légitime de défendre les populations et de réunifier mon pays en déclenchant l’opération « Dignité » qui a permis de mettre hors d’état de nuire l’arsenal militaire de l’époque de la rébellion.

Cette opération a été parfaitement menée au plan militaire puisque le Commandement des Forces de l’ONU en Côte d’Ivoire (ONUCI) a, dans un communiqué, salué l’efficacité de mon armée et attesté du caractère strictement militaire des cibles détruites.

A la suite de cette opération, la CEDEAO elle-même a fait le constat de son deuxième échec et de son retrait du règlement de la crise ivoirienne.

En effet, c’est S.E.M. Olusegun Obasanjo, Président de la République Fédérale du Nigeria, Etat membre de la CEDEAO qui, ayant fait le constat de cet échec de l’organisation sous régionale, a, en sa qualité de Président en exercice de l’Union Africaine, confié à Monsieur Thabo MBEKI, Président de l’Afrique du Sud, de commencer et de conduire une nouvelle médiation au nom de l’Union Africaine dans la crise ivoirienne.

Cet effacement volontaire de la CEDEAO au profit de l’Union Africaine a été accepté par la communauté internationale et confirmée par les résolutions n° 1584 du 1er février 2005, 1600 du 4 mai 2005, 1603 du 3 juin 2005 du Conseil de Sécurité de l’ONU.

La désignation du Président Thabo MBEKI pour assurer la médiation dans la crise ivoirienne a été et demeure pour moi un très bon choix.
Il est le Président d’un pays géographiquement éloigné de la Côte d’Ivoire et il est le Président d’une grande puissance africaine.

La communauté internationale et les autres acteurs de la crise ivoirienne ont, comme moi, accepté et acclamé la médiation du Président Thabo MBEKI.

Aucun acteur de la crise ivoirienne, aucun homme politique, national ou africain, aucune organisation sous-régionale ou régionale ni même l’Organisation des Nations Unies (ONU) n’a une seule fois mis en cause la personne ou le travail du Médiateur Sud Africain.

Celui-ci a déroulé sa médiation en quatre étapes :

- La première a été une visite sur le terrain.
De tous les médiateurs que la crise ivoirienne a connus et de tous ceux qui s’y sont intéressés, le Président Thabo MBEKI a été le seul à séjourner plusieurs jours en Côte d’Ivoire, notamment le 9 novembre 2004, puis du 2 au 6 décembre 2004, pour rencontrer, écouter toutes les parties et faire la reconnaissance du terrain avant de commencer sa médiation.

- La deuxième étape a été l’établissement par le Médiateur d’une feuille de route.
Par cette feuille de route, le médiateur établissait pour la première fois un document clair déterminant les mesures à prendre, les personnes ou institutions qui devaient les prendre et les délais dans lesquels ces mesures devaient être prises.

- La troisième étape a conduit à l’Accord de Pretoria.

Lorsque j’ai fini d’exécuter toutes les obligations mises à ma charge par la feuille de route alors même que les rebelles n’avaient toujours pas commencé le désarmement, le Président Thabo MBEKI a convoqué une réunion du 2 au 6 Avril 2005 à Pretoria où les acteurs de la crise ivoirienne ont signé un accord dit de Pretoria.

Dans cet accord, les parties ont convenu de laisser au médiateur le pouvoir de proposer comment devait être réglée la question de l’éligibilité de M. Alassane Dramane OUATTARA à la Présidence de la République.

Sur la proposition écrite en date du 16 avril 2005 du Président MBEKI, j’ai pris une décision rendant exceptionnellement Monsieur OUATTARA éligible à l’élection du Président de la République.

La résolution de cette question qui était naguère présentée par tous les observateurs de la crise ivoirienne comme la clé du dénouement de cette crise n’a cependant pas convaincu les rebelles de désarmer.

Ainsi, j’ai exécuté toutes les obligations qui m’incombaient sans que les rebelles aient commencé à désarmer.

- Dans une quatrième étape, le Médiateur, a à nouveau, les 28 et 29 Juin 2005, réuni toutes les parties pour une évaluation de l’application de l’Accord de Pretoria.

Un communiqué final de cette réunion a été rédigé, qui demandait à l’Assemblée Nationale d’apporter des corrections aux lois que cette institution avait déjà votées, au plus tard le 15 Juillet 2005.

Le communiqué précisait que si le parlement ne le faisait pas, je pouvais suppléer à cette carence en procédant aux amendements souhaités.

Mais ce communiqué indiquait surtout que les parties qui ne respecteraient pas leurs engagements tels que résultant des différents accords de paix, seraient sanctionnées.

Le point relatif aux sanctions a été approuvé, repris et appuyé dans la déclaration de Syrte sur la Côte d’Ivoire, le 5 Juillet 2005 par le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine, en marge du 5ème Sommet ordinaire de l’Assemblée de l’Union Africaine.

A mon retour de la Conférence de Syrte, en application de l’article 48 qui me donne des pouvoirs exceptionnels en pareille circonstance, avec l’accord du Médiateur et devant l’impossibilité évidente pour l’Assemblée Nationale de tenir les délais impartis par la médiation en raison de la longueur naturelle du travail parlementaire, j’ai effectué les amendements souhaités par la réunion d’évaluation de l’Accord de Pretoria.

Ces corrections n’ont pas trouvé grâce aux yeux des forces opposées à la paix, qui ont demandé au médiateur d’en rechercher de nouvelles alors même que le médiateur avait déjà fixé la date du dépôt de son rapport au Conseil de Sécurité de l’ONU.

Il a quand même accédé à leur requête en me demandant une ultime clarification des textes votés par le parlement ivoirien.

Ces dernières corrections, je les ai faites par respect pour le Médiateur et pour la paix dans mon pays.

Le 31 Août 2005, le Président Thabo MBEKI a déposé son rapport devant le Conseil de Sécurité de l’ONU.

Dans ce rapport, il a déclaré que j’avais entièrement appliqué tous les accords signés par moi ou par les parties ivoiriennes.

Il a surtout affirmé que j’étais le seul signataire de ces accords à avoir tenu ma part d’engagements et que plus rien ne pouvait m’être demandé.

Le Médiateur a enfin invité l’ONU à prendre des mesures en vue de la paix en Côte d’Ivoire.

Nous attendions ces mesures quand une campagne médiatique a tenté de faire croire à l’opinion nationale et internationale que le Président Thabo MBEKI avait démissionné de la médiation dans la crise ivoirienne.

Cette campagne a même tenté de faire croire que la médiation lui avait été retirée.
Par ses déclarations en date du 31 août et du 21 septembre 2005, le Conseil de Sécurité par la voix de son Président, a mis fin à cette campagne en renouvelant sa confiance en la médiation du Président Thabo MBEKI.

C’est alors que la CEDEAO décide de convoquer, pour le 30 septembre 2005, une réunion d’évaluation de ladite médiation.

Pour quelles raisons la CEDEAO veut-elle évaluer une médiation qui a déjà soumis ses conclusions au Conseil de Sécurité de l’ONU et qui en a reçu des félicitations ?

Pour nous et pour le peuple de Côte d’Ivoire, la médiation a déposé ses conclusions.

Les accords signés ont permis d’amnistier les rebelles pour qu’ils déposent les armes et rentrent dans la République.

La médiation a été bien menée.

Elle a fait aboutir les réformes constitutionnelles et législatives et permis à Monsieur Alassane Dramane OUATTARA d’être éligible à l’élection Présidentielle.

Je saisis l’occasion de cette conclusion de la médiation pour saluer le Président Obasanjo et l’Union Africaine qui ont eu la bonne initiative de confier la médiation ivoirienne au Président Thabo MBEKI.

Je salue dans le Président Sud-Africain l’homme, le médiateur et le leader africain.

Je salue en l’homme, l’humilité, la sincérité et la loyauté. Je salue en lui le Médiateur déterminé, ayant le sens de l’anticipation et de la proposition. Je me réjouis de retrouver en lui l’image que j’ai du leader africain qui a démontré que l’Afrique doit et peut régler elle-même les conflits qui surgissent entre les Africains. Elle en a le devoir ; elle en a les moyens humains et intellectuels.

Le Président Thabo MBEKI en a magistralement administré la preuve.

Je suis pour ma part prêt à me rendre devant toutes les instances de l’Union Africaine et de l’ONU pour défendre les lourds sacrifices que le peuple ivoirien et moi même avons consentis sur les conseils de Thabo MBEKI pour le retour de la paix dans notre pays.

Mais je n’accepterai pas une nouvelle médiation parce qu’il n’y a plus de négociations à faire.
Nous disposons de plusieurs accords : Accra I, Linas-Marcoussis, Accra II, Accra III, Pretoria I et Pretoria II.

Il faut maintenant passer à la phase de leur application, sans perdre de temps car mon pays, dans la zone sous contrôle rebelle, court tout droit vers une catastrophe humanitaire et sécuritaire.

Depuis trois ans, les enfants qui avaient entre 6 et 8 ans devaient aller à l’école. Ils ne l’ont pas fait. Ils ont aujourd’hui entre 9 et 11 ans et ils ne vont toujours pas à l’école.
Depuis trois ans, les populations de ces zones n’ont pas accès à la santé et sont la proie de toutes sortes de maladies et des grandes pandémies sans que, du fait de l’occupation du territoire par les rebelles, rien ne puisse être entrepris pour les sauver.

Ces populations sont dans l’insécurité et exposées à l’arbitraire de quiconque détient une arme à feu ou peut revendiquer un lien avec un responsable de la rébellion.

D’autres raisons nous conduisent à émettre des réserves quant à une nouvelle implication de la CEDEAO dans la crise ivoirienne :
- Tout d’abord, le pré-rapport de la Commission d’Enquête Internationale sur les allégations de violations des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire de l’ONU en date du 14 Juillet 2004 met en cause des pays de la CEDEAO comme ayant servi de lieux d’entraînement aux rebelles. Il indique que ces pays ont prêté à cette rébellion des officiers pour assurer leur entraînement. Des pays de la CEDEAO sont donc gravement impliqués dans cette rébellion.

La Côte d’Ivoire n’acceptera pas que ces pays décident de son sort en étant juges et parties.

- Ensuite, les richesses de mon pays (le café, le cacao, le diamant, l’or, le bois et le coton) sont quotidiennement pillés par la rébellion au profit de certains pays de la sous-région qui deviennent aujourd’hui exportateurs de richesses dont ils ne sont pas producteurs.

J’ai saisi certains Chefs d’Etat de la CEDEAO de cette situation par courriers datés des 09 Septembre 2003 et 03 Novembre 2003.

- Enfin, les succursales de banques nationales en zones rebelles ont été pillées. Même la banque commune de l’UEMOA, la BCEAO, a été pillée dans plusieurs villes sous contrôle rebelle et les malfrats ont ouvert des comptes dans des pays de la CEDEAO.

C’est pour toutes ces raisons que je pense qu’il n’est pas sage pour la CEDEAO elle-même de s’impliquer de nouveau dans la crise ivoirienne, bien que cette organisation soit notre patrimoine commun.

J’invite solennellement, une fois encore, l’Union Africaine et l’ONU à prendre leurs responsabilités, en décidant de mesures urgentes pour conduire au désarmement des rebelles.

Il faut que le désarmement soit fait pour que les élections aient lieu.

Notre Constitution ne permet pas la tenue d’élections politiques de quelque nature qu’elles soient en cas d’atteinte à l’intégrité du territoire.

Dans tous les cas, la présence d’hommes en armes autres que les forces régulières est un obstacle à la tenue d’élections. J’ai été élu et j’exerce un pouvoir légitime et légal. J’ai acquis ce pouvoir par les élections et je ne le rendrai qu’à une personne élue conformément aux dispositions constitutionnelles. La Constitution de la Côte d’Ivoire prévoit les cas où les élections ne se tiendraient pas. La Constitution ne peut pas avoir prévu les cas où les élections ne se tiendraient pas sans prévoir en même temps comment régler de tels cas. Et c’est pourquoi la Constitution prévoit que le Président de la République adresse un message à la nation pour indiquer les circonstances qui font obstacle à la tenue des élections et demeure en fonction jusqu’à la tenue ou la poursuite des élections ou la proclamation des résultats. Tous les accords de paix signés jusqu’à ce jour ont prescrit le respect de la Constitution.

Les élections ne pouvant pas se tenir à l’évidence le 30 octobre 2005 puisque les rebelles n’auront pas désarmé à cette date, certains politiciens espèrent prendre le pouvoir en demandant la mise en place d’une transition.
Une telle attitude est contraire à la Constitution.

Mais ce n’est pas la première fois que certaines personnalités politiques tentent de contourner l’application de la constitution en Côte d’Ivoire :

- En 1990, au moment de l’ouverture à la démocratie, notre Constitution prévoyait déjà le multipartisme. J’ai, avec le parti que je dirigeais, milité pour le respect scrupuleux de la Constitution alors que certains politiciens demandaient la tenue d’une conférence nationale.
Je me suis opposé à la tenue d’une Conférence Nationale et ai exigé l’application nette de la Constitution.
- En 1993, au décès du Président Félix HOUPHOUËT-BOIGNY, plusieurs hommes politiques avaient critiqué la Constitution ivoirienne en ce que son article 11 instituait une succession de type monarchique, contraire à l’expression démocratique. Je faisais partie de ces hommes politiques. Mais en même temps que je critiquais cette Constitution, j’ai tenu, à la différence d’autres hommes politiques, à la voir appliquée puisque dans son imperfection, elle demeurait notre Loi fondamentale. Ceux qui s’y opposaient ne voyaient que le profit que l’article 11 apportait au seul Henri Konan BEDIE. Mais en réalité, l’application de cet article de la Constitution profitait à la Côte d’Ivoire toute entière puisqu’elle lui garantissait la stabilité.

Avais-je alors pris les armes pour attaquer la Côte d’Ivoire pendant tout le temps qu’il est resté au pouvoir ?

Non !

C’est pourquoi, la transition étant contraire à notre Constitution, il n’y aura pas de transition.

Ceux qui veulent prendre le pouvoir par des voies autres que les élections devront l’avouer et poser bas les masques. Mais qu’ils ne se servent pas de la transition comme prétexte.

Mes chers compatriotes, ce ne sont pas les élections qui posent problème en Côte d’Ivoire.
Ce n’est pas la Présidence de la République qui pose problème. Le problème vient plutôt de ce que les rebelles refusent de désarmer.

Le désarmement de toutes les personnes non autorisées à porter les armes, demeure en conséquence à ce jour, le seul obstacle au jeu démocratique en Côte d’Ivoire.

J’en appelle donc, une fois encore, à la communauté internationale pour qu’elle prenne ses responsabilités afin que les élections aient lieu.

Ceux qui utilisent les armes pour prendre le pouvoir comptent toujours sur la passivité ou la lassitude des démocrates. C’est pourquoi le peuple ivoirien s’est dressé et résiste.

La bataille de la primauté de la légalité sur la force et la résistance du peuple ne sont pas celles de la seule Côte d’Ivoire. Ce sont la bataille et la résistance de tous les Etats africains qui ont besoin du respect par tous, des règles connues de tous, pour avoir la stabilité et la paix nécessaires à leur développement.

J’en appelle donc à tous les démocrates, pays ou personnes, amis de la Côte d’Ivoire, à nous aider à parvenir à des élections justes et dans les meilleurs délais.

Nous avons déjà, pour garantir l’impartialité et la transparence des élections, accepté la venue en Côte d’Ivoire d’un Haut Représentant des Nations Unies pour les élections. Et l’obstacle, le seul obstacle aujourd’hui à la tenue des élections, c’est le désarmement de ceux qui n’ont pas le droit de porter les armes. Si le désarmement a lieu aujourd’hui, les élections pourront se tenir dans un délai maximum de trois mois, la Côte d’Ivoire étant techniquement prête pour organiser ces élections.

J’invite donc, tous les prétendants à la Présidence de la République en Côte d’Ivoire à accepter d’aller aux élections. C’est la seule voie de sortie de crise dans notre pays. C’est la seule voie qui assurera le bien à notre pays.
C’est la seule voie qui assurera le bien à l’Afrique.

Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire !

Laurent GBAGBO