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ImageLe Dr Monty, en réinventant une variété de riz plus adaptée aux contextes africains. Rien n’est plus faux que cet aphorisme douteux qui veut qu’il ne faille réinventer la roue. Au contraire, toute invention, innovation ne se déploie au mieux qu’avec forces adaptations, acclimatations, «réinventions» sans lesquelles elle ne produirait que des effets de mimétisme stérile dans son nouveau cadre.
 Le Dr Monty, en réinventant une variété de riz plus adaptée aux contextes africains, le NERICA -New Rice for Africa-, démontre l’intérêt de la recherche africaine, sa capacité à fournir des résultats robustes sur des questions fondamentales lorsqu’elle peut disposer de moyens minimaux d’action, et qu’elle est orientée vers les besoins effectifs des sociétés africaines. Cela mérite mention et il serait utile que les états et la filière agricole africaine accordent une attention due à ces travaux prometteurs.

Le Dr Monty Jones a mis au point une nouvelle variété de riz, combinaison de variétés de riz africains et asiatiques mieux adaptées à l’environnement naturel et économique africain. Ses travaux ont été couronnés en 2004 par le prestigieux prix mondial de l’alimentation, et pour cause. Les problèmes lancinants d’insécurité alimentaire sont une épine dorsale dans la lutte contre la pauvreté, et de ces améliorations de rendements agricoles dépendent le sort du plus grand nombre de familles modestes.

La recherche scientifique africaine trouve matière à redorer son blason dans le domaine alimentaire, avec 200 millions d’Africains qui vivent dans la faim alors que la moitié de la population doit se suffire avec moins d’un dollar par jour.

Conscients des difficultés agro-alimentaires et leur impact sur la productivité globale et le niveau de vie des populations, les pays africains ont engagé des recherches sur le riz dans le cadre du WARDA -West Africa Rice Development Agency. Recherches qui débouchent sur des résultats probants et utiles avec les formidables avancées réalisées par le Dr Monty et son équipe.

Formé à l’université de Sierra Leone et à Birmingham à la génétique et à la biologie des plantes, discipline dans laquelle il détient un Ph.D, le Dr Monty Jones est embauché au WARDA en 1975 où il sera amené à poursuivre des recherches pointues sur une variété nouvelle de riz, le NERICA. A force de travail et de ses qualités intrinsèques reconnues, il réussira là beaucoup avaient échoué avant lui.

La découverte du Dr Monty qui autorise bien des espoirs a consisté à trouver le process génétique permettant de combiner les meilleurs apports des variétés africaines et asiatiques de riz, résultant dans une hausse potentielle de 50% des récoltes des planteurs les plus pauvres.

Le NERICA -New Rice for Africa- est un riz à plusieurs variétés, doté d’un meilleur rendement associé à des cycles de récolte plus courts, et davantage de protéines que les souches parentes. Il résiste aux mauvaises herbes, à la sécheresse et pousse sur des sols pauvres, il améliore la productivité de ses parents asiatiques et africains.

Un projet pilote l’a récemment démontré, qui incluait le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Gambie, la Guinée, le Mali, le Nigeria, le Togo, le NERICA et ses variétés pourrait bénéficier à 20 millions de planteurs, parmi lesquels beaucoup de femmes. Cet impact équivaut à environ 240 millions de consommateurs ouest africains. Il faut avoir à l’esprit le changement d’échelle de satisfaction des besoins alimentaires que ceci impliquerait dans un environnement sahélien, constamment menacé par l’aridité des sols et le désert, les insécurités climatiques, les aléas qui parasitent ou paralysent la production alimentaire.Image

De plus, cette nouvelle espèce de riz pourrait se développer dans le reste de l’Afrique et au-delà, où ses caractéristiques de productivité seront vite recherchées, avec les gains liés aux droits de propriété afférents.

La médiatisation de tels succès est indispensable comme signal positif à l’adresse d’acteurs économiques qui trouveraient un terrain d’investissement attractif. Elle l’est tout autant pour la libération intellectuelle et mentale des sociétés africaines, focalisées par l’histoire, les fantasmes coloniaux reproduits, les rapports de captation des élites et l’imbécile croyance dans l’unique religion des matières premières rédemptrices.

A mesure que des succès africains et performances d’élite dans les domaines scientifiques et culturels se répandront, l’enfermement mental dans les réseaux de corruption pourra être levé, la richesse et sa distribution relevant aussi des secteurs à valeur ajoutée intellectuelle. Une urgente incitation à l’entrée dans des filières de transformation, de recherche, de services, de matière grise.

Cette avancée inestimable qui vaut au secrétaire exécutif du Forum pour la Recherche Agricole en Afrique -FARA-, le Dr Monty, le titre informel de «prix Nobel» de l’agriculture et de l’Alimentation assume son pesant de reconnaissance internationale. Il faut vivement espérer que cette réinvention saura ne pas rester dans les cartons bureaucratiques et autres diapositives pour professionnels. La balle est dans le camp des politiques qui devront y voir une source d’amélioration de la productivité du secteur rizicole si important dans l’équilibre alimentaire de nombreux pays d’Afrique et du monde.

source : AFRIKARA.COM