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Le 7 février 1986, pendant que le peuple ayitien mettait fin à la dictature de Duvalier, Cheikh Anta Diop, l'une des plus grandes figures qu'ayant connu la race noire durant la période moderne, a rendu l'âme, pour dignement, aller s'asseoir aux cotés d'illustres personnalités de la même trempe, comme Jean Jacques Dessalines, Toussaint Louverture, Antenor Firmin, Frédéric Douglass, Malcolm X, WEB Dubois et autres.

Sur terre, on reçoit les insignes et les honneurs qu'on mérite. L'immortalisation de Diop dans l'histoire universelle reconnu par tout lecteur avisé comme valeur scientifique et intellectuelle immarcessible, ne relève pas d'une faveur, mais de sa volonté d'Homme, à faire remonter sa race à la place qu'il faut dans l'histoire de l'humanité.

Bien qu'étonnant, de nombreux Noirs, jeunes surtout ignorent Diop. Mais ce n'est pas étonnant que ces mêmes jeunes connaissent et répètent très souvent des citations d'auteurs occidentaux appelés "grands", qui, dans le temps, s'accoutumaient à ternir l'image de l'homme noir, parce que bien sure, appartenaient à un système reposant sur l'exploitation sous toutes formes de celui-ci.

 

La méconnaissance d'une grande majorité de la jeunesse noire du monde entier de Diop n'est pas un hasard, mais s'inscrit justement dans ce programme "miss-education" dont a traité Carter G. Woodson où le Noir n'est pas éduqué dans un système approprié à ses besoins matériels et immatériels, mais comme un élément dressé pour accepter et reproduire les mêmes clichés du système pseudo-oppression.

La verbomanie, "pale met la" dont est l'objet l'homme noir à partir du système qui l'éduque doit toucher à son terme. Apparemment il à l'air capable, mais au pied du mur, il s'envoie en l'air. Cessons de nous battre pour nous faire accepter. Ceci est de l' hébétude.

Un ami avocat a répété cette sottise en disant : "les grands disent nous répétons". C'est exactement ça le problème: nous répétons. On doit cesser de répéter mais dire par nous-mêmes et pour nous-mêmes.

En grande partie, si nous n'avons pas honte de le dire, l'intellectuel noir de l'Afrique est beaucoup plus utile à l'Occident qu'à l'Afrique. Il enrichit les langues occidentales, sous prétexte d'éviter d'être victime d'un certain isolement. Peu importe! L'intellectuel au sein d'un peuple, a pour devoir de dénoncer pour l'avancement et non pour plaire. Il fait vivre à partir de ses écrits, mais ne s'obstine pas à vivre de ses écrits. Pour cela, il doit écrire dans la langue de son peuple afin que celui-ci puisse etre à même de concrétiser, matérialiser ces écrits de combats.

Comment se fait-il que l'on soit aussi attaché a un Webber..., un Voltaire surtout, qui a pu écrire : ''Les Blancs me semblent supérieurs aux Nègres, tout comme les Nègres sont supérieurs aux singes  et les singes aux huîtres'' (Traité de métaphysique, Temple Patterson éd., Manchester, 1937, p.33)? Dans nos écoles, aussi stupides que nous sommes, nous apprenons à nos enfants à les connaître, mais surtout à les aimer, pendant qu'ils ont la totale ignorance de ceux et celles qui, toute leur vie durant, se sont adonnés à nous défendre pour qu'on cesse d'être considéré comme des bons à rien, de simple serviteurs...

La race noire, matricielle de l'humanité, après avoir été celle la plus peuplée, est devenue aujourd'hui la moins peuplée. Elle a failli être génocidée par les Blancs au biais de la traite négrière, comme appelée par les auteurs occidentaux, mais surtout en fonction du terrible esclavage dont nous fûmes l'objet.

Aujourd'hui, l'Afrique le deuxième plus grand continent du monde, après avoir été pendant des siècles l'objet de pillage par les Occidentaux, continue encore a être exploitée, malgré la mascarade vague d'indépendance dont elle fut l'objet dans les années soixante. N'est-ce pas pour la persistance de l'impérialisme occidental que naît cette crise en Cote d'Ivoire et ses jumelles un peu partout dans les autres États africains?

Jusqu'à présent le grand rêve de Diop reste encore non-réalisé. La domination occidentale, plus particulièrement francaise, reste encore coriace. De gens réputés intellectuels en Afrique parlent de FRANCAFRIQUE. La France n'est pas un continent pour réduire l'Afrique à ce niveau. Les intellectuels africains, en grande partie, sont en quête d'une visibilité francaise, à parler dans les radios et télé françaises, à vivre en France, à porter des tenues de marques françaises, à ne faire référence dans leurs travaux qu'à des auteurs français. L'Afrique n'est pas libre. Et il faut le reconnaître.

Au soir de la soutenance de sa thèse de doctorat, Diop a bien dit au jury : "je rentre en Afrique des la semaine prochaine pour participer au combat de décolonisation de l'Afrique". On avait bien peur de lui car il portait des rêves qui mettaient en jeu les intérêts des pillageurs. A cause de cela, il n'a pas eu l'opportunité de diriger son pays, parce que d'autres intellectuels-hébétés, celui surtout, tellement attaché à la langue francaise allait jusqu'à dire après son acceptation à l'Académie française "je vais en France pour montrer aux petits Français de France comment parler le français", étaient plutôt soutenus financièrement par la France qui voulait coûte que coûte barrer la route à Diop qui a passé toute sa vie à l'opposition.

Aujourd'hui encore, l'Afrique a besoin de nombreux petits Diop pour s'en foutre pas mal des privilèges tantôt offerts par les neocolonialistes, qui corrodent l'espoir africain. Des gens qui peuvent dire NON comme l'exemple de Sekou Toure. Des hommes comme Thomas Sankara, pour gagner la confiance, la conscience et la participation de son peuple. Mais pas de ces gens à "peau noire masque blanc", comme ces "qui vous savez" qui n'ont pas honte de passer toute leur vie à exécuter les ordres des Blancs nouveaux maîtres et eux nouveaux esclaves.

 Roudy Stanley PENN

Jeunesse Montante

Politologue, écrivain et passionné d'Histoire