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Dans le présent article, l’auteur se place dans la perspective très inhabituelle d’un penseur du Tiers-Monde qui analyse les enjeux auxquels est confronté le président d’une grande puissance, en fait la première au monde. C’est en général l’inverse qui se fait, le centre s’octroyant le monopole de la pensée face à la périphérie. Colonialité du savoir. L’analyse qui suit est articulée autour des défis que pose à la conscience du monde entier la situation désespérée dans laquelle se débat aujourd’hui la nation haïtienne.

 

La vigoureuse réponse du président Obama au séisme du 12 janvier 2010 en Haïti est faite au nom de la générosité et de la solidarité. On doit en prendre acte sans oublier le long passé d`interventions américaines en Haïti et les risques de débordement que comporte fatalement toute entreprise de ce genre. Si l’histoire dit juste, l’Occident apporte plus de deuil qu’autre chose. Les malheurs apportés aux peuples se comptent en centaines de massacres, de génocides, d’interventions armées et de putschs d’une férocité inégalée, inspirés d’une volonté de sa propre glorification contre les peuples autochtones qui sont rejetés au ban de la planète. On ne saurait donc vite condamner ceux qui voient quelque chose de louche dans l’arrivée des marines américains en Haïti et qui se cramponnent à la vision du mal que ces derniers inspirent. Le séisme qui vient de frapper Haïti est peut-être l’occasion rêvée pour la communauté internationale de surprendre et de démontrer que le portrait d’acide qu’elle a laissé dans la mémoire des peuples est trompeur. Cela reste à prouver, et les Haïtiens se doivent d’être vigilants, surtout s’ils tiennent compte de la situation du président Obama aux prises avec la méchanceté de ses adversaires et des embuscades que les luttes de classes et de pouvoir de la société nord-américaine lui tendent à chaque pas. D’où cette invitation à arpenter le chemin cahoteux de cette première année passée au timon des affaires pour essayer de voler de ses propres ailes dans un milieu politique d’une beauté qui horrifie.

 

    Un héritage obéré

 

    La crise financière des barons voleurs de Wall Street qui a conduit à la grande récession commencée en 2007 s’est accompagnée de ce que la Congresswoman Marcy Kaptur de l’Ohio nomme un coup d’état financier [1], peut-être le plus grand dans l’histoire de l’humanité. Selon un plan de sauvetage, ridiculement sommaire au point de sombrer dans la désinvolture, présenté par le secrétaire au Trésor Harry Paulson sur trois feuilles, ce dernier réclamait du Congrès un montant de 700 milliards de dollars. Les jeux étaient serrés alors pour le président républicain Georges W. Bush, car les démocrates contrôlaient la chambre des députés par 235 voix contre 200. Le plan Paulson est rejeté par un vote de 228 contre 205 voix tôt le lundi 29 septembre 2008 [2]. Mais la défaite historique du président Bush n’est pas uniquement due aux démocrates. Des 228 voix qui se sont prononcées contre le plan Paulson, 133, soit 66,5%, sont du côté républicain et 95, soit 40,4%, du côté démocrate. Les républicains sont divisés. Panique à Wall Street. La bourse chute. Ce sera le moment des grandes manœuvres de corruption jamais vues auparavant. Des pressions de toutes sortes seront exercées sur les députés et sénateurs, y compris la menace de la loi martiale, pour les obliger à changer leurs votes et à donner aux banquiers, le 3 octobre 2008, leur rondelette somme de 700 milliards, avec un ajout de 150 milliards pour faire avaler la pilule [3]. Comme l`explique le prix Nobel Joseph Stiglitz [4], le manque de transparence et de bonne gouvernance est tel que le plan de sauvetage s`apparente à une manoeuvre digne d`une république bananière. Dans ce cas précis, la corruption a servi à quelque chose en étouffant la pensée toxique des idéologues du fondamentalisme de marché. Le roi est nu.

 

    Près d’un mois avant le scrutin présidentiel du 4 novembre 2008, la crise financière avait tiré le rideau sur le candidat républicain. En effet, Mc Cain, en proposant le 21 septembre 2008 de nommer Andrew Cuomo, procureur général de l’Etat de New-York, fidèle successeur du pourfendeur de Wall Street Eliot Sptizer, à la tête de la Security and Exchange Commission (SEC), avait irrité les banquiers de la haute finance. Ces derniers, préoccupés par le gâchis, n’eurent d’autre choix que celui de voler au secours de la victoire en donnant au candidat Obama un appui massif en espèces sonnantes et trébuchantes. Le milieu des affaires, traditionnellement républicain, rejoignait le camp des démocrates. Pour tenter de sauver un système au bord de la faillite, les tenants du statu quo abandonnaient le racisme sur lequel ils avaient fondé leur empire au cours des cinq derniers siècles. Entretemps, les 700 milliards qui avaient été demandés pour acheter les produits toxiques des bilans des banques sont passés à 3,000 milliards. Mais ce qui est encore plus grave, c’est que la moitié des 700 milliards décaissés s’est évaporée dans la nature. C’est ce que révèle Elizabeth Warren, la présidente du Comité de Surveillance du Congrès (Congressional Oversight Panel), entité en charge de surveiller l’utilisation des fonds décaissés, quand elle déclare que les fonds ont été utilisés suivant la politique du « don’t ask, don’t tell » [5] (pas de questions ni commentaires), une référence explicite à la politique menée par le Pentagone au sujet des homosexuels dans l’armée sous l’administration Clinton en 1993.

 

    L’extrême droite américaine se donne une base populaire

 

    Un an après son entrée en fonction, suite à une victoire électorale historique, le président Obama affronte tous les dangers dans une situation qui ressemble de plus en plus à la quadrature du cercle. Son attribution du prix Nobel de la Paix en 2009, par « anticipation », a été une consécration. À un moment où il était l’objet d’attaques d’un tas d’ignares qui manipulent le micro comme une mitraillette, sa stature internationale a été rehaussée. Il en avait besoin. Le président vivant dans un pays où la violence tient lieu de pain quotidien, la Norvège a pris les devants pour l’entourer du gilet pare-balles du Prix Nobel contre tous ceux qui envisagent ou discutent de l’assassiner. L’extrême droite américaine, qui a déjà tué plusieurs présidents américains, est donc mise en garde contre toute tentative d’élimination. La vigilance doit être de rigueur car les gardiens du système n’avaient pas hésité pour éliminer le prix Nobel Martin Luther King à Memphis en 1968. De son côté, la droite institutionnelle républicaine n’a pas baissé les bras. Elle a immédiatement engagé le combat contre Obama en le traitant de tous les noms et surtout de vouloir augmenter les impôts et d’instaurer une grande bureaucratie gouvernementale.

 

    L’extrême droite américaine a organisé, avec des techniques fascistes à la Duce, une mobilisation populaire structurée, dans plus de 750 villes avec le mouvement de révolte des Tea Parties. En détournant la mémoire de la révolte historique des Américains contre la taxation du Parlement britannique en 1773, l’extrême droite américaine se donne une base populaire en trompant la population par une propagande faisant croire que la règlementation gouvernementale est un obstacle à la croissance des activités économiques.

 

    La droite américaine à qui on a resservi la propagande qui avait fait les beaux jours des gouvernements de Ronald Reagan et de Georges W. Bush, dans les radios et des chaînes de télévision comme Fox News, propage l’idée que l’État est l’incarnation du mal. Cette droite américaine fonce tête baissée dans la campagne contre le président Obama. Des émissions programmées pour abrutir les téléspectateurs et les faire marcher à quatre pattes. Les résultats ne se sont pas fait attendre. D’abord, les deux élections pour les postes de gouverneurs de New Jersey et de Virginie ont été gagnées par les Républicains le 4 Novembre 2009. Puis aux élections partielles tenues le 19 janvier 2010 pour remplacer le sénateur démocrate Edward Kennedy du Massachussetts, le candidat républicain Scott Brown l’emporte sur son rival démocrate Martha Coakley. Un résultat qui compromet la majorité des 60 votes que les démocrates avaient au Sénat et qui risque de remettre en question le projet de loi déjà allégé, renonçant à l’option publique pour une assurance de santé, voté par le Sénat. De toute façon, la droite américaine ne plaisante pas quand ses intérêts sont en jeu et elle utilise alors tous les remparts possibles et imaginables.

 

    Dans un autre domaine, pour éviter que, dans le futur, des trublions ne puissent de nouveau gagner des élections présidentielles et législatives dans une campagne financée par le commun des mortels, comme celle d’Obama, la droite américaine a pris les devants et a fait invalider la loi régissant le financement des élections. Le 21 janvier 2010, la Cour Suprême a décidé, dans un arrêt d’une importance capitale mais qui a eu peu d’échos dans l’opinion publique, de n’assujettir à aucun plafond les contributions financières des sociétés et des syndicats désireux de financer leur soutien ou leur opposition à un candidat [6]. Allez, la messe est dite. Exit la démocratie !

 

    Entre les intérêts du gouvernement américain et ceux des classes dirigeantes

 

    Pour penser correctement la réalité haïtienne après le séisme du 12 janvier 2010 et ajuster de manière appropriée leur politique aux réalités politiques et géopolitiques de l’heure, les dirigeants haïtiens doivent commencer par bien comprendre la réalité intérieure nord-américaine. Immédiatement après la victoire historique d’Obama aux urnes, les milieux les plus réactionnaires de la politique américaine sont revenus à la charge. Avec force. Ces milieux n’abandonnent jamais leur combat pour garder les privilèges qu’ils se sont donnés par la corruption, le fer et le feu sur la planète. L’histoire enseigne que les luttes populaires pour les droits et les libertés doivent toujours continuer aux États-Unis, que le parti au pouvoir à la Maison Blanche soit démocrate ou républicain. Qu’on se le rappelle. Après la victoire de la lutte pour les droits civiques contre l’apartheid raciste américain en 1964, les milieux les plus réactionnaires ont repris les commandes en 1968 pour ne les lâcher qu’après le grand scandale du Watergate en 1974.

 

    Après l’intermède de Carter, ils le reprendront avec Ronald Regan pour huit ans et plus tard avec la dynastie Bush pour douze ans. Il y a donc une nette suprématie des milieux conservateurs dans la politique américaine. Sous la poussée des luttes populaires, cette suprématie s’accommode de temps en temps du masque démocratique pour se refaire une virginité, mais essentiellement la ligne directrice est aux mains des conservateurs qui sont les gardiens du temple. À la lumière de cette constatation, on comprend comment le président Obama a été enchainé ou, pour être généreux, mis dans un corset qui ne le permet pas de bouger comme, peut-être, il le voudrait. Son combat pour la réforme du système d’assurance-santé en atteste. Les grandes compagnies d’assurance contrôlent le système sanitaire tout comme les grandes banques et institutions financières de Wall Street controlent le Congrès américain, tandis que les grandes compagnies d’armement contrôlent le Pentagone.

 

    Pour réfuter les arguments de son adversaire Mc Cain, qui l’accusait d’être inexpérimenté dans les affaires internationales, Obama a dû montrer en clair qu’il était pour la continuation de la politique impériale de son pays et la préservation de son statut de seule superpuissance mondiale. Or, justement, le monde a changé, et les États-Unis d’Amérique sont condamnés à se replier sur eux-mêmes et à n’être qu’une puissance régionale. À cela, plusieurs raisons, dont les deux plus importantes sont, d’une part, la montée de l’Europe alliée à la Russie et, d’autre part, celle de la Chine étendant ses tentacules non seulement en Asie mais aussi en Afrique et en Amérique Latine. La Chine est devenue en 20 ans le premier partenaire commercial de l’Amérique latine.

 

    Par ailleurs, les intérêts du gouvernement américain et des classes dirigeantes américaines ne se confondent plus à cette étape de la mondialisation. Tandis que le gouvernement est préoccupé par l’emploi et la stabilité intérieure, les dirigeants des multinationales sont engagés dans des pratiques de délocalisation de l’activité industrielle vers l’Asie et les autres pays à bas salaires. Obama est pris entre ces deux feux, entre les intérêts du gouvernement américain et ceux des classes dirigeantes. Dans ce cadre, une sorte de paralysie axiologique se développe dans un climat d’augmentation du chômage, de diminution du pouvoir d’achat, d’augmentation de l’endettement, de resserrement du crédit, de crise budgétaire et de financiarisation de l’économie depuis l’éclatement de la crise financière internationale en 2007. La crise est donc structurelle et non pas conjoncturelle comme les medias aux ordres du gouvernement le présentent au public américain qui ne sait plus à quel saint se vouer. Ce n’est pas une simple crise de liquidité, mais plutôt une crise de solvabilité que nous vivons maintenant. Les ménages sont surendettés et n’ont pas d’argent pour consommer. La dette privée est de 42 mille milliards et la dette publique est de 13 mille milliards, soit un total de 55 mille milliards de dollars. Une dette qui double quand on ajoute le coût des guerres, des plans de sauvetage, de la sécurité sociale, et de l’assurance médicale avec Medicaid et Medicare. Les banques commerciales ne veulent pas prêter, sachant qu’elles ne seront pas remboursées. Ce n’est pas rien dans une économie où la consommation représente 70 % du PIB. Avec le mauvais état des finances américaines, ce n’est pas un cadeau que les milieux financiers font au président Obama en s’appuyant sur son charisme pour redorer leur blason sérieusement terni par des décennies d’une politique impériale à courte vue. La crise financière internationale provoquée par les États-Unis d’Amérique a pour effet de diminuer le pouvoir de ce pays à l’échelle internationale. La tâche du président Obama est de faciliter une transition ordonnée de son pays du statut de superpuissance à celui de puissance régionale sur le plan économique, face aux puissances émergentes que sont l’Union Européenne et les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) [7] .

 

    La bataille du dollar

 

    La transparence demandée par le Fonds Monétaire International (FMI) aux économies des autres nations ne s’applique pas aux États-Unis où la banque centrale (la FED) est un trou noir qui résiste à toutes les demandes d’audit depuis plus de 30 ans, y compris celles provenant de la Commission des Services Financiers du Congrès. Ron Paul, un de ces Congressmen, ne mâche pas ses mots pour stigmatiser cette situation : Il écrit : « Nous sommes maintenant en plein dans des dépenses illimitées de l’argent des contribuables, une taxation exorbitante, des déficits de milliers de millions de dollars – dépensés par un État surendetté dans les guerres et l’assistance ; une épidémie de copinage ; des montagnes de papier-monnaie sans valeur assimilées à de la richesse. Une banque centrale qui détruit délibérément la valeur de sa devise dans le secret, sans restriction, sans un gémissement. Pourtant, cette banque centrale est encouragée par les pseudo-capitalistes de Wall Street, le complexe militaro-industriel et Détroit [8]. »

 

    Le financement de l’expansion de l’empire se fait de plus en plus sur les marchés internationaux. Le déficit budgétaire atteint le niveau le plus élevé des pays industrialisés (12% du PNB) et le niveau de taxation est de 18% du revenu national. Or justement le gouvernement n’a pas assez d’argent pour financer les dépenses publiques et Obama craint de rompre sa promesse électorale faite en 2008 de ne pas augmenter les taxes sur les revenus annuels inférieurs à 250 000 dollars. Après une année aux commandes, 57% de la population approuvent sa politique selon les derniers sondages de Gallup. Ce niveau d’approbation est bas. Il est comparable à celui de Ronald Reagan, mais supérieur à celui de Bill Clinton qui était de 49%. La faible popularité d’Obama est due au mécontentement des Américains en ce qui concerne sa gestion de l’économie.

 

    Pourtant, le président Obama se bat comme un diable dans un bénitier pour maintenir le dollar comme monnaie de réserve internationale. Les armes qu’il détient pour soutenir le billet vert ne font pas le poids devant la délocalisation des emplois, le sauvetage des grands banquiers connus depuis sous le nom de banksters, et les énormes déficits dus à la lourde machine de guerre américaine. L’empire coûte cher. Depuis la crise, la valeur du dollar ne cesse de diminuer contre les seize monnaies les plus utilisées de la planète. De l’euro au rouble russe, du real brésilien au pula du Botswana, le mouvement baissier fluctue entre 10 et 25 %, suivant la monnaie. Les investisseurs internationaux craignent de plus en plus pour la solvabilité des États-Unis. Une telle tendance en se prolongeant mine la respectabilité du dollar et alimente les appels à la création d’une monnaie de réserve internationale, avec les conséquences incalculables sur la capacité d’importer du pays mais aussi et surtout sur sa capacité de financer les déficits budgétaires. Mane Thecel Phares, “les jours de l’hégémonie du dollar, assurant 65% des réserves mondiales, sont comptés”. Telles sont les recommandations faites en septembre 2009 et allant des points de vue du miliardaire George Soros, de Zhou Xiaochuan, gouverneur de la Banque Populaire de Chine, à ceux du Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz [9], président du Comité consultatif des Nations Unies et de la Conférence sur le Commerce et le Développement de l’ONU (CNUCED) [10]. Le remplacement du dollar par une nouvelle monnaie de réserve mondiale, éventuellement basée sur les Droits de Tirage Spéciaux (DTS) du FMI, aura l’effet d’un tremblement de terre en réduisant la possibilité pour les États-Unis d’imprimer du papier sans valeur et d’acheter avec cette monnaie de singe les biens et services du reste du monde.

 

    [1] Bill Moyer’s Journal, Arlington, Virginia, Ocotber 9, 2009.

 

    [2] Carl Hulse et David M. Herszenhorn, « House Rejects Bailout Package, p. 228-205 ; Stocks Plunge », New York Times, 29 septembre 2008.

 

    [3] Carl Hulse et David M. Herszenhorn, « Adding Sweeteneers, Senate Passes Bailout Plan », New York Times, 1er octobre 2008. Voir également David M. Herszenhorn, « House Approves Bailout on Second Try », New York Times, 3 octobre 2008.

 

    [4] Joseph Stiglitz, « Bail Out Homeowners, Not Banks », Fora TV, San Francisco, Californie, 10 novembre 2008.

 

    [5] « Elizabeth Warren Ttalks Ttoxic Aasset on MSNBC », Huffington Post, August 12, 2009.

 

    [6] « Supreme Court Rolls Back Campaign Spending Limits », Associated Press, 21 janvier 2010.

 

    [7] BBC, « US economic power ’is declining’ », 4 octobre 2009.

 

    [8] Ron Paul, « Current conditions or a bad dream ? », House of Representatives, Washington, D.C., 19 mai 2009.

 

    [9] Steve LeVine, « Stiglitz’s U.N. Panel : Replace the Dollar », Business Week, March 25, 2009.

 

    [10] Trade and Development Report, UNCTAD, Geneva, september 2009, pp. 121-126.