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2. Tirailleurs sénégalais,auxiliaires des colonnes françaises.Tous les historiens de la conquête coloniale de l'Ouest africain ont été frappés par le rôle joué dans cette épopée par des tirailleurs recrutés au Sénégal (l'expression « tirailleurs sénégalais » sera d'ailleurs donnée plus tard à tous les soldats de l'Ouest africain). Cela peut faire croire que les colonisateurs n'eurent aucun mal à se procurer des auxiliaires au Sénégal. Rien n'est plus contraire à la réalité. Ici comme au Soudan et dans les royaumes côtiers du Bénin ou du Congo, le colonisateur vit se dresser devant lui des rois résistants. Le Sénégal n'en compte pas moins de cinq : El Hadj Omar, le Toucouleur ; Mamadou Lamine, le Sarakollé ; FodéKaba, le Mandingue ; Djanabou, leDiola, et surtout Lat Dior, le Ouolof, Damel du Cayor.

Après avoir lutté pendant près de vingt ans contre les Français et leurs alliés locaux, Lat Dior livra la bataille de la dernière chance près du puits de Dekkelé en octobre1886. Il y périt non sans gloire avec la fine fleur de la chevalerie cayorienne. Le Cayorest une province du Sénégal qui s'étend sur200 kilomètres du sud-ouest au nord-est et sur 120 kilomètres du nord au sud. Son histoire est surtout connue grâce à la tradition orale, remarquablement conservée par les griots.

 

Né vers 1842, Lat Dior est un noble de mère Geedy et de père Diop. Les Dyaam-Geedyi (esclaves de la couronne de la branche Geedy) le choisissent comme candidat au trône. Il réussit à supplanter le Damelen exercice (1862), mais doit passer en dissidence au Saloum pendant quatre ans (1864-1868). Pourquoi ? Le capitaine Dupré, qui participa aux premières campagnes contre Lat Dior, nous en donne les raisons :

« En 1864 régnait dans le Cayor un roi dunom de Lat Dior qui s'était imposé au pays par droit de conquêtes et avait ensuite reçuune sorte d'investiture du gouverneur du Sénégal, Jauréguiberry, remplaçant momentanément le général Faidherbe.1. Le général Faidherbe, gouverneur du Sénégalet adversaire d'El Hadj Omar.

» Lat Dior était d'ailleurs un caractère, sinon un homme loyal, et, comme il rêvait d’indépendance, il ne tarda pas à nous(Français) créer de sérieuses difficultés. »A la suite d'événements qu'il serait long d'exposer ici, le général Faidherbe, rentré de France, lui fit la guerre et annexa le Cayor. Annexion plus symbolique querelle. L'ordre et la paix ne furent jamais observés, et Lat Dior, qui surveillait les événements, profita fort habilement de la guerre franco-allemande de 1870 pour revenir sur ses anciens Etats et y rétablir son autorité. Il fut plus habile encore en faisant consacrer cette nouvelle prise de possession par un traité régulier, en date du 12 janvier1871, passé avec le gouverneur du Sénégal alors en fonction, le colonel Vallière. Par ce traité, il était reconnu comme roi légitime du Cayor, mais renonçait à toute prétention sur le territoire du Cap-Vert.

Ce fut la paix pendant plusieurs années, paix qui paraissait d'autant plus assurée qu'en 1875 Lat Dior eut recours aux colonnes françaises pour se débarrasser du marabout du Fouta Toro, Ahmadou Cheikhou, qui avait prêché la guerre sainte et envahi son territoire. Mais trois ou quatre ans plus tard, les Français, poursuivant leur politique de pénétration dans la direction du Niger, conçurent le projet de relier Dakar à Saint-Louis par un chemin de fer qui, naturellement, traverserait le Cayor, et Lat Dior les y autorisa dans un premier temps. Pourquoi ? N'en avait-il pas prévu les conséquences politiques pour ses états ? C'est probable à en juger par son revirement.

Les études préparatoires commencèrent en1880 et les travaux sur le terrain la même année. Interrompus pendant quatre mois par une épidémie de fièvre jaune, ils reprirent dès le début de 1881. Le tracé de la voie ferrée à travers son territoire parut à Lat Dior une atteinte à son indépendance et il fit attaquer les équipes d'ouvriers qui travaillaient sur les chantiers. Dès lors, le conflit avec les Français était inévitable. Fin 1882-début 1883, l'administration coloniale décida d'envoyer une colonne contre Lat Dior. La campagne décidée, le commandement en fut donné au colonel Wendling. La concentration des forces sévit à Mpal, à 15 kilomètres à l'est de Saint-Louis, et la frontière du Cayor fut franchie

le 26 décembre. La colonne se dirigea vers le sud ; elle arriva le 7 janvier à Keur Man-doumbi Kari. C'était la limite du Cayor. Lat Dior, fidèle à la tactique de mobilité dans un pays qu'il connaissait bien, s'était comme évaporé dans la nature.

La campagne paraissait terminée. On pouvait annexer de nouveau le Cayor. Le gouvernement de Saint-Louis préféra donner un successeur à Lat Dior et reconnut comme souverain Amadi Ngoné Fall, qui fut intronisé le 16 janvier. Dès le 19, la colonne Wendling revint sur ses pas pour construire un fort à Louga, et le 16 février elle entrait à Saint-Louis. Amadi NgonéFall s'engageait à laisser construire la voie ferrée et reconnaissait le protectorat de la France ; toutefois, le Ndiambour, dans lequel se trouvait le nouveau fort de Louga était annexé à la colonie du Sénégal. LatDior et Samba Laobé ne tardèrent pas réapparaître dans le Cayor, que ne contrôlait guère Amadi Ngoné Fall. Ce dernier était en effet très impopulaire. 3. L'armée coloniale françaisependant la conquête du Sénégal.Le 21 mars, une deuxième campagne est conduite par le chef de bataillon (futur général) Dodds. Cette nouvelle campagne ne fut ni plus longue ni plus meurtrière que la précédente. A la fin d'avril, Samba Laobé, réduit à la dernière extrémité, fit des propositions de paix, et le 3 mai il accepta sa reddition dans l'île de Sor, faubourg de Saint-Louis. L'assemblée des notables désigna officiellement Samba Laobé comme Damel du Cayor. La France le reconnut. Il régna pendant trois ans. Il parut d'abord accepter la tutelle de la France, puis, l'esprit d'indépendance l'emportant, son attitude devint telle qu'au cours d'une entrevue qu'il eut en 1886 avec le capitaine Spitzer, envoyé par le gouverneur pour régler avec lui les difficultés en suspens, il fut tué dans une échauffourée. Avec une obstination qui lui fait honneur, écrit le capitaine Dupré, Lat Dior pensa pouvoir rétablir son autorité et mit ébranle tous ses partisans. On envoya contre lui une nouvelle colonne. C'était le 27 octobre 1886. Le choc se produisit au puits de Dekkelé. Dans son ouvrage sur le Sénégal. Faidherbe a évoqué cette fameuse bataille : « Le 26, le capitaine Vallois arrivait à Diadié. Là, on apprenait que Lat Dior s'était dirigé vers Dekkelé, sa résidence habituelle.

la bataille du puit : la fin de lat dior octobre 1886