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APPERCU SUR LA SITUATION AYITIENNE

aïti vit actuellement un des moments les plus difficiles de son histoire: haine, division, violences, insécurité, peur généralisée rivalisent avec misère, souffrance, intolérance, mépris et exclusion.

De partout à travers le pays s'élèvent des plaintes et des cris de détresse: on en a assez, nou reyèlman bouke!

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Cadres locaux et coopérants étrangers quittent le pays par centaines, pendant que les capitaux, eux, fuient par millions.

Combien encore peuvent dire que leurs entreprises marchent bien quand elles ne sont pas déjà fermées dans le centre commercial ou ailleurs, car le kidnapping et tout ce qu'il entraine de peur et de panique ont désormais atteint tous les quartiers et toutes les limites.

Et pourtant d'aucuns redoutent que cette situation déjà intenable et intolérable ne devienne encore plus catastrophique, si l'on s'obstine à ignorer les vrais remèdes, ceux qui guérissent.

Beaucoup de gens ont entendu avec tristesse la semaine dernière une personnalité issue d'une institution on pourrait dire... morale qui s'est laissé aller jusqu'à dire que le temps des discussions et du dialogue était révolu et qu'il fallait passer à l'action, sous-entendu l'action brutale.

C'est en effet, une façon de voir les choses. Et la stratégie qui en découle se résume ainsi: éliminez les chimères et autres bandits qui emmerdent le monde.

Et cette stratégie déjà en cours de matérialisation et qui peut ou va encore s'intensifier n'a causé jusqu'ici que des deuils parmi les populations des zones ciblées. Et la sécurité ne s'en porte par mieux...

C'est comme si les quartiers populaires et les quartiers déshérités ne seraient pas les seules sources de l'insécurité.

C'est à croire aussi que les armes et les mesures expéditives ne sont pas l'unique solution à la violence et l'insécurité.

Il y a tellement de gens qui attisent la haine du haut de leurs milliers de collines qu'on pourrait oublier, que nous n'avons qu'une seule petite Haïti où des gens de conditions sociales différentes peuvent encore vivre dans le respect des lois et de la constitution.

Dopés par la soif de destruction on trouve suffisamment d'irrespect pour demander à notre père qui est aux cieux de se mêler de destruction. Et quand il nous indique des pistes de solutions plus viables, nous nous détournons de lui et en appelons aux armes de l'étranger.

"Cher Valdès, donnez la paix et la sécurité à ceux qui veulent faire fonctionner leurs entreprises, protégez les femmes et les enfants du Bel'Air et de Cité Soleil".

Malheureusement, ce sont surtout des femmes et des enfants qui sont victimes lors d'opérations conjointes lancées par la police nationale et la MINUUSTHA dans ces deux quartiers.

Un policier africain de la CIVPOL ironisait dimanche, en disant: demandez au chilien la sécurité, mais de grâce, ne lui demandez pas de rééditer ici l'horreur commise par le général Pipi un certain 11 septembre 1973. C'est dejà assez qu'il vous ait concédé qu'il n'y a pas de persécutions politiques en Haïti.

Le banditisme et la violence sont des plaies à combattre dans toute société. Toutefois si les problèmes de fond ne sont pas résolus, disons-le une fois de plus, les raids armés aveugles pourraient ne contribuer qu'à enraciner le mal et créer bien plus de haine.

D'ailleurs, combien de temps peut survivre une paix imposée par la terreur et les éliminations physiques, peut-être rien que le temps d'une élection. Et après... ?

Beaucoup de gens et surtout des gens de son propre camp somment le premier ministre intérimaire Gérard Latortue de leur donner la paix et la sécurité en 15 jours sous peine d'être renvoyé.

Il s'agit là d'une vaste blague, car seule la paix de cimetière peut être obtenue à la baguette ou plutôt à la gâchette.

Trahi par les siens, Latortue qui ne s'embarrasse pas toujours de diplomatie vis-à-vis de ces derniers, est rendu seul responsable de l'hécatombe. Ote-toi, je te dis, j'ai bien le temps de faire un petit coup avant février 2006.

L'ancienne opposition est rongée par les divisions internes. Et pour preuve, tous les derniers appels aux rassemblements quoique très médiatisés ne débouchent que sur des résultats de misère. Beaucoup estiment que s'il n'y avait pas la phobie d'Aristide et de Lavalas, il y a déjà longtemps qu'on aurait assisté à une bataille rangée entre ses différentes composantes.

Mais les choses pourraient se compliquer en fonction de la tournure des élections, car aussi bizarre que cela puisse paraître, la vérité, ce n'est pas toujours la réalité des faits, mais souvent ce qu'on met dans la bouche d'un groupe de gens ou d'institutions pour qu'ils le disent en choeur.

Le 7 février est la date retenue pour la passation des pouvoirs à un nouveau gouvernement à l'issue d'élections générales prévues entre octobre et décembre 2005, élections dont beaucoup disent qu'elles sont matériellement impossibles dans l'espace prévu en raison d'une conjoncture 100 fois pire que celle de 2003, lorsque certains estimaient la situation non propice aux élections.

Elections 2005 pour faire quoi, pour ne pas perdre la face, pour tenter de tourner une certaine page ou pour faire avancer la démocratie? C'est en effet au nom de la démocratie et au nom du respect des droits de l'homme et par peur d'une certaine dictature que toute la mobilisation anti-Aristide avait été lancée.

Et pourtant, les organisations et les personnalités qui avaient été à l'avant-garde des mouvements de janvier et février 2004 ne semblent pas perdre le sommeil par les nombreux cas de massacres et d'exécutions sommaires dénoncés depuis le 29 février 2004 par les organismes de droits de l'homme tant locaux qu'étrangers.

Un journal américain questionnait la semaine dernière: veut-on des élections pour changer effectivement le cours des choses en Haïti ou pour une démocratie sélective.

Et le journal répondait, si c'est pour un mieux-être, commencez par libérer vos prisonniers politiques, commencez par reconnaître les violations de votre propre constitution, trouvez le consensus qui permette d'avancer et que chaque secteur commence par respecter la vie et le bien d'autrui...

Nous devons avoir le courage de poser les vrais problèmes, d'explorer les voies qui fassent baisser toutes les armes.

L'usage aveugle de la force ne peut que faire enraciner la haine et provoquer encore bien plus de violence avec les conséquences catastrophiques que tous se retrouvent perdants... les uns peut-être bien plus que les autres..