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Ce premier juin 2012 marquant la huitième année de débarquement de la Minustah en Haïti, diverses activités ont été organisées tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays dans le cadre d’une mobilisation générale contre la présence des forces étrangères ...

Le vendredi premier Juin 2012, cela fait 8 ans depuis que les soldats des forces d’occupation des Nations Unies ont débarqué en Haïti sous le nom de « Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti, (MINUSTAH) », selon la résolution 1542 du Conseil de Sécurité, en date du 30 avril 2004 et en référence du chapitre VII de la Charte de ladite organisation. Le 9 Juillet 2004, le Premier ministre de facto d’alors, Gérard Latortue et le représentant des Nations Unies et responsable de la MINUSTAH, Adama Guindo ont signé l’accord définissant le statut de l’opération militaire des forces d’occupation de l’ONU en Haïti.

L’alinéa 3 de l’article 41 de la Charte de l’ONU est ainsi libellé : « L’accord ou les accords seront négociés aussitôt que possible sur l’initiative du Conseil de Sécurité et des membres de l’organisation, ou entre le Conseil de Sécurité et des groupes des membres de l’Organisation, et devront être ratifié par les Etats signataires selon leurs règles constitutionnelles respectives. »

Les règles constitutionnelles de l’Etat d’Haïti sont établies dans le chapitre III, section B définissant les attributions du président de la République et l’article 139 stipule : «Il (le président de la République) négocie et signe tous traités, conventions et accords internationaux et les soumettent à la ratification de l’Assemblée nationale. » Ainsi, l’une des attributions de l’Assemblée National haïtienne est d’approuver ou de rejeter les traités et Conventions internationaux. Au regard de la constitution haïtienne de 1987, la présence de la MINUSTAH en Haïti est illégale par le fait que c’était un Premier ministre de facto et non le président de la République qui a paraphé l’accord, d’une part et d’autre part cet accord n’ayant jamais été soumis au Parlement haïtien pour être sanctionné conformément aux règles constitutionnelles.

De plus, les Nations Unies ont expédié leurs troupes en Haïti le premier juin 2004, sous de fallacieux prétextes que la nation la plus appauvrie de l’Amérique représente une menace pour la paix et la sécurité internationales.

Alors qu’il n’y avait pas de guerre civile, pas de guerre frontalière et aucune autre forme de guerre en Haïti ; sauf peut-être la pauvreté d’Haïti qui représente une menace pour la paix et la sécurité internationales. Donc on a envoyé les troupes pour commettre un génocide sur cette catégorie sociale des quartiers populaires et bidonvilles d’Haïti.

Depuis ces 8 longues années, les soldats de l’ONU n’ont jamais cessé de commettre toutes sortes d’exactions sur la population civile : Violation des droits humains, vol, viol, génocide,, torture, assassinat, massacre dans des quartiers populaires, pendaison, importation de l’épidémie de Choléra, Ingérence dans les affaires politiques internes, sans oublier l’implication des casques bleus de l’ONU dans le trafic de la drogue. Les crimes commis par les soldats de l’ONU en Haïti sont élevés au rang de crimes contre l’humanité. Des milliers d’Haïtiens sont victimes de la barbarie des forces d’occupation de l’ONU. Le Choléra introduit en Haïti par les soldats de l’ONU a déjà tué 7,188 Haïtiens entre octobre 2010 et mai 2012, infecté plus de 500,000 autres et continue de faire rage dans le pays. En novembre 2011, des plaintes ont été dûment déposées par devant les instances compétentes des Nations Unies, mais aucune réponse n’est donnée jusqu’à date. Les soldats des forces d’occupation de l’ONU ont commis tous ces crimes pour protéger et défendre les intérêts des grandes puissances impérialistes, de leurs compagnies multinationales et de leurs laquais locaux de la bourgeoisie et la classe politique traditionnelle, dans le cadre d’un vaste complot contre la classe dominée et exploitée.

Face à cette situation éhontée qui met en péril la souveraineté nationale et l’avenir du pays ; des organisations populaires et progressistes d’Haïti n’entendent pas baisser le flambeau de la mobilisation contre les forces de l’ONU sur le territoire national. Ce premier juin 2012 marquant la huitième année de débarquement de la Minustah en Haïti, diverses activités ont été organisées tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays dans le cadre d’une mobilisation générale contre la présence des forces étrangères sur le sol haïtien.

En Haïti, le Collectif Mobilisation pour Dédommager les Victimes de Choléra a organisé des expositions de photos de massacre et d’autres documents relatifs aux exactions commises par les casques bleus, des conférences-débats et une manifestation le vendredi premier Juin à Port-au-Prince contre la Minustah. Partant du Fort-National, le lieu de résistance à l’occupation, cette manifestation réunissant une centaine de personnes a parcouru plusieurs rues de la capitale avant de prendre fin devant les locaux du Parlement haïtien. Des agents de la Police Nationale d’Haïti (PNH) postés à chaque Carrefour avaient empêché les manifestants de se diriger vers le palais national. Du bas du Fort-National jusqu’à la rue des Casernes, la Police a barricadé toutes les rues conduisant vers le palais présidentiel. Arrivés à la rue des Casernes, à quelques mètres du palais national, les manifestants chauffés à blanc restaient déterminés à bifurquer en direction de palais national, mais bloqués à nouveau par la Police. Finalement après le long moment de résistance, les dirigeants de cette manifestation ont décidé de se diriger vers le Parlement. Sur tout le parcours, banderoles et pancartes en main, les manifestants ont exigé le départ de la MINUSTAH, justice et réparation pour toutes les victimes des soldats de l’ONU, particulièrement celles de l’épidémie mortelle de Choléra : « MINUSTAH= Cholera, MINUSTAH= Viol ; ONU = Génocide, MINUSTAH = Crimes contre l’humanité, Justice et réparation pour les victimes de la Minustah, Minustah = ingérence politique, MINUSTAH = Massacre… »

Et les manifestants chantaient : « Vouloir ou pas, la Minustah doit partir, elle est accusée de crimes contre l’humanité, elle est venue protéger les intérêts de la classe dominante, de l’oligarchie et commettre des massacres, des génocides sur les masses populaires. » Rappelons qu’en 2005, Boulos, Apaid, et Baker avaient demandé à la Minustah d’intervenir militairement à Cité Soleil, le plus grand bidonville du pays pour massacrer les gens et Cité Soleil de rester la zone où l’on a enregistré le plus grand nombre de victimes des forces de l’ONU. En 2006, trois (3) personnes d’une seule famille sont mortes sous les balles assassines des soldats de l’ONU à Cité Soleil.

A l’arrivée de la manif devant le Parlement haïtien, au Bicentenaire, Yves Pierre-Louis et Guy Numa ont pris la parole pour demander aux parlementaires de prendre leurs responsabilités pour qu’Haïti récupère sa souveraineté nationale, sa dignité et son existence comme nation indépendante : « Nous sommes venus devant le Parlement pour demander aux députés et sénateurs d’assumer leurs responsabilités en tant que pouvoir qui détient une partie de la souveraineté. Il faut que les erreurs du passé soient corrigées, et l’accord illégal de juillet 2004 acheminé au Parlement pour les sanctions nécessaires. Nous exigeons le départ sans conditions des forces d’occupation de l’ONU. Nous déplorons le comportement des agents de la PNH qui ont contraint les manifestants à dévier du parcours autorisé. »

La manifestation contre la présence des forces de l’ONU en Haïti s’est terminée sans trop grands incidents devant le Parlement haïtien. Le Collectif Mobilisation pour Dédommager les Victimes de Choléra entend poursuivre la mobilisation contre les forces occupantes. Cette mobilisation va prendre différentes formes : expositions-photos, conférence-débats, Sit-in, manifestation pour demander aux dirigeants des pays suivants, la République populaire de Chine, la Bolivie, l’Equateur, le Brésil de faire le retrait unilatéral de leurs troupes d’Haïti. Le 28 Juillet 2012, une autre grande manifestation est prévue à Port-au-Prince pour exiger le retrait définitif et inconditionnel de ces soldats des forces d’occupation de l’ONU.