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Par: Laura C. González

Bannière du grand syndicat de la Centrale des travailleurs unifiés (CUT) demandant le retrait immédiat des troupes d’occupation de la Minustah en Haïti ...

Les protestations du peuple haïtien contre l'occupation militaire par les Nations Unies de son pays ont trouvé un écho dans le continent sud-américain.

Le 5 novembre dernier, dans la ville brésilienne de Sao Paulo, plus de 600 personnes, incluant beaucoup de représentants internationaux, se sont réunies pour se joindre à la demande haïtienne: «La MINUSTAH doit sortir d'Haïti». MINUSTAH est la mission de l'ONU pour stabiliser Haïti, comme étant la force d'occupation de presque 13.000 membres.

Des Brésiliens ainsi que des porte-paroles des États-Unis, France, Uruguay, Argentine, Bolivie et Haïti, représentant les mouvements sociaux, partis politiques, estudiantins et des organisations syndicales, se sont ralliés pendant quatre heures à l'Hôtel de Ville de Sao Paulo pour analyser et dénoncer la situation intolérable en Haïti.

La contribution d'Haïti à l'indépendance latino-américaine au cours du 19e siècle a souvent été évoquée comme l'une des raisons les plus importantes de solidarité convaincante pour la lutte contre la MINUSTAH haïtienne.

«Haïti est un pays qui a soutenu la lutte de liberté en Amérique latine», a déclaré Julio Turra, président du plus grand et plus important syndicat du Brésil, la Centrale des travailleurs unifiés ou CUT. «Un pays qui a terrifié les propriétaires d'esclaves dans tout l’Amérique est aujourd'hui subjugué à subir une occupation militaire étrangère qui n'a rien à voir avec des fins humanitaires, ainsi qu’on le propose. C’est embarrassant. Par conséquent, le peuple latino-américain, le Brésil en particulier, a une dette envers Haïti et, c’est un devoir historique. Nous devons exprimer notre solidarité et nous ne pouvons pas accepter un retrait progressif des troupes, parce que nous ne savons pas quand cela prendra fin. Nous devons demander la retraite immédiate des troupes et défendre la souveraineté d'Haïti, face à l'occupation. »

Beaucoup d’intervenants ont rappelé que l’ancien président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva avait promis que l’occupation serait seulement pour six mois.

Les effets négatifs de troupes de la MINUSTAH en Haïti, sont l'une des principales préoccupations. Colia Clark, un activiste du mouvement des droits civiques dans les années 1960, a déclaré que «la présence de l'ONU en Haïti est une violation de toutes les normes internationales relatives aux droits humains.» Hugo Dominguez de l'Union Métallurgique uruguayenne de PIT-CNT, a déclaré: «Les occupations sont des exemples de la politique de l'oppression. Comme Uruguayens, nous avons honte à cause des actions des troupes Uruguayennes en Haïti», en référence au video d’un assaut sexuel des quatre soldats uruguayens contre un jeune Haïtien pendant l’été. Nelson Guevara Aranda de l'Union des mineurs boliviens de Huanuni a dit que quelques semaines auparavant, son organisation, composée de plus de 5000 travailleurs, a décidé de demander au gouvernement bolivien le retrait immédiat des troupes parce que «en dépit des sept années d'une occupation injustifiée, il n'y a rien de positif résultant de sa présence; au contraire, cela n’a fait que violer constamment la souveraineté et la dignité d'Haïti.»

En plus de cette critique, quelques intervenants ont souligné des exemples d'organisations fournissant une réelle solidarité au peuple haïtien. «Nous devons traduire notre indignation, notre honte, en actes concrets», a déclaré Joaquim Piñero du Mouvement des Sans Terre du Brésil (MST). «Comme le Mouvement des Sans Terre, comme Via Campesina, vous savez que nous avons des moyens limités, mais en dépit de ces difficultés, depuis 2005, nous avons eu un accord très important avec les organisations de travailleurs haïtiens, principalement dans le secteur agraire. Ces accords, en plus d'être des exemples de solidarité concrète pour nous, sont des occasions d'apprendre de la population haïtienne qui a une longue histoire de lutte et de résistance. Par conséquent, nous sommes assez sûrs que quand nos militants reviendront, ils seront changés grâce à cette expérience.»

Il y avait aussi des dirigeants haïtiens à la réunion tel que Fignolé St Cyr de la Centrale autonome des travailleurs haïtiens (CATH) qui a dit avoir été très fier de participer à cet important et grand événement. Et, il a ajouté qu'il a vu comment la «sensibilisation» de la situation haïtienne a augmenté au Brésil au cours des dernières années.

Au cours de cette rencontre, l'un des orateurs les mieux reçus était un Haïtien qui vit près de Buenos Aires. «La MINUSTAH ne devrait pas devenir un arbre qui cache la forêt» a déclaré Henry Boisrolin du Comité démocratique haïtien de l'Argentine. «Lutter contre la MINUSTAH signifie lutter contre d'autres instruments néocoloniaux aussi. Un de ces instruments est la soi-disant Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti co-dirigée par l'ancien président américain Bill Clinton. En fait, Clinton est le vrai président d'Haïti. Comme les organisations haïtiennes, nous pensons que pour lutter, nous devons d'abord comprendre, parce que personne ne va mourir pour quelque chose que l'on n'aime pas. Aider Haïti ne signifie pas simplement l'envoi de médecins, ingénieurs, etc. Il y a des organisations haïtiennes de défense populaires qui ont besoin de prendre le pouvoir pour changer la réalité en Haïti et elles n’ont besoin que de l’aide. Nous savons que nous devons mener le combat, mais comme l'occupation a été internationalisée, nous devons internationaliser la révolution en Haïti, aussi.»

A la fin de la réunion, a été lu le serment de Sao Paulo, dans lequel les participants officiellement ont constitué le Comité Continental pour le retrait immédiat des troupes de l'ONU en Haïti. Il mènera une campagne internationale avec quatre exigences:

1) Haïti a besoin de médecins, ingénieurs, enseignants et techniciens - et non des troupes d'occupation!

2) Annuler la dette extérieure d'Haïti!

3) Réparation pour le montant de la rémunération versée pour la dette immorale imposée à la suite de l'indépendance d'Haïti! Réparation pour les familles des victimes du choléra et de violations des droits humains!,p> 4) Retrait immédiat des troupes de l'ONU en Haïti!

Après avoir montré qu'il y a une réelle détermination de la «communauté internationale» en Haiti, les participants du rallye ont quitté la pièce en chantant : «Dilma écoutez ici, enlevez les troupes brésiliennes en Haïti».

Le rallye a été une illustration émouvante du mouvement croissant de solidarité envers le peuple haïtien à travers l’Amérique du Nord et du Sud. Les participants ont quitté, renforcés projetant que dans un an, cette mobilisation se terminera par une «Journée d'action continentale pour le retrait des troupes d'Haïti» pour le huitième anniversaire du lancement officiel de la MINUSTAH, le 1er juin 2012. Les organisations et les militants travailleront pour des démonstrations à travers le monde ce jour-là pour exiger le retrait immédiat des troupes de l'ONU en Haïti.

Déclaration de la délégation des Etats-Unis à la «Ato Continental Pela Retirada Imediata das Tropas ONU da ne Haïti»

Nous saluons l'initiative du Comité Défendre Haïti, c’est nous défendre nous-mêmes. En effet, la lutte contre l'occupation militaire illégale d'Haïti est dans l'intérêt de tous les peuples du monde. La délégation des Etats-Unis à cet événement historique comprend Kolia Clark de la Commission d'enquête internationale sur Haïti, Kim Ives de l'hebdomadaire Haïti Liberté, et le journaliste Dan Coughlin de La Nation.

Nous demandons instamment la fermeture immédiate des 25 bases militaires étrangères en Haïti et le retrait de toutes les forces internationales. À tous égards, les huit années d’occupation sous l’égide du Brésil ont été un désastre total pour les droits humains et la démocratie en Haïti.

? Sous l'occupation, des milliers d'Haïtiens, pauvres pour la plupart, considérés comme des partisans du mouvement politique Lavalas et de l’ancien président Jean Bertrand Aristide, ont été tués ou emprisonnés.

? Sous l'occupation, les élections organisées ont exclu la grande majorité des Haïtiens et le parti politique le plus important du processus démocratique. Cela a conduit au régime néo-duvaliériste du président Michel Martelly qui a pris le pouvoir avec la promesse qu'il allait ressusciter l'armée, méprisée par les Haïtens - une force qui a été utilisée uniquement pour tuer et réprimer les Haïtiens, et leur refuser leurs droits démocratiques.

? Sous l'occupation, les pratiques polluantes des troupes de l'ONU ont conduit à l'introduction d'une épidémie de choléra qui fait rage et qui, à date, a tué plus de 6600 Haïtiens et en a infecté un demi-million.

? Sous l'occupation, les troupes de l'ONU ont été utilisées comme une force politique partisane, principalement pour réprimer les manifestations légitimes des Haïtiens contre le coup d’Etat de 2004 et l'occupation de l'ONU. Les troupes de l'ONU ont également essayé d'empêcher les Haïtiens - déjà les moins bien rémunérés dans l'hémisphère - de manifester pour un salaire minimum vital. Cette occupation désastreuse et anti-démocratique a entaché la réputation de tous les pays qui en sont impliqués. Mais c’est Washington qui est à la tête de cet effort. Comme l’ont montré les câbles du Département d'Etat américain révélés par Wikileaks, la mission de l'ONU en Haïti répond à un élément majeur de l’objectif de la politique étrangère américaine, bon marché pour Washington, à un moment où les troupes américaines ont été immobilisées en Afghanistan et en Irak.

Ni l'ONU, ni les armées et les forces de police de plus de 45 pays à travers le monde, ne devraient être utilisées comme arme par Washington pour créer un pays de sweatshop à bas salaires, sans droits démocratiques ou humains.

Comme de nombreux dirigeants haïtiens l’ont dit, il doit y avoir des solutions haïtiennes pour des problèmes haïtiens. Si l'ONU veut envoyer des médecins, des ingénieurs ou autres spécialistes pour aider les Haïtiens, comme les Cubains et les Vénézuéliens le font, nous n'avons aucun problème avec cela. Mais l'ONU n’aurait dû jamais envoyer des soldats, des chars et des canons en Haïti, des armes qui ont été utilisées uniquement pour faire appliquer l'agenda néolibéral de Washington, Paris et Ottawa. Il est grand temps que les épées de l'ONU se transforment en socs de charrue.