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"Fondamentalement, M. Fillon est un colon. Il a la même philosophie, il se considère comme un être supérieur par rapport aux "sauvages" auxquels on a appris ce qui lui semble bon à ses yeux"

Le syndicaliste guadeloupéen Elie Domota expose dans l’Humanité ce qu’il n’a pas pu dire au candidat au primaire de la droite sur France 2, jeudi soir, après les déclarations de l’ancien premier ministre évoquant un « partage de culture » à propos de la colonisation.

Invité ce jeudi soir à s’exprimer sur France 2 en direct depuis la Guadeloupe pour apporter la contradiction à François Fillon dans l’Emission politique, le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG) Elie Domota n’a pas pu développer son argumentation face au candidat à la primaire de la droite et du centre, la chaîne l'empêchant de s'expliquer jusqu'au bout. Cela est d'autant plus regrettable qu'il accusait l’ancien premier ministre d’avoir tenu des « propos racistes » dans son discours à Sablé-sur-Sarthe (Sarthe), le 28 août. L’Humanité a contacté l’ancien animateur de la grève générale de 2009 en Guadeloupe pour lui proposer d’exposer dans nos colonnes ce qu’il n’a pas pu dire à l’ancien premier ministre.

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En introduction à ce post, je reprends un texte que j’ai écrit en mai 2008, mais qui, à bien des égards n’a rien perdu de sa pertinence, comme on va le voir, surtout vu le nouveau rôle qu’on donne à Françoise Vergès. J’espère, bien sûr, que le LKP et Eli Domota ne liront pas ce texte, mais, comme ils boudent les Etats Généraux, de toute façon...

En ce 10 mai 2008, j’écoutais donc l’éternel Yvan Levaï, que l’insupportable modestie de sa condition de journaliste retraité oblige, à 70 ans,  à faire des piges sur France Inter, tous les samedis, vaticiner sur l’abolition de l’esclavage et citer tous ceux qui, en ce jour, prennent la parole dans cette célébration, d’Edouard Glissant (octogénaire, enfin débarrassé de la pesante ombre de Césaire) à Françoise Vergés.

Sur France-Inter, cette intervention faisait suite à celle de la Gouverneure Générale du Canada, de passage en France pour les célébrations du 8 mai, mais qui profitait de la circonstance pour intervenir, en tant que « descendante d’esclave », puisqu’elle est noire et issue d’une famille haïtienne installée au Canada. La journaliste ; dans son émotion, la présenta en affirmant que son grand-père était esclave, ce qui, dans le cas d’Haïti où l’esclavage a cessé en 1804, me paraît chronologiquement très hardi pour ne pas dire discutable !.

J’ai été plus amusé encore de l’intervention de Françoise Vergès ; elle se présente souvent en tant que spécialiste de l’histoire de l’esclavage (spécialisation récente et qui ne date guère que de l’intérêt médiatique pour ces questions et non sans quelques errances initiales, en particulier dans l’affaire Pétré-Grenouilleau, qui, lui, est un authentique historien de l’esclavage).

Dans les titres multiples dont fait état Françoise Vergès pour justifier ses interventions, tous ne me paraissent pas très solidement établis (comme, par exemple, celui de « professeur d’Histoire à l’Université de Londres »), à la différence d’autres qui, hélas, ne garantissent guère des compétences scientifiques réelles (comme celui de « Vice-présidente du Comité pour la Mémoire de l’Esclavage »; je crois qu'elle est même depuis devenue présidente, ce qui la suite encore plus drôle). On ne peut guère lui contester, en revanche, la direction culturelle de la Maison des Civilisations et de l’Unité réunionnaise (14.000 euros par mois), dont elle fait état, puisque chacun sait à la Réunion que cette institution réunionnaise a été créée par Paul Vergès, son père, Président du Conseil Régional,  pour lui trouver le poste qu’elle ne parvenait pas à obtenir par d’autres voies.

Elle a, pourtant, pour parler de l’esclavage un titre, dont par modestie sans doute, elle ne fait état nulle part. Loin d’être une descendante, fût-ce lointaine, d’esclaves réunionnais, ce que peut donner à penser sa physionomie quelque peu orientale, la seule véritable ascendance réunionnaise, dont elle puisse se flatter, n’est nullement du côté des esclaves, mais, bien au contraire, des profiteurs métropolitains ou, bien pire encore, des esclavagistes de la Réunion.

En effet, si sa grand-mère était indochinoise (son père est né au Siam en 1925), sa mère est une bonne métropolitaine et surtout son grand-père, Raymond Vergès, né à Saint Denis de la Réunion en 1882 et fondateur de la dynastie politique réunionnaise, avait été élevé surtout par sa grand-mère Marie Hermelinde Million des Marquets, née en 1832 et qui avait épousé, en 1855, un modeste commis de marine métropolitain, Adolphe Vergès.

Ces Million des Marquets possédaient une plantation d’une vingtaine d’hectares, à la Ravine Saint-Jean, à Saint-André, « quartier » où elle résidait par ailleurs. Cette famille de planteurs était dans l’île depuis 1767 et elle se situait plutôt, on le devine déjà, du côté des esclavagistes que des esclaves.

Nous sommes naturellement parfaitement renseignés sur tout cela, en particulier, par les actes établis lors de l’abolition de l’esclavage en 1848 ; s’il avait été moins ignorant, le Parti Communiste Réunionnais de son papa aurait tout à fait pu, sans grand mal, faire disparaître ces papiers des archives locales.

Le trisaïeul de Madame la Vice-Présidente du Comité pour la Mémoire de l’Esclavage, « experte tranversale » pour les Etats Généraux des DOM, était un propriétaire d’esclaves ; elle se trouve donc être une descendante directe de « békés » réunionnais (même si ce terme est spéfiquement antillais) et même de colons esclavagistes. Elle n’y est naturellement pour rien, mais, dans sa position et vu ses propos, c’est un peu comique !

Ses ancêtres Million des Marquets, pour en finir avec eux, possédaient, selon l’acte établi à Saint-André, en février 1848, « 121 esclaves dont 66 créoles, 12 malgaches, 39 mozambiques et 4 indiens ou malais ».

Voilà donc une femme que tout désigne pour parler, avec émotion et compétence, des horreurs et des séquelles de l’esclavage et de la colonisation et plus encore pour jouezr les "experts transversaux" dans les Etats généraux des DOM!

 

De l’avantage pour qui se dit historienne, de ne pas connaître sa propre histoire !

 

Usbek

 

http://www.zinfos974.com/Quand-les-ascendants-de-Francoise-Verges-possedaient-121-esclaves_a6529.html

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Dowoti Desir aux 1ères rencontres du Mémorial

En amont de l'inauguration du Mémorial de l'abolition de l'esclavage du 25 mars 2012, avaient lieu les 1ères rencontres internationales du Mémorial les 22, 23 et 24 mars. Dowoti Desir, présidente de l'Observatoire des mémoriaux de l'esclavage et de la mise en œuvre de la Déclaration du Plan d'action de Durban, DDPA Watch - Group (Haïti/USA), n'était pas inscrite dans le déroulé de la journée réservée aux associations.

Pourtant, à l'invitation des associations du Collectif du 10 Mai, elle a pris la parole après un risible remue-ménage des organisateurs et autres membres de la sécurité. Comme si les mots de cette militante, déjà invitée par le Collectif du 10 Mai  en 2011, pouvaient perturber les débats officiels...

Notons aussi, en marge de l'inauguration officielle et à l'invitation du Collectif,  la présence le 17 mars de Louis Sala-Molins, professeur de philosophie politique à Toulouse II qui a effectué un gros travail de mise en lumière du Code Noir dans son livre "Le Code Noir ou le calvaire de Canaan".

 Dowoti Desir lors de la "Veillée en l'honneur des victimes, des résistants et des abolitionnistes". Square Toussaint Louverture - Nantes, le 24/03/2012

 

Discours de Dowoti Desir lors des 1ères rencontres du Mémorial

 

« Nous sommes ici pour honorer et respecter chaque tête soumise qui aura eu à traverser l’Atlantique. Certains noms (nous) sont connus, d’autres non, mais chaque vie était précieuse. L’année dernière j’ai eu le privilège de travailler avec le Collectif Du 10 Mai à visiter des sites historiques de la Ville de Nantes, on a fait aussi des interventions à l'Unesco avec notre soeur Françoise Vergès. Mais la chose qui a été pour moi la plus importante est le travail qu'on a fait ensemble et c'était d'honorer avec la Marche des esclaves, les milliers de disparus, sans noms, sans visages du continent auquel nous devons tous nos origines : l’Afrique, le berceau de l’humanité.

En tant que militante et observatrice des enjeux mémoriels, l’inauguration du mémorial à l’abolition de l’esclavage m’évoque un enjeu dont j’avais déjà parlé auparavant : les mémoriaux de briques et de ciments sont nécessaires à la préservation de l’héritage des africains et de leurs descendants au cours des 400 ans de traite négrière transatlantique.

Ce mémorial est un commencement splendide pour nous diriger vers un dialogue planétaire plus important au sujet du devenir des africains et de nos diasporas hier, nos défis aujourd’hui et ce qui ne sera plus notre fardeau demain. Comme le dit la loi Taubira, il s’agit là d’une autre étape majeure que réalise la France en réparant les relations entre les communautés des afro descendants, la République, les Antilles et le continent africain. Seulement, ce sont les mémoriaux de chairs et de sang qui contiennent nos mémoires, nos peines, nos espoirs, qui sont la fondation de nos solidarités et l’âme de nos humanités. C'est çà qui est important, c'est ce qui doit être le plus important. Ce sont les citoyens et résidents de Nantes qui abritent ce qui pour nous est le plus cher et qui assureront que le nouveau site mémoriel ne soit une structure coûteuse, abstraite ou sans âme visitée par des oisifs.

C’est chaque homme, chaque femme et chaque enfant engagé dans l’œuvre fragile de créer la justice sociale qui fera de cet endroit un espace transformatif et la raison pour laquelle moi comme beaucoup d’autres y retourneront encore et encore.

Le mémorial à l’abolition de l’esclavage est un monument physique qui en dépit de sa taille formidable reste un bien modeste tribut en comparaison du travail monumental réalisé par les africains sous le joug d'une brutalité constante. Je remercie tous ceux qui ont contribué à ce travail, surtout les artistes Krzysztof Wodiczko et l’architecte Julian Bonder.

Cependant, du fait que la communauté des afro-descendants n’ait pas été impliquée dans la conception de ce qui allait devenir un mémorial à leurs ancêtres victimes de la traite négrière, il devient plus qu’impératif que les membres du collectif du 10 mai continuent de manifester chaque année, continuent de jouer un rôle majeur sur le plan des réparations d’ordre moral, éducatif, académique et scientifique qui sont nécessaires pour réaliser l’héritage de nos ancêtres – ces africains et afro-descendants nés en esclaves et libérés qui ont combattu pour la liberté, la libération et ces personnes qui ont combattu pour l’abolition de l’esclavage. Merci »

Dowoti Desir - Château des ducs de Bretagne. Nantes, 22/03/2012

 

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