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Après la calamiteuse année 2011, dont les Haïtiens se souviendront longtemps, voilà la suivante, 2012 qui s’annonce avec les mêmes fracas, sinon pires que ceux qui les avaient précédés. Certains, comme de coutume, ont tenté vainement de faire un bilan de l’année écoulée. Face à l’impossibilité de trouver un seul élément plus ou moins positif à intégrer dans cet océan de malheurs, ils ont dû renoncer à cette improbable opération. Naturellement, le summum de la bêtise et de la politique contre-productive est inévitablement l’arrestation d’un parlementaire en fonction. Et en dépit des dits et des non-dits sur cette ténébreuse affaire, les conséquences risquent de polluer, pour longtemps, l’atmosphère politique du pays.

 

Avec Haïti, depuis un quart de siècle, nous sommes dans la trilogie de catastrophes. Des catastrophes politiques ou naturelles courent sur une période de trois ans. En 2010 ce fut la catastrophe naturelle la plus meurtrière du siècle qui a sévèrement frappé le pays. Les stigmates de ces horreurs demeurent palpables dans chaque coin de rue de la capitale. Le plus symbolique entre tous, le Palais de la présidence. Les carcasses vides de ce tombeau d’un blanc immaculé sont le témoignage rétrospectif qui signe l’échec du pouvoir ancien. 

 

En 2011, c’est l’avènement au timon des affaires de l’Etat d’un groupe d’individus n’ayant aucun rapport avec la politique ou plus exactement avec les choses publiques. Cette entrée par effraction sur la scène politique, bien que élus dans les conditions que l’on sait, doit être considérée comme étant un désastre politique. Et pour cause, aujourd’hui, il ne fait plus de doute pour personne, avec l’équipe au pouvoir, que non seulement le pays ne va nulle part, mais les Haïtiens courent droit à une nouvelle catastrophe politique dont les conséquences pourraient se multiplier par quatre. Enfin, pour l’année 2012, selon toute logique, le chaos politique devrait s’ériger en norme dans la Cité. Puisque, comme au début de 2011, la présidence se lancera dans une course effrénée pour sauver ce qui peut l’être, entre autre le pouvoir, si ce n’est sa tête. 

 

Ce sera la fin de ce cycle. La fin de cette trilogie macabre qui hante ce pays. Et ce, jusqu’à la nouvelle étape de la prochaine crise, qui, entre-temps serait en gestation, puisque la société haïtienne, depuis des décennies, est la vision exacte de ce que le philosophe Platon définit comme « celle qui suit un chemin qui la fait passer d’un âge d’or, qu’elle a connu lors de sa création et persistera pendant un temps décile à déterminer, pour s’en éloigner et se diriger vers une situation qui est nécessairement de plus en plus mauvaise parce que les valeurs fondamentales que sont le Bon, le Vrai, le Juste, le Beau disparaissent pour laisser une place toujours plus grande au Mal, à l’Injustice et à l’Erreur ».

 

L’erreur en effet, c’est de n’avoir pas compris qu’il fallait éduquer la population sur ce qui fait sa grandeur, sa fierté et son histoire. En laissant la majorité des haïtiens dans son ignorance juvénile, sans lui donner d’exemples, capables de la transformer en un homme nouveau et par ricochet l’adapter au progrès, le résultat ne pourrait être que ce spectacle de la honte qu’on a aujourd’hui en guise de société après plus de deux siècles d’indépendance. D’ailleurs, on ne sait plus dans quelle société vit l’Haïtien tant les gouvernants ne savent eux-mêmes quelle direction prendre avec le pays.

 

Ceci nous ramène à l’idée qu’il fut un temps où la majorité des Haïtiens pensait au pays haïtien, pensait Haïti ; tout d’un coup, ces mêmes Haïtiens se mettent à penser le contraire, à penser ailleurs. Ils se mettent à penser les Etats-Unis, la France, le Canada, etc. Imaginons un pays où aucun citoyen ne fait confiance à aucun de ses dirigeants. Ses propres institutions. Pire, même les autorités de ce pays n’ont confiance en elles-mêmes. Dans leurs propres administrations. Leurs Institutions. La crise politique et probablement le bouleversement institutionnel qui s’annoncent avec cette affaire de « nationalité » sont le résultat de ce manque de confiance en soi et dans le pays.

Il ne viendrait jamais à l’idée d’un parlementaire d’un autre pays quelconque de mettre en doute la nationalité d’un chef d’Etat en fonction dans son pays. Même au pire moment de la collaboration de la France du Maréchal Pétain avec l’Allemagne nazie pendant la seconde guerre mondiale, les partisans du général de Gaulle n’osèrent avancer une pareille accusation contre le Maréchal ou ses collaborateurs ayant titre de ministre. 

 

Or en Haïti, aujourd’hui, non seulement on ose attaquer la nationalité du chef de l’Etat et de certains de ses ministres, mais la probabilité pour que ce Président de la République ait à sa disposition un passeport d’un autre Etat est plus que possible. Pourtant, on a constaté que le parlementaire qui a lancé ce gros pavé dans la mare, n’a à aucun moment fait allusion au rôle que jouent les institutions de la République qui selon toute évidence, seraient les premières responsables de cette entorse aux lois du pays.Voilà encore, une preuve tangible portée aux fossoyeurs d’Haïti qui se méfient toujours de tous les documents officiels que détiennent les Haïtiens. Hier, ils doutaient de l’authenticité de ces documents. Aujourd’hui cette énième accusation ou révélation ne peut que renforcer leur intime conviction que l’Haïtien est un faussaire impénitent.Nous ne sommes pas à une contradiction près. Plus on dénonce les égarements de nos dirigeants plus ils avancent à reculons dans l’histoire. 

 

La bourgeoisie mulâtre renforce sa position au sein du pouvoir. Les duvaliéristes commencent à s’inquiéter et faire des prévisions sombres au cas où le pouvoir succomberait totalement sous le charme des « brasseurs d’affaires » du bord de mer. Même les frères Mayard Paul ne sont pas épargnés. Le clan George Michel les traites de tonneaux vides qui capitalisent sur les réalisations de leurs pères, le feu Constantin Mayard Paul. Pas besoin de citer le nom de Daniel Supplice, le ministre des haïtiens vivant à l’étranger. Il est de plus en plus isolé de la cuisine des grandes décisions politiques. Il s’en est beaucoup plaint à un ami de la Floride. Cette deuxième vague de conseillers, dont finalement on ignore le nombre exact, est très agressive en s’appuyant sur la malheureuse affaire de la mise en prison d’Arnel Belizaire pour se frayer une place avec fracas et grincement de dents.

 

Toute cette pagaille se situe dans la lignée de la politique traditionnelle haïtienne. Le peuple haïtien ne fait pas partie de l’agenda de George Michel ou de Gérard Gourgues. Ce dernier est le père de Marina Gourgues, l’actuelle Secrétaire d’état de la formation professionnelle du gouvernent. Il entend profiter de la présence de sa fille au maximum, pour matérialiser son rêve chimérique de président d’Haïti. Agé de plus de quatre vingt ans, maître Gourgues veut marquer sa vie politique en devenant le super conseiller présidentiel, mais il se fait très tard. En fait, c’est la consolidation expéditive du pouvoir personnel dans toute sa tragédie autour d’un président confus et perdu.

Revenons au camouflet du premier janvier 2012. Michel Martelly, après avoir lu le discours officiel, en fait très moyen, réalisant qu’il n’avait rien dit de substantiel, additionna son discours d’une harangue coutumière de campagne électorale. En observant ses expressions corporelles, j’avais déjà eu la certitude que quelque part, il est entrain de vivre un drame profond. Ce n’était pas la même fluidité des mots d’autrefois. Les paroles désertent l’homme. Visiblement, le fils de la « république de Pétionville » qui vocifère, a son esprit ailleurs. Il est troublé, mais il harangue continuellement à défaut de contenir la rentrée parlementaire. C’est alors que j’ai compris que l’homme vit dans la tourmente de l’incertitude du mois de janvier. Comme une bête piégée, il se débrouille. Son plus grand problème, c’est l’armée d’Haïti qui n’est plus. L’international ne veut pas d’armée, alors il est empêtré. C’est pourquoi il a gaspillé 400 millions de gourdes pour financer les fêtes de fin d’année.

L’objectif poursuivi, avec ces folles dépenses de l’argent des contribuables, est d’anticiper un éventuel vote défavorable des députés. Jusqu’au moment ou j’écris ce papier, Joseph Lambert fait toujours du marchandage politique mais avec ses deux mains vides, il ne rassure personne. 

 

Les blocs politiques sont en lambeau à la chambre basse, chaque député ayant sa conscience comme maître. L’enquête de la chambre basse sur l’affaire d’Arnel Bélizaire poursuit tranquillement son chemin. C’est une stratégie à deux têtes. Premièrement, elle consiste à s’acheter des députés comme de petits pains. En cas d’échec de cette politique, le pouvoir s’appuiera sur les mairies des villes et les délégations départementales. Deuxièmement, le pouvoir se prépare à donner une réponse politique de grande envergure au cas où les députés deviendraient intransigeants. Dans ce scénario, les mairies et les délégations seront grassement payées pour remplir les artères des grandes villes de manifestants proches du pouvoir. Donc, le drame haïtien se poursuit en cette nouvelle année de 2012.

Au contraire, en guise de se lancer dans des diatribes, Martelly devrait faire appel à l’âme nationale pour préserver le pays d’une autre crise de trop. S’exprimer avec honnêteté et passion en admettant ses erreurs et demander une chance, pourrait l’aider à surmonter la crise. Non, il est « sweet micky », il faut punir le peuple haïtien encore une autre fois.

 

Le sénateur du nord, Moise Jean Charles, fait augmenter la pression avec ses révélations fracassantes à propos de la multiplicité de nationalités des membres du gouvernement. Incluant le président lui-même. En ce sens, si le gouvernement arrive à passer le cap des députés, il faudra braver les déclarations de l’honorable sénateur Moise Jean-Charles au grand corps. Celui-ci eut à déclarer haut et fort au micro du journaliste Edens Débat, que Joseph Lambert est un général sans troupes. Donc, cette fois le sénateur est dans l’impossibilité de dédouaner le président de la république. Partout, le danger est là. Il est permanentCela donne une idée de la complexité de l’exercice du pouvoir en Haïti. 

 

Désormais, on se calme avant de se lancer dans des jugements fallacieux de la gestion d’un chef d’état en fonction. C’est la « real politique ». Un défi auquel on n’échappe jamais. Parce que l’orgueil l’a toujours conquis sur la rationalité dans ce pays. L’année vient de commencer, et voici qu’elle est déjà puante. Le président est un homme en perpétuelle campagne électorale. Les députés entendent faire l’histoire. Moise Jean-Charles fait monter les enchères avec l’affaire de multiples nationalités. Le drame haïtien se poursuit!