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Le parcours du Héros national Patrice Lumumba demeure une grande lumière pour la Rdc qui doit se nourrir des enseignements de son illustre martyre pour prétendre à la réalisation de l’élogieuse destinée qui lui est prédestinée Patrice Lumumba est né à Onalaua. Il fréquente l’école Catholique des missionnaires puis, élève brillant, une école protestante tenue par les Suédois. Jusqu’en 1955, la Belgique coloniale n’a que peu développé le système l’éducation, l’école ne donne qu’une éducation rudimentaire et vise plus à former des ouvriers ou des clercs, mais Lumumba autodidacte, se plongera dans des manuels d’histoire pour étudier plus en profondeur la Révolution française, l’Histoire de Haïti, des Etats-Unis et de la Russie.

Il travailla comme employé de bureau dans une société minière de la province du Sud-Kivu jusqu’en {sidebar id=5} 1945, puis comme journaliste à Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa) et Stanleyville ( Kisangani), période pendant laquelle il écrivit dans divers journaux.

 

En 1955, il crée une association « APIC » (Association du personnel indigène de la colonie) et aura l’occasion le s’entretenir avec le roi Baudouin en voyage au Congo, sur la situation des Congolais. Le ministre du Congo de l’époque, Auguste Buisseret veut faire évoluer le Congo et notamment mettre en place un enseignement public. Lumumba adhère au parti libéral avec d’autres notables congolais. Avec plusieurs d’entre eux, il se rend en Belgique sur invitation du Premier ministre. Le gouvernement belge prend quelques mesures de libéralisation ; syndicats et partis politiques vont être autorisés en vue des élections municipales qui doivent avoir lieu en 1957.

 

 

Les partis politiques congolais sont parrainés par ceux de Belgique et Lumumba est d’abord inclus dans l’amicale libérale. En 1958, à l’occasion de l’exposition universelle, des Congolais sont invités en Belgique. Outrés par l’image dégradante du peuple congolais qui est véhiculée par l’exposition. Lumumba et quelques compagnons politiques nouent des contacts avec les cercles anti-colonialistes. Dès son retour au Congo, il crée le Mouvement National Congolais (MNC), à Léopoldville le 5 octobre 1958 et, à ce titre, participe à la conférence panafricaine d’Accra.

 

 

Il peut organiser une réunion pour rendre compte de cette conférence au cours de laquelle il revendique l’indépendance devant plus de 10.000 personnes. Premiers démêlés politiques en octobre 1959 : le MNC et d’autres partis indépendantistes organisent une réunion à Stanleyville. Malgré un fort soutien populaire, les autorités belges tentent de s’emparer de Lumumba - c’est l’émeute et une trentaine de morts. Lumumba est arrêté quelques jours plus tard, est jugé en janvier 1960 et condamné à 6 mois de prison le 21 janvier. En même temps les autorités belges organisaient des réunions avec les indépendantistes auxquelles participe finalement Lumumba, qui est donc libéré de facto le 26 janvier. A la surprise générale, la Belgique accorde au Congo l’indépendance qui est fixée au 30 juin 1960.

 

 

Lors de la cérémonie d’accession à l’indépendance du pays, le 30 juin 1960, il prononce un discours virulent dénonçant les abus de la politique coloniale belge depuis 1885. Ce discours lui vaudra la rancœur des gouvernements occidentaux d’alors (Etats-Unis et Belgique) qui soutiendront le coup d’état de 1961 qui lui coûta la vie. Le MNC et ses alliés remportent les élections organisées en mai et, le 23 juin 1960, Patrice Emery Lumumba devient le premier Premier ministre du Congo indépendant. Mais pour les autorités belges (et les compagnies minières, probablement) l’indépendance ne se voulait pas pleine et entière.

 

 

Une bonne partie de l’administration et l’encadrement de l’armée restent belges et les soldats noirs se révoltent en tuant les officiers blancs et en violant les femmes belges. Pratiquement tous les cadres belges prennent la fuite. Lumumba décrète l’africanisation de l’armée et double la solde des soldats. La Belgique répond par l’envoi des troupes pour protéger ses ressortissants au Katanga (la région minière) et soutient la sécession de cette région menée par Moïse Kapenda Tshombe. En septembre 1960, le président Joseph Kasa-Vubu révoque Lumumba ainsi que les ministres nationalistes.

 

 

Lumumba déclare alors qu’il restera en fonction. A sa demande, le parlement acquis à sa cause révoque le président Kasa-vubu. Suite à un coup d’Etat, Joseph Désiré Mobutu prend le pouvoir, crée le Collège des Commissaires généraux et assigne à résidence les dirigeants congolais. En décembre 1960, Lumumba s’échappe de la capitale pour tenter de gagner Stanleyville, région où il a de nombreux partisans. Il est arrêté alors qu’il passait la Sankuru à Mweka et il est transféré au camp militaire de Thysville sur ordre de Mobutu. Le 17 janvier 1961, Lumumba, Mpolo et Okito sont conduits par avion à Elisabethville, au Katanga, et livrés aux autorités locales.

 

 


 

 

Fin novembre 1960, Lumumba est capturé. Il écrit alors une dernière lettre à sa femme Pauline

 

 

Ma compagne chérie,

 

Je t’écris ces mots sans savoir s’ils te parviendront, quand ils te parviendront et si je serai en vie lorsque tu les liras. Tout au long de ma lutte pour l’indépendance de mon pays, je n’ai jamais douté un seul instant du triomphe final de la cause sacrée à laquelle mes compagnons et moi avons consacré toute notre vie. Mais ce que nous voulions pour notre pays, son droit à une vie honorable, à une dignité sans tache, à une indépendance sans restrictions, le colonialisme belge et ses alliés occidentaux – qui ont trouvé des soutiens directs et indirects, délibérés et non délibérés, parmi certains hauts fonctionnaires des Nations-Unies, cet organisme en qui nous avons placé toute notre confiance lorsque nous avons fait appel à son assistance – ne l’ont jamais voulu.

 

 

Ils ont corrompu certains de nos compatriotes, ils ont contribué à déformer la vérité et à souiller notre indépendance. Que pourrai je dire d’autre ?

 

 

Que mort, vivant, libre ou en prison sur ordre des colonialistes, ce n’est pas ma personne qui compte. C’est le Congo, c’est notre pauvre peuple dont on a transformé l’indépendance en une cage d’où l’on nous regarde du dehors, tantôt avec cette compassion bénévole, tantôt avec joie et plaisir. Mais ma foi restera inébranlable. Je sais et je sens au fond de moi même que tôt ou tard mon peuple se débarassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu’il se lèvera comme un seul homme pour dire non au capitalisme dégradant et honteux, et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur.

 

 

Nous ne sommes pas seuls. L’Afrique, l’Asie et les peuples libres et libérés de tous les coins du monde se trouveront toujours aux côtés de millions de congolais qui n’abandonneront la lutte que le jour où il n’y aura plus de colonisateurs et leurs mercenaires dans notre pays. A mes enfants que je laisse, et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau et qu’il attend d’eux, comme il attend de chaque Congolais, d’accomplir la tâche sacrée de la reconstruction de notre indépendance et de notre souveraineté, car sans dignité il n’y a pas de liberté, sans justice il n’y a pas de dignité, et sans indépendance il n’y a pas d’hommes libres.

 

 

Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m’ont jamais amené à demander la grâce, car je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays, plutôt que vivre dans la soumission et le mépris des principes sacrés. L’histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera à Bruxelles, Washington, Paris ou aux Nations Unies, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité. Ne me pleure pas, ma compagne. Moi je sais que mon pays, qui souffre tant, saura défendre son indépendance et sa liberté.

 

 

Patrice Lumumba