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 La bataille d'Abomey fut le dernier épisode de la longue guerre que se livrèrent Français et Dahoméens avant l'annexion du Dahomey à l'Empire français. Rarem dont une bataille coloniale a atteint une telle intensité. D'un côté, Béhanzin, avec son armée d'amazones ; de l'autre, le Franco-Sénégalais Dodds, commandant à des officiers français et à des centaines de « tirailleurs sénégalais ». Une lutte sans merci qui se termina par l'entrée de la colonne Dodds dans Abomey, abandonnée et incendiée par Béhanzin, le 17 novembre 1892.

Lorsque, en 1889, Béhanzin monta sur le trône d'Abomey, les rapports franco dahoméens n'étaient pas au beau fixe. Les Français étaient installés sur la côte, où Toffa, le roi de Porto-Novo, était complètement acquis à leur cause. Béhanzin, alors qu'il n'était que le prince Kondo - du vivant de son père, Glé-Glé —, s'était déjà montré hostile à la présence française sur le sol dahoméen. Devenu roi, il essaya de convaincre son cousin de Porto-Novo.

Ce dernier s'y refusant, Béhanzin décida de l'attaquer. Aussi, dès le 24 février 1890, les troupes du roi d'Abomey lancèrent-elles l'assaut contre les factoreries Fabre et Régis, ainsi que contre la maison du télégraphe à Cotonou. Le 4 mars de la même année, il y eut une nouvelle attaque contre Cotonou. Le 17 avril, les troupes de Béhanzin attaquèrent la banlieue de Porto-Novo. Le roi Toffa dut son salut à la vaillance de ses 500 guerriers et à l'appui logistique du lieutenant-colonel Terrillon. Ce fut un combat terrible.

Béhanzin voulait s'emparer de la ville de Porto-Novo et surtout du roi Toffa. Voici un extrait de la lettre que Béhanzin adressa au gouverneur Ballot avant la guerre :

Si vous voulez la guerre, je suis prêt ; je ne la finirai pas quand même elle durerait cent ans et me tuerait 20 000 hommes ; je ne veux pas que vous m'avertissiez, car je suis toujours prêt sur tous les points. Je suis informé de tout. Je connais le nombre des millions que la France veut dépenser dans cette guerre, je suis extrêmement bien renseigné. »

On voit à travers ces lignes la détermination de Béhanzin. Son adversaire, le Franco-Sénégalais Dodds, n'était pas moins déterminé à en finir avec lui.

Le colonel Dodds, né au Sénégal en 1842, était un saint-cyrien. A 36 ans il était chef de bataillon ; colonel à 45 ans. C'est en avril1892 qu'il fut chargé de constituer le corps expéditionnaire du Dahomey, avec le titre de commandant supérieur des établissements français du Bénin. En arrivant au Dahomey, il écrivit à Béhanzin :

« Nommé par Monsieur le Président de la République au commandement supérieur des établissements français situés sur la côte des Esclaves, je suis arrivé à Cotonou le 28 mai. Mon étonnement a été grand d'apprendre en débarquant que, au mépris du droit des gens, vous déteniez illégalement trois commerçants français à Ouidah, et que vous aviez de nouveau violé les engagements librement consentis par vos représentants le 3 octobre 1890, en envahissant le territoire du protectorat français que vos troupes occupent encore aujourd'hui à Cotonou, à Zablo et dans le Décamé. »Cette lettre eut pour résultat la mise en liberté des trois Français et non le retrait des troupes réclamé par le colonel Dodds ; celui-ci poussait activement les préparatifs de l'expédition. Il concentra 5 000 porteurs et200 grandes embarcations à Porto-Novo. Le 19 septembre, on assista à un premier affrontement. Ce jour-là, à 5 heures du matin, 4 000 Dahoméens attaquèrent les troupes campées à Dogba. Ils étaient armés de fusils à tir très rapide.

2.Toffa, roi de Porto-Novo,entouré de ses amazones armées de fusils à tir rapide.

L'attaque, au dire d'un témoin, le soldat Silbermann, fut conduite avec la plus grande bravoure. Après quatre heures de combat, ils renoncèrent à la lutte. Ce fut une boucherie : les pertes en vies humaines furent nombreuses de part et d'autre. Dodds adressa néanmoins ses félicitations aux combattants de Dogba, ajoutant que les Dahoméens venaient d'éprouver une défaite inoubliable qui pèserait sur l'issue de la campagne. Tout le mois d'octobre fut rempli de combats acharnés : ceux d'Adegou le 4, d’Akba le 13, de Coto le 26. Au début du mois de novembre, Béhanzin se sentait encore suffisamment fort pour lancer une offensive généralisée contre les positions ennemies. Cette débauche d'énergie entama ses forces. Dès le 4 novembre, comprenant que la chance l'abandonnait, Béhanzin demanda la paix.

Il voulait gagner du temps pour refaire son armée, durement éprouvée par les combats. Dodds voulait une paix honorable et profitable pour la France.« Ceux de vous, dit le colonel, qui. Confiants dans la clémence du gouvernement français et dans ma parole, viendront franchement à moi seront protégés dans leurs familles et dans leurs biens. Ils pourront en toute sécurité se livrer au commerce, aux travaux de culture et vivre en paix sans aucune inquiétude sous la protection de la France. Rien ne sera changé dans les coutumes et les institutions du pays, dont les mœurs seront respectées. Les chefs qui se soumettront de bonne foi à notre protectorat resteront en fonctions ; en revanche, ceux qui ne répondraient pas à mon appel et essaieraient de fomenter des troubles dans un pays qui doit désormais être heureux et pacifié seraient châtiés. »Pendant ce temps, Béhanzin cherchait à reconstituer de nouvelles forces. Il se réfugia chez les Mahis, dont l'accueil fut très glacial. Sur ces entrefaites, on annonça au monarque dahoméen qu'Allada et Ouidah étaient tombées à leur tour aux mains des Français. Béhanzin, en homme politique avisé, envoya des messagers en Angleterre et en Allemagne, d'où ils furent poliment éconduits. Sa tentative pour rallier les Dassa à sa cause se solda par le même échec. On ne peut s'empêcher, en voyant toutes ces trahisons, de penser au sort de Boubakar-Biro à la veille de la bataille de Porédaka. Ici et là, les feudataires abandonnèrent leur suzerain. Ils se rangèrent du côté du plus fort. Béhanzin arriva enfin près de Végo, où il fut pris. On l'amena à Goho et, de là, à Cotonou. Onze jours après la capture de Béhanzin, le général Dodds (il avait pris des galons entre-temps) nomma comme roi du Dahomey le prince Gouthi, frère de Béhanzin, sous le nom d'Agoli Agbo. Il fut solennellement présenté au peuple par les princes, sur la place du palais Simbodji, à Abomey. Le drapeau français y était arboré, salué par vingt et un coups de canon, et le Dahomey était placé sous la « protection » de la France.

1. Le face à face des troupes colonialeset des redoutables amazones de Béhanzinau combat de Dogba, où meurt le commandant Faurax.

La fin de béhanzin, abomey 17 novembre 1892