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Il ne suffit plus d'être noir de la tête aux pieds pour être un Nègre!

Voyons maintenant si les recherches du frère de Champollion-le-Jeune, père de l'égyptologie, ont fait avancer la question. Voici comment il l'introduit. « L'opinion selon laquelle l'ancienne population d'Égypte appartenait à la race nègre africaine est une erreur qui a longtemps été adoptée comme une vérité. Les voyageurs au Levant depuis la Renaissance des Lettres, peu capables d'apprécier avec exactitude les notions que les monuments de l'Égypte fournissaient sur cette question importante, ont contribué à propager cette fausse idée, et les géographes n'ont guère manqué de la reproduire, même de notre temps. Une grave autorité s'était aussi déclarée pour cette opinion, et avait, pour ainsi dire, rendu cette erreur populaire. Tel fut l'effet de ce que le célèbre Volney publia sur les diverses races d'hommes qu'il avait observées en Égypte.[...] À l'appui de son opinion, Volney invoque celle d'Hérodote qui, à propos des habitants de la Colchide, rappelle que les Égyptiens avaient la peau noire et les cheveux crépus. Mais ces deux qualités physiques ne suffisent pas pour caractériser la race nègre et la conclusion de Volney relative à l'origine de l'ancienne population égyptienne, est évidemment forcée et inadmissible » (Champollion-Figeac, Égypte ancienne, Coll. L'univers », Paris, Didot, 1839,p. 26-27).

Cheikh Anta Diop, linguiste, historien, politologue, egyptologueAprès avoir exprimé ses regrets en quelque sorte que le livre de Volney soit dans toutes les bibliothèques, Champollion-Figeac trouve comme argument décisif pour réfuter la thèse de ce savant — et de tous ses prédécesseurs — que la peau noire et les cheveux crépus, « ces deux qualités physiques ne suffisent pas à caractériser la race nègre ».

On ne saurait trop insister sur le fait que c'est au prix de tels remaniements des définitions de base qu'on a pu blanchir la race égyptienne.

Voici donc qu'il ne suffit plus d'être noir de la tête aux pieds et d'avoir les cheveux crépus pour être un Nègre ! On se croirait dans un monde où les lois physiques sont renversées et, en tout cas, on est bien loin de l'esprit analytique cartésien.

Ce sont pourtant ces définitions et ces remaniements des données premières qui vont devenir les pierres angulaires sur lesquelles la« science égyptologique » va s'édifier.

L'avènement de l'égyptologie, par le truchement de l'érudition scientifique, est donc marqué par des falsifications grossières et conscientes que nous venons de toucher du doigt. Voici la raison pour laquelle les égyptologues éviteront de plus en plus soigneusement de disserter sur l'origine de la race égyptienne. Aussi, pour traitera aujourd'hui de la question de la race égyptienne, avons-nous été obligé de déterrer de vieux textes d'auteurs célèbres en leur temps, mais devenus quasi anonymes.

Les altérations de Champollion montrent combien il est difficile de prouver le contraire de la réalité en restant intelligible. Là où nous nous attendions à une réfutation logique, objective, nous rencontrons le mot désormais typique : « inadmissible », qui n'est pas synonyme de démonstration. [...] L'impérialisme aidant, il devenait de plus en plus « inadmissible » de continuer à accepter la thèse jusqu'alors évidente d'une origine nègre.

La naissance de l'égyptologie sera donc caractérisée par la nécessité de détruire à tout prix et dans tous les esprits, le souvenir d'une Égypte nègre, de la façon la plus complète.

NATIONS NÈGRES ET CULTURE, C) PRÉSENCE AFRICAINE, 1954.