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2. Tirailleurs sénégalais,auxiliaires des colonnes françaises.Tous les historiens de la conquête coloniale de l'Ouest africain ont été frappés par le rôle joué dans cette épopée par des tirailleurs recrutés au Sénégal (l'expression « tirailleurs sénégalais » sera d'ailleurs donnée plus tard à tous les soldats de l'Ouest africain). Cela peut faire croire que les colonisateurs n'eurent aucun mal à se procurer des auxiliaires au Sénégal. Rien n'est plus contraire à la réalité. Ici comme au Soudan et dans les royaumes côtiers du Bénin ou du Congo, le colonisateur vit se dresser devant lui des rois résistants. Le Sénégal n'en compte pas moins de cinq : El Hadj Omar, le Toucouleur ; Mamadou Lamine, le Sarakollé ; FodéKaba, le Mandingue ; Djanabou, leDiola, et surtout Lat Dior, le Ouolof, Damel du Cayor.

Après avoir lutté pendant près de vingt ans contre les Français et leurs alliés locaux, Lat Dior livra la bataille de la dernière chance près du puits de Dekkelé en octobre1886. Il y périt non sans gloire avec la fine fleur de la chevalerie cayorienne. Le Cayorest une province du Sénégal qui s'étend sur200 kilomètres du sud-ouest au nord-est et sur 120 kilomètres du nord au sud. Son histoire est surtout connue grâce à la tradition orale, remarquablement conservée par les griots. Add a comment

Du 20 avril au 18 juillet 1857, El Hadj Omar investit avec une innombrable armée la citadelle de Médine (Khasso).Pour la première fois, l'impérialisme français, dans sa politique de pénétration vers l'intérieur, se heurta à un ennemi puissant et fut arrêté et bloqué dans le fort qu'il venait de construire à la porte du Soudan-Mali.

Après un long séjour en Terre sainte et au Moyen-Orient, El Hadj Omar Saïdou Tall, considéré comme saint et khalife de la secte Tidjania, proclama, en 1848, la guerre sainte (le Djihâd) pour islamiser les populations païennes du Soudan. Après la conquête du Bambouk, il remonta vers le nord en direction des Bambara Massassidu Kaarta.

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Cetewayo, Chaka, Bambata et Dingaan, voilà les émules sud-africains des El Hadj Omar, Lat Dior, Samory, Béhanzin. Comme ces derniers, les grands résistants de l'Afrique australe payèrent de leur vie leur amour pour l'Afrique. L’exemple de Dingaan est à cet égard très significatif: Après avoir longtemps combattu Anglais et Hollandais, il tomba les armes à la main, le 16 décembre 1838, près d'Umslatoos. Son histoire a inspiré plus d'un nationaliste africain et afro-américain.

Le Noir américain Cyrill Briggs compare Dingaan à Nat Turner. C'est ce qui ressort de l'article qu'il a consacré au combattant africain dans le journal le Cri des Nègres de juillet-août 1933.

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On sait qu'à partir du XVIe siècle les Européens voyageant sur la côte d'Afrique, après avoir découvert les immenses bénéfices qu'ils pouvaient tirer de la traite des esclaves, s'efforcèrent de s'emparer d'un certain nombre de points stratégiques le long de cette côte et de les fortifier. C'est ainsi que furent installés les premiers établissements blancs permanents, dont quelques-uns, parmi lesquels le fameux château d'El Mina, sont restés célèbres jusqu'à nos jours.

Ces forts étaient édifiés le plus souvent avec le consentement des populations africaines environnantes, et les conflits entre Portugais, Hollandais, Anglais — bref, toutes les nations marchandes de l'Europe occidentale — et Africains n'éclataient en général que bien après la construction de la place forte, soit à cause des abus que les Blancs commettaient pour se procurer désenclaves au moindre prix, soit parce que les Africains refusaient en fin de compte une présence étrangère et facilement dominatrice sur leurs terres.

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Le sultan marocain était très mécontent de son pacha. Qui osa lui parler de paix au lieu de remplir sa mission : conquérir le Soudan jusqu'aux mines d'or du Sud et envoyer au Maroc les richesses tant convoitées. Le sultan révoqua donc le pacha Djouder et envoya pour le remplacer le pacha Mahmoud, qui, le 17 août 1591, arriva à Tombouctou, déjà occupée par Djouder depuis le 30 mai 1591.

Mahmoud n'était pas aussi diplomate que Djouder. Il déploya toute son énergie à terminer rapidement la conquête. En deux semaines, il construisit une flottille et descendit le Niger à la poursuite de l'armée songhay, qu'il atteignit et vainquit à Diendian le 14 octobre 1591.

Chez les Songhay, l'accord n'était plus unanime. Un parti nationaliste et guerrier voulait résister efficacement à l'invasion et déplorait la mollesse d'Ishaq II. L'Askia fut alors déposé et l'armée proclama son frère Mohamed Gao, avec mission de sauver ce qui pouvait être sauvé. Quelques escarmouches furent engagées, sans résultats. Beaucoup de Songhay avaient perdu foi en leur propre cause et songeaient à se ménager l'amitié des vainqueurs. Des frères de l'Askia se réfugièrent auprès du pacha Mahmoud. Son secrétaire Bokar Lambar, en intelligence avec l'ennemi, lui conseilla vivement de négocier et de rencontrer le pacha. Ce qui eut lieu à Tentyi. Toute l'armée, tous les grands dignitaires de l'empire se rendirent le plus naïvement du monde, se fiant au serment de l'ennemi, dans le camp du pacha Mahmoud. Guet-apens ! Le pacha, violant la parole donnée, foulant aux pieds le code de l'honneur guerrier et les prescriptions coraniques, fit ainsi prisonnier, en quelques heures, tout le Songhay. L'A skia et ses compagnons furent envoyés enchaînés à Gao, où ils furent massacrés quelques jours après.

Désastre national pour le peuple songhay ! Le désespoir céda cependant place à l'espoir. Les rescapés de Tentyi, grossis des guerriers venus de tout le pays, organisèrent la résistance nationale. Nouhoun, fils de l'Askia Daoud, prince aux vues audacieuses, fut proclamé Askia. Conscient des faiblesses des Songhay, il changea de tactique devant les Marocains. Il se porta avec

 

Tout le peuple songhay à l'est, dans le Dendi, son berceau primitif. Là il temporisa, attira les Marocains et les fit bloquer dans l'île marécageuse de Koulen, où les décimèrent le paludisme et la faim. Pendant ce temps, Tombouctou se révolta contre le vandalisme des soldats marocains et les assiégea dans leur casbah. Djenné et le Macina ne furent pas occupés. Le pacha envoya du Dendi le caïd Mami ben Barroun, qui rétablit la situation à Tombouctou et alla porter la guerre jusqu'aux portes du Macina.

Le pacha lui-même, désespéré de sa défaite au Dendi, revint à Tombouctou à la fin de 1593. Pour châtier la ville sainte de sa rébellion, il fit arrêter, dans la mosquée de Sankoré, le cadi Oumar, premier magistrat de la cité, sa famille, les ulémas les plus honorés de la ville et le savant Ahmed Baba, l'homme le plus cultivé de son temps. Cette journée fut pathétique à Tombouctou, et nous sommes aujourd'hui, après quelque quatre siècles, émus comme l'auteur du Tarikh el Fettach, qui écrit : « Alors, il se produisit des choses que Dieu avait décidées, des choses qu'il ne convient pas de raconter, car le cœur ne pourrait supporter le récit de ce qui se passa... Ce fut le plus grand préjudice qui ait été porté à l'islam tout entier. »

L'élite intellectuelle de Tombouctou fut ainsi arrêtée et envoyée enchaînée à Marrakech.

Le pacha Mahmoud, maître de la partie occidentale de l'empire, de Gao à Djenné, accapara tout ce qu'il trouva de richesses, en envoya une partie au sultan et dilapida le reste.

Du côté du Dendi, la résistance continuait. L'Askia Nouhoun passa à l'offensive, entreprit des raids dans la boucle du Niger et noua des intelligences à Djenné et au Macina. L'objectif, cependant, n'était plus la reconquête de l'empire. Les forces du Dendi étaient trop faibles pour venir à bout de l'armée marocaine.

La mort de Mahmoud au cours d'une expédition dans les falaises de Hombori n'arrêta pas la guerre. Jusqu'en 1612, Marocains et Songhay du Dendi restèrent en conflit larvé, avec, de temps à autre, quelques incursions de razzia les uns chez les autres.

 

Quant à la partie occidentale de l'empire. de Gao au Macina, les Marocains en firent un Etat dépendant du sultan du Maroc. Tombouctou en devint la capitale. Les Marocains laissèrent en place les anciennes structures politiques et nommèrent selon leurs intérêts les Askia, les balamas, et autres magistrats songhay qui n'avaient comme autorité que celle que leur concédèrent les pachas.

Le pacha, chef de l'armée, gouverneur du Soudan, dirigeait une bureaucratie marocaine qui avait pour mission d'exploiter les richesses du Soudan au profit du sultan. Cette situation ne dura guère. A partir de 1612, le pacha ne fut plus nommé par le sultan de Marrakech, mais par ses soldats. Ce fut alors la porte largement ouverte à l'aventure.

Chaque bataillon soutenait la candidature de son caïd au pachalik, et les pachas se succédèrent à la file, surtout à partir du milieu du XVIIe siècle. L'institution s'affaiblit et les Marocains se fondirent dans la population songhay dès la troisième génération. On les appela Arma. Leur pouvoir disparut au milieu du XVIII' siècle devant la menace des Touareg, vrais maîtres de la boucle du Niger depuis le début du XVIII' siècle.

La conquête du Soudan par les Marocains a été une aventure voulue par le sultan Ahmed al-Mansour car elle s'inscrivait dans sa politique de grandeur nationale. Loin d'apporter au royaume chérifien les richesses espérées, elle épuisa au contraire ses finances et l'élite de son armée, qui ne revint jamais du Soudan.

Pillant les pays, incapables d'assurer l'ordre public, de surveiller les routes transsahariennes, se déchirant entre eux dans des révoltes de palais presque quotidiennes, les Marocains, affaiblis, avilis, précipitèrent irrémédiablement le déclin de la boucle du Niger et de la civilisation nigérienne dans son ensemble.

Certes, leur influence ne disparut jamais de la Boucle. Nous la retrouvons dans l'art des cordonniers, des bijoutiers, des forgerons, dans le style architectural dit « soudanais », et surtout dans cet art de vivre raffiné et aristocratique dont Tombouctou a le secret.

 

(Suite)

tondibi

la fin de l'empire songhay

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