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 Tout peuple a le droit de se déguiser, de se défouler, de se transformer en ridicule et de porter les accoutrements les plus grotesques, quand il s'agit des festivités carnavalesques. Mais quand il s'agit d'une commémoration historique aussi sacrée que "La bataille de vertières", toute bouffonerie portera atteinte à la gloire des demi-dieux de 1804 et à la dignité de tout un peuple. Où allons-nous puiser cette force honteuse et plate qui nous permettra de crier: "Dans nos rangs point de traîtres, du sol soyons seuls maîtres" tout en singeant aveuglément les pas néo-colonialistes de la parade avillissante des militaires étrangers sur la terre de Toussaint Louverture? Nous refusons de reconnaître notre état de peuple occupé, nous sommes comme 10 singes qui se croient libres parce qu'on nous enferme dans une grande caje dont la dimension occupe une surface d'un killomètre carré. Puisque nous avons les branches des ONG comme USAID pour balader dessus, la "figue" du programme alimentaire mondial (PAM) pour nous remplir la panse, les vaccins de la croix rouge internationale pour nous immuniser contre les Choléro-soldats de la MINUSTAH et un fantoche au sommet de l'état; nous nous croyons bienheureux, bien nourris, bien immunisés et souverains. Des insultes qui devraient nous faire pleurer jusqu'à la déshydration pouvant faire crever nos yeux, au contraire, nous les acceptons fièrement et nous les utilisons comme des scaphandres pour nous plonger dans les profondeurs d'une léthargie qui ne cesse de nous déshumaniser. Bande de nuls que nous sommes ! jusqu'à quand serons-nous un peuple mature capable de prendre ses responsabilités?  N'avions jamais lu ces phrases diamantées de Boisrond Tonnerre: " Nous avons osé être libres, osons l'être par nous-mêmes et pour nous-mêmes ; imitons l'enfant qui grandit : son propre poids brise la lisière qui lui devient inutile et l'entrave dans sa marche. Quel peuple a combattu pour nous ? Quel peuple voudrait recueillir les fruits de nos travaux ? Et quelle déshonorante absurdité que de vaincre pour être esclaves. Esclaves" !...

Au lieu de protéger la grandeur de ces mots aussi forts que la pesanteur, nous l'avons poignardée durant toute notre histoire par nos combats fraternels qui trahissent toute l'idéologie de 1804. Une idélogie pour laquelle ces titans se sont sacrifiés en risquant leur vie et celle de leur famille pour nous inventer une liberté que nous n'aurons jamais méritée.

 

Encore une fois, juste pour parfaire la honte, en ce 18 novembre 2011, nous allons commettre ce sacrilège visant à souiller les beaux noms de nos ancêtres par nos vils discours dont chaque strophe sera terminée sous les coups de canons des forces d'occupation et les applaudissements moqueurs des Néo-commissaires comme Bill Clinton, Didier Lebret et Henri-Paul Normandin ayant pour mission de réussir là où Sonthonax, Polvérel et Hédouville ont échoué. Aussi longtemps que nous refusons de saisir toute la portée de notre histoire afin de vivre l'idéal de 1804, nous ne passerons jamais de cet état de Populace à l'état de peuple. Nos ancêtres étaient tous des xénophobes dont la heine pour les étrangers colonisateurs brûlait à l'état de plasma au fond de leur âme. Alors que nos leaders d'aujourd'hui servent de Collabos aux néo-colonisateurs. Nos aieux haissaient les blancs esclavagistes au point de faire éclater ces paroles sacrées: " il nous faut la peau d’un blanc pour parchemin, son crâne pour écritoire, son sang pour encre et une baïonette pour plume”. Ils ont choisi d'exposer leur vie au pied du trône de la mort, plutôt que d'accepter de manger le pain de la servitude; pour preuve, lisons ces lignes de Boisrond Tonnerre:

1)-  " Marchons sur d'autres traces ; imitons ces peuples qui, portant leur sollicitude jusque sur l'avenir, et appréhendant de laisser à la postérité l'exemple de la lâcheté, ont préféré d'être exterminés que rayés du nombre des peuples libres".

 2)- " Jurons à l'univers entier, à la postérité, à nous-mêmes, de renoncer à jamais à la France, et de mourir plutôt que de vivre sous sa domination.

Nous sommes si différents de ces demi-dieux, je me demande si nous sommes leurs descendants directs. Sommes-nous fils de cet homme qui a prononcé ces paroles:

" Citoyens, Ce n'est pas assez d'avoir expulsé de votre pays les barbares qui l'ont ensanglanté depuis deux siècles ; ce n'est pas assez d'avoir mis un frein aux factions toujours renaissantes qui se jouaient tour à tour du fantôme de liberté que la France exposait à vos yeux ; il faut, par un dernier acte d'autorité nationale, assurer à jamais l'empire de la liberté dans le pays qui nous a vus naître ; il faut ravir au gouvernement inhumain, qui tient depuis longtemps nos esprits dans la torpeur la plus humiliante, tout espoir de nous réasservir ; il faut enfin vivre indépendant ou mourir ".

 

Ecoutez-moi mes frères haïtiens ! au lieu de nous préparer à organiser cette mascarade de commémoration de "Bataille de vertières" qui ne servira qu'à la honte et la trahison, puisque les "Blancs" sont encore dans nos murs; proclamons de préférence, une journée de deuil national dans un esprit de repentance politique. Protestants et catholiques, prenez vos sacs et les cendres; gémissez et criez vers votre Dieu, qui sait s'il ne nous lavera pas de nos souillures séculaires. Vodouisants, préparez-vous à organiser une deuxième cérémonie du "Bois-Caïman", que le cochon expiatoire soit plus gras que celui de la première cérémonie; car la repentance et le sacrifice doivent être élevés à la dimension du péché. S'il est possible, faites mourir un éléphant! ...car tel péché, tel sacrifice !

Si nous voulons, Haïti peut redevenir ce qu'elle a été avant, "perle des antilles". Profitons de ce 18 novembre 2011 pour commencer à laver notre conscience, notre langue vénéneuse et nos mains criminelles. Purifions nos poches pleines de Dollars reçus pour appuyer la colonisation, accusons-nous, condamnons-nous et dépouillons-nous de toutes nos saletés, afin que l'univers puisse nous renvoyer toute l'énergie positive qui fesait de nous le peuple le plus extrémiste de la terre, quand il fallait châtier la cruauté des Colons Français. Oui ! un peuple osé au paroxysme. Ces mots étoilés de Boisrond Tonnerre confirment l'authenticité de ma déclaration:

 

" Peuple Haïtien, qu'ils frémissent en abordant nos côtes, sinon par le souvenir des cruautés qu'ils y ont exercées, au moins par la résolution terrible que nous allons prendre de dévouer à la mort quiconque, né français, souillerait de son pied sacrilège le territoire de la liberté. Rappelle-toi que j'ai tout sacrifié pour voler à ta défense, parents, enfants, fortune, et que maintenant je ne suis riche que de ta liberté ; que mon nom soit devenu en horreur à tous les peuples qui veulent l'esclavage, et que les despotes et les tyrans ne le prononcent qu'en maudissant le jour qui m'a vu naître ".

 

Pour une dernière fois, mes chers frères, gardons-nous d'organiser cette "Grimace collective". Les puissances colonisatrices nous prennent pour des écervelés, des avachis, des abrutis et un "sous-peuple", montrons-leur qu'il nous reste encore une part de dignité et de bon sens. Montrons-leur que nous haïssons leur présence sur notre sol, montrons-leur que nous ne voulons pas putréfier La célébration de la "Bataille de Vertières" par leur maudit choléra qui pue encore dans nos narines. Réservons cette célébration pour la faire rugir le jour où nous aurons fini avec cette affaire de néocolonialisme. Elaborons de préférence, un calendrier révolutionnaire visant à purifier toutes nos contrées impestées par ces hyènes, ces chacals et ces vautours à forme humaine qui ne font que nous exploiter . Que la nature les châtie ! Que ce 18 novembre 2011 soit renvoyé ! Longue vie à notre Haïtie chérie !

 

Dochener Colas.