Offcanvas Section

You can publish whatever you want in the Offcanvas Section. It can be any module or particle.

By default, the available module positions are offcanvas-a and offcanvas-b but you can add as many module positions as you want from the Layout Manager.

You can also add the hidden-phone module class suffix to your modules so they do not appear in the Offcanvas Section when the site is loaded on a mobile device.

En lieu et place de commémoration du 63e anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme (DUDH), environ un millier de victimes de Choléra-MINUSTAH-ONU ont participé à une grande mobilisation qui s’est tenue à Saint-Marc, le vendredi 9 décembre 2011, devant la base de la MINUSTAH pour exiger justice et réparation. Cette mobilisation a été réalisée par le Bureau des Avocats Internationaux (BAI) avec le support du groupe d’action de la défense des droits humains (GADH). Des victimes du choléra importé par les casques bleus de l’ONU, venues de plusieurs communes du bas de l’Artibonite, ont manifesté pendant plus de deux heures de temps pour forcer l’ONU à donner une réponse à leur plainte portée par devants ses instances.

            Marc-Arthur Mésidor du GADH, l’animateur principal a fait savoir qu’on commence ici, dans l’Artibonite la mobilisation où l’on a enregistré le premier cas de Choléra en Haïti : « On va décréter la permanence un peu partout dans le pays pour exiger justice et réparation pour des milliers de victimes de Choléra », a-t-il lancé.

            Il a également demandé aux autorités haïtiennes la mise sur pied d’une commission permanente de réclamation pour faciliter le processus de réparation en faveur  des victimes.

            Au cours de cette mobilisation, des victimes ont apporté des témoignages émouvants sur la maladie du Choléra qui a déjà fait plus de 7 mille morts et plus de 500 mille victimes contaminées. Dans la foulée, deux témoignages ont retenu l’attention du public, celui d’une jeune fille orpheline de père et de mère, tous deux décédés dès leur contamination par le Choléra, laissant derrière eux 5 enfants, dont l’un d’entre eux est paralysé : « Je suis l’aînée  de la famille. Le Choléra a tué ma mère et mon père, ils ont laissé 5 enfants sur mes bras. Je dois me débrouiller pour les aider, pour les nourrir. Parfois d’autres personnes qui nous sont familières nous donnent quelque chose. Nous n’avons personne d’autres pour nous aider. Nous voulons avoir réparation et justice » a-t-elle fulminé.

            Une autre victime venue de la Chapelle a entonné des vers contre la MINUSTAH, accusée de vol, de viol, de violation des droits de l’homme, de la propagation de l’épidémie de Choléra, de génocide sur la population haïtienne. Dans la foule, des manifestants ont scandé des slogans hostiles à la Minustah, ils ont pointé du doigt  quelques soldats de l’ONU qui regardaient les manifestants chauffés à blanc. D’autres ont tenu pancartes en mains demandent justice et réparation pour toutes les victimes de Choléra-MINUSTAH.

            L’un des représentants du Collectif de mobilisation pour dédommager les victimes du choléra, Yves Pierres, dans ses propos a déclaré : « Haïti est membre de l’ONU non pas pour nous apporter le Choléra, pour venir violer les droits du peuple haïtien, sa souveraineté en imposant une force d’occupation. Elle est membre de l’ONU pour l’aider à résoudre les problèmes sociaux tels : l’éducation, la Santé, la justice, l’environnement … Voici qu’: au lieu d’aider à Haïti à résoudre ces problèmes, l’ONU ajoute un autre fardeau aux calamités du peuple haïtien. Le peuple haïtien droit maintenir la mobilisation afin d’obtenir justice, réparation et le départ sans condition des forces de l’ONU d’Haïti, le plus vite possible. »

 Le représentant du BAI, Mario Joseph, a profité de l’occasion pour dénoncer l’hypocrisie qui règne au moment de la commémoration du 63e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme ce 10 décembre. Selon lui, le BAI voit de mauvais œil la célébration cette année de la Déclaration pendant que des centaines d'Haïtiens continuent à rendre l’âme sous l’agressivité du choléra introduit dans le pays par les casques bleus de l’ONU. En lieu et place de la célébration, le BAI préfère rejoindre les victimes dans leur mobilisation pour revendiquer justice et réparation. « Le thème retenu cette année est : Célébrons les droits de l’homme. Mais, les responsables des Nations Unies ignorent que le peuple haïtien a des droits, ils nous apportent le choléra et nous violent » a-t-il déclaré.

            Il a annoncé également d’autres mouvements de protestation qui seront organisés au Plateau Central, le premier Janvier 2012 pour forcer l’ONU à réparer toutes victimes du Choléra en Haïti. Dans les règlements de l’ONU, 50.000 dollars sont prévus pour les personnes affectées et 100.000 dollars pour les personnes décédées de l’épidémie de Choléra. Plus de 5.000 victimes ont déjà porté plainte par devant les instances de l’ONU depuis le 3 novembre dernier.
            Selon un document publié conjointement par l’IJDH et le BAI, document intitulé : « Les Haïtiens victimes de Choléra de la MINUSTAH disent a l’ONU : Haïti est aussi partie de la Déclaration Universelle des droits de l’homme, (DUDH) ». En ce jour de commémoration de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, les victimes du Choléra de la MINUSTAH demandent urgemment le respect de leurs droits.


Par Thomas Péralte

Add a comment

Par: Laura C. González

Bannière du grand syndicat de la Centrale des travailleurs unifiés (CUT) demandant le retrait immédiat des troupes d’occupation de la Minustah en Haïti ...

Les protestations du peuple haïtien contre l'occupation militaire par les Nations Unies de son pays ont trouvé un écho dans le continent sud-américain.

Le 5 novembre dernier, dans la ville brésilienne de Sao Paulo, plus de 600 personnes, incluant beaucoup de représentants internationaux, se sont réunies pour se joindre à la demande haïtienne: «La MINUSTAH doit sortir d'Haïti». MINUSTAH est la mission de l'ONU pour stabiliser Haïti, comme étant la force d'occupation de presque 13.000 membres.

Des Brésiliens ainsi que des porte-paroles des États-Unis, France, Uruguay, Argentine, Bolivie et Haïti, représentant les mouvements sociaux, partis politiques, estudiantins et des organisations syndicales, se sont ralliés pendant quatre heures à l'Hôtel de Ville de Sao Paulo pour analyser et dénoncer la situation intolérable en Haïti.

La contribution d'Haïti à l'indépendance latino-américaine au cours du 19e siècle a souvent été évoquée comme l'une des raisons les plus importantes de solidarité convaincante pour la lutte contre la MINUSTAH haïtienne.

«Haïti est un pays qui a soutenu la lutte de liberté en Amérique latine», a déclaré Julio Turra, président du plus grand et plus important syndicat du Brésil, la Centrale des travailleurs unifiés ou CUT. «Un pays qui a terrifié les propriétaires d'esclaves dans tout l’Amérique est aujourd'hui subjugué à subir une occupation militaire étrangère qui n'a rien à voir avec des fins humanitaires, ainsi qu’on le propose. C’est embarrassant. Par conséquent, le peuple latino-américain, le Brésil en particulier, a une dette envers Haïti et, c’est un devoir historique. Nous devons exprimer notre solidarité et nous ne pouvons pas accepter un retrait progressif des troupes, parce que nous ne savons pas quand cela prendra fin. Nous devons demander la retraite immédiate des troupes et défendre la souveraineté d'Haïti, face à l'occupation. »

Beaucoup d’intervenants ont rappelé que l’ancien président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva avait promis que l’occupation serait seulement pour six mois.

Les effets négatifs de troupes de la MINUSTAH en Haïti, sont l'une des principales préoccupations. Colia Clark, un activiste du mouvement des droits civiques dans les années 1960, a déclaré que «la présence de l'ONU en Haïti est une violation de toutes les normes internationales relatives aux droits humains.» Hugo Dominguez de l'Union Métallurgique uruguayenne de PIT-CNT, a déclaré: «Les occupations sont des exemples de la politique de l'oppression. Comme Uruguayens, nous avons honte à cause des actions des troupes Uruguayennes en Haïti», en référence au video d’un assaut sexuel des quatre soldats uruguayens contre un jeune Haïtien pendant l’été. Nelson Guevara Aranda de l'Union des mineurs boliviens de Huanuni a dit que quelques semaines auparavant, son organisation, composée de plus de 5000 travailleurs, a décidé de demander au gouvernement bolivien le retrait immédiat des troupes parce que «en dépit des sept années d'une occupation injustifiée, il n'y a rien de positif résultant de sa présence; au contraire, cela n’a fait que violer constamment la souveraineté et la dignité d'Haïti.»

En plus de cette critique, quelques intervenants ont souligné des exemples d'organisations fournissant une réelle solidarité au peuple haïtien. «Nous devons traduire notre indignation, notre honte, en actes concrets», a déclaré Joaquim Piñero du Mouvement des Sans Terre du Brésil (MST). «Comme le Mouvement des Sans Terre, comme Via Campesina, vous savez que nous avons des moyens limités, mais en dépit de ces difficultés, depuis 2005, nous avons eu un accord très important avec les organisations de travailleurs haïtiens, principalement dans le secteur agraire. Ces accords, en plus d'être des exemples de solidarité concrète pour nous, sont des occasions d'apprendre de la population haïtienne qui a une longue histoire de lutte et de résistance. Par conséquent, nous sommes assez sûrs que quand nos militants reviendront, ils seront changés grâce à cette expérience.»

Il y avait aussi des dirigeants haïtiens à la réunion tel que Fignolé St Cyr de la Centrale autonome des travailleurs haïtiens (CATH) qui a dit avoir été très fier de participer à cet important et grand événement. Et, il a ajouté qu'il a vu comment la «sensibilisation» de la situation haïtienne a augmenté au Brésil au cours des dernières années.

Au cours de cette rencontre, l'un des orateurs les mieux reçus était un Haïtien qui vit près de Buenos Aires. «La MINUSTAH ne devrait pas devenir un arbre qui cache la forêt» a déclaré Henry Boisrolin du Comité démocratique haïtien de l'Argentine. «Lutter contre la MINUSTAH signifie lutter contre d'autres instruments néocoloniaux aussi. Un de ces instruments est la soi-disant Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti co-dirigée par l'ancien président américain Bill Clinton. En fait, Clinton est le vrai président d'Haïti. Comme les organisations haïtiennes, nous pensons que pour lutter, nous devons d'abord comprendre, parce que personne ne va mourir pour quelque chose que l'on n'aime pas. Aider Haïti ne signifie pas simplement l'envoi de médecins, ingénieurs, etc. Il y a des organisations haïtiennes de défense populaires qui ont besoin de prendre le pouvoir pour changer la réalité en Haïti et elles n’ont besoin que de l’aide. Nous savons que nous devons mener le combat, mais comme l'occupation a été internationalisée, nous devons internationaliser la révolution en Haïti, aussi.»

A la fin de la réunion, a été lu le serment de Sao Paulo, dans lequel les participants officiellement ont constitué le Comité Continental pour le retrait immédiat des troupes de l'ONU en Haïti. Il mènera une campagne internationale avec quatre exigences:

1) Haïti a besoin de médecins, ingénieurs, enseignants et techniciens - et non des troupes d'occupation!

2) Annuler la dette extérieure d'Haïti!

3) Réparation pour le montant de la rémunération versée pour la dette immorale imposée à la suite de l'indépendance d'Haïti! Réparation pour les familles des victimes du choléra et de violations des droits humains!,p> 4) Retrait immédiat des troupes de l'ONU en Haïti!

Après avoir montré qu'il y a une réelle détermination de la «communauté internationale» en Haiti, les participants du rallye ont quitté la pièce en chantant : «Dilma écoutez ici, enlevez les troupes brésiliennes en Haïti».

Le rallye a été une illustration émouvante du mouvement croissant de solidarité envers le peuple haïtien à travers l’Amérique du Nord et du Sud. Les participants ont quitté, renforcés projetant que dans un an, cette mobilisation se terminera par une «Journée d'action continentale pour le retrait des troupes d'Haïti» pour le huitième anniversaire du lancement officiel de la MINUSTAH, le 1er juin 2012. Les organisations et les militants travailleront pour des démonstrations à travers le monde ce jour-là pour exiger le retrait immédiat des troupes de l'ONU en Haïti.

Déclaration de la délégation des Etats-Unis à la «Ato Continental Pela Retirada Imediata das Tropas ONU da ne Haïti»

Nous saluons l'initiative du Comité Défendre Haïti, c’est nous défendre nous-mêmes. En effet, la lutte contre l'occupation militaire illégale d'Haïti est dans l'intérêt de tous les peuples du monde. La délégation des Etats-Unis à cet événement historique comprend Kolia Clark de la Commission d'enquête internationale sur Haïti, Kim Ives de l'hebdomadaire Haïti Liberté, et le journaliste Dan Coughlin de La Nation.

Nous demandons instamment la fermeture immédiate des 25 bases militaires étrangères en Haïti et le retrait de toutes les forces internationales. À tous égards, les huit années d’occupation sous l’égide du Brésil ont été un désastre total pour les droits humains et la démocratie en Haïti.

? Sous l'occupation, des milliers d'Haïtiens, pauvres pour la plupart, considérés comme des partisans du mouvement politique Lavalas et de l’ancien président Jean Bertrand Aristide, ont été tués ou emprisonnés.

? Sous l'occupation, les élections organisées ont exclu la grande majorité des Haïtiens et le parti politique le plus important du processus démocratique. Cela a conduit au régime néo-duvaliériste du président Michel Martelly qui a pris le pouvoir avec la promesse qu'il allait ressusciter l'armée, méprisée par les Haïtens - une force qui a été utilisée uniquement pour tuer et réprimer les Haïtiens, et leur refuser leurs droits démocratiques.

? Sous l'occupation, les pratiques polluantes des troupes de l'ONU ont conduit à l'introduction d'une épidémie de choléra qui fait rage et qui, à date, a tué plus de 6600 Haïtiens et en a infecté un demi-million.

? Sous l'occupation, les troupes de l'ONU ont été utilisées comme une force politique partisane, principalement pour réprimer les manifestations légitimes des Haïtiens contre le coup d’Etat de 2004 et l'occupation de l'ONU. Les troupes de l'ONU ont également essayé d'empêcher les Haïtiens - déjà les moins bien rémunérés dans l'hémisphère - de manifester pour un salaire minimum vital. Cette occupation désastreuse et anti-démocratique a entaché la réputation de tous les pays qui en sont impliqués. Mais c’est Washington qui est à la tête de cet effort. Comme l’ont montré les câbles du Département d'Etat américain révélés par Wikileaks, la mission de l'ONU en Haïti répond à un élément majeur de l’objectif de la politique étrangère américaine, bon marché pour Washington, à un moment où les troupes américaines ont été immobilisées en Afghanistan et en Irak.

Ni l'ONU, ni les armées et les forces de police de plus de 45 pays à travers le monde, ne devraient être utilisées comme arme par Washington pour créer un pays de sweatshop à bas salaires, sans droits démocratiques ou humains.

Comme de nombreux dirigeants haïtiens l’ont dit, il doit y avoir des solutions haïtiennes pour des problèmes haïtiens. Si l'ONU veut envoyer des médecins, des ingénieurs ou autres spécialistes pour aider les Haïtiens, comme les Cubains et les Vénézuéliens le font, nous n'avons aucun problème avec cela. Mais l'ONU n’aurait dû jamais envoyer des soldats, des chars et des canons en Haïti, des armes qui ont été utilisées uniquement pour faire appliquer l'agenda néolibéral de Washington, Paris et Ottawa. Il est grand temps que les épées de l'ONU se transforment en socs de charrue.


 

Add a comment

Par Thomas Péralte.

Le vendredi 18 novembre 2011 ramène le 208e anniversaire de la bataille décisive de Vertières, au Cap-Haïtien, Nord d’Haïti, le 18 Novembre 1803 qui aboutit à l’Indépendance d’Haïti, le premier janvier 1804, suite à de rudes batailles menées contre la puissance colonialiste de France. Depuis lors, Vertières fut le lieu traditionnel pour célébrer cette grande bataille anti-colonialiste et anti-esclavagiste.

Quand bien même, cette année, au Cap-Haïtien, outre le Te Deum à la Cathédrale du Cap et les défilés traditionnels, aucune autre activité traditionnelle n’a été réalisée pour marquer réellement cette date. Aucune délégation du pouvoir central n’a été remarquée, les sénateurs du Nord n’étaient pas présents, la place de Vertières n’a pas été décorée comme à l’ordinaire. Des autorités locales : députés, délégué départemental, les agents municipaux du pouvoir central, les directeurs régionaux, après avoir assisté à la messe d’action de grâce se sont rendus à Vertières pour une petite célébration.

Add a comment

 Tout peuple a le droit de se déguiser, de se défouler, de se transformer en ridicule et de porter les accoutrements les plus grotesques, quand il s'agit des festivités carnavalesques. Mais quand il s'agit d'une commémoration historique aussi sacrée que "La bataille de vertières", toute bouffonerie portera atteinte à la gloire des demi-dieux de 1804 et à la dignité de tout un peuple. Où allons-nous puiser cette force honteuse et plate qui nous permettra de crier: "Dans nos rangs point de traîtres, du sol soyons seuls maîtres" tout en singeant aveuglément les pas néo-colonialistes de la parade avillissante des militaires étrangers sur la terre de Toussaint Louverture? Nous refusons de reconnaître notre état de peuple occupé, nous sommes comme 10 singes qui se croient libres parce qu'on nous enferme dans une grande caje dont la dimension occupe une surface d'un killomètre carré. Puisque nous avons les branches des ONG comme USAID pour balader dessus, la "figue" du programme alimentaire mondial (PAM) pour nous remplir la panse, les vaccins de la croix rouge internationale pour nous immuniser contre les Choléro-soldats de la MINUSTAH et un fantoche au sommet de l'état; nous nous croyons bienheureux, bien nourris, bien immunisés et souverains. Des insultes qui devraient nous faire pleurer jusqu'à la déshydration pouvant faire crever nos yeux, au contraire, nous les acceptons fièrement et nous les utilisons comme des scaphandres pour nous plonger dans les profondeurs d'une léthargie qui ne cesse de nous déshumaniser. Bande de nuls que nous sommes ! jusqu'à quand serons-nous un peuple mature capable de prendre ses responsabilités?  N'avions jamais lu ces phrases diamantées de Boisrond Tonnerre: " Nous avons osé être libres, osons l'être par nous-mêmes et pour nous-mêmes ; imitons l'enfant qui grandit : son propre poids brise la lisière qui lui devient inutile et l'entrave dans sa marche. Quel peuple a combattu pour nous ? Quel peuple voudrait recueillir les fruits de nos travaux ? Et quelle déshonorante absurdité que de vaincre pour être esclaves. Esclaves" !...

Au lieu de protéger la grandeur de ces mots aussi forts que la pesanteur, nous l'avons poignardée durant toute notre histoire par nos combats fraternels qui trahissent toute l'idéologie de 1804. Une idélogie pour laquelle ces titans se sont sacrifiés en risquant leur vie et celle de leur famille pour nous inventer une liberté que nous n'aurons jamais méritée.

 

Encore une fois, juste pour parfaire la honte, en ce 18 novembre 2011, nous allons commettre ce sacrilège visant à souiller les beaux noms de nos ancêtres par nos vils discours dont chaque strophe sera terminée sous les coups de canons des forces d'occupation et les applaudissements moqueurs des Néo-commissaires comme Bill Clinton, Didier Lebret et Henri-Paul Normandin ayant pour mission de réussir là où Sonthonax, Polvérel et Hédouville ont échoué. Aussi longtemps que nous refusons de saisir toute la portée de notre histoire afin de vivre l'idéal de 1804, nous ne passerons jamais de cet état de Populace à l'état de peuple. Nos ancêtres étaient tous des xénophobes dont la heine pour les étrangers colonisateurs brûlait à l'état de plasma au fond de leur âme. Alors que nos leaders d'aujourd'hui servent de Collabos aux néo-colonisateurs. Nos aieux haissaient les blancs esclavagistes au point de faire éclater ces paroles sacrées: " il nous faut la peau d’un blanc pour parchemin, son crâne pour écritoire, son sang pour encre et une baïonette pour plume”. Ils ont choisi d'exposer leur vie au pied du trône de la mort, plutôt que d'accepter de manger le pain de la servitude; pour preuve, lisons ces lignes de Boisrond Tonnerre:

1)-  " Marchons sur d'autres traces ; imitons ces peuples qui, portant leur sollicitude jusque sur l'avenir, et appréhendant de laisser à la postérité l'exemple de la lâcheté, ont préféré d'être exterminés que rayés du nombre des peuples libres".

 2)- " Jurons à l'univers entier, à la postérité, à nous-mêmes, de renoncer à jamais à la France, et de mourir plutôt que de vivre sous sa domination.

Nous sommes si différents de ces demi-dieux, je me demande si nous sommes leurs descendants directs. Sommes-nous fils de cet homme qui a prononcé ces paroles:

" Citoyens, Ce n'est pas assez d'avoir expulsé de votre pays les barbares qui l'ont ensanglanté depuis deux siècles ; ce n'est pas assez d'avoir mis un frein aux factions toujours renaissantes qui se jouaient tour à tour du fantôme de liberté que la France exposait à vos yeux ; il faut, par un dernier acte d'autorité nationale, assurer à jamais l'empire de la liberté dans le pays qui nous a vus naître ; il faut ravir au gouvernement inhumain, qui tient depuis longtemps nos esprits dans la torpeur la plus humiliante, tout espoir de nous réasservir ; il faut enfin vivre indépendant ou mourir ".

 

Ecoutez-moi mes frères haïtiens ! au lieu de nous préparer à organiser cette mascarade de commémoration de "Bataille de vertières" qui ne servira qu'à la honte et la trahison, puisque les "Blancs" sont encore dans nos murs; proclamons de préférence, une journée de deuil national dans un esprit de repentance politique. Protestants et catholiques, prenez vos sacs et les cendres; gémissez et criez vers votre Dieu, qui sait s'il ne nous lavera pas de nos souillures séculaires. Vodouisants, préparez-vous à organiser une deuxième cérémonie du "Bois-Caïman", que le cochon expiatoire soit plus gras que celui de la première cérémonie; car la repentance et le sacrifice doivent être élevés à la dimension du péché. S'il est possible, faites mourir un éléphant! ...car tel péché, tel sacrifice !

Si nous voulons, Haïti peut redevenir ce qu'elle a été avant, "perle des antilles". Profitons de ce 18 novembre 2011 pour commencer à laver notre conscience, notre langue vénéneuse et nos mains criminelles. Purifions nos poches pleines de Dollars reçus pour appuyer la colonisation, accusons-nous, condamnons-nous et dépouillons-nous de toutes nos saletés, afin que l'univers puisse nous renvoyer toute l'énergie positive qui fesait de nous le peuple le plus extrémiste de la terre, quand il fallait châtier la cruauté des Colons Français. Oui ! un peuple osé au paroxysme. Ces mots étoilés de Boisrond Tonnerre confirment l'authenticité de ma déclaration:

 

" Peuple Haïtien, qu'ils frémissent en abordant nos côtes, sinon par le souvenir des cruautés qu'ils y ont exercées, au moins par la résolution terrible que nous allons prendre de dévouer à la mort quiconque, né français, souillerait de son pied sacrilège le territoire de la liberté. Rappelle-toi que j'ai tout sacrifié pour voler à ta défense, parents, enfants, fortune, et que maintenant je ne suis riche que de ta liberté ; que mon nom soit devenu en horreur à tous les peuples qui veulent l'esclavage, et que les despotes et les tyrans ne le prononcent qu'en maudissant le jour qui m'a vu naître ".

 

Pour une dernière fois, mes chers frères, gardons-nous d'organiser cette "Grimace collective". Les puissances colonisatrices nous prennent pour des écervelés, des avachis, des abrutis et un "sous-peuple", montrons-leur qu'il nous reste encore une part de dignité et de bon sens. Montrons-leur que nous haïssons leur présence sur notre sol, montrons-leur que nous ne voulons pas putréfier La célébration de la "Bataille de Vertières" par leur maudit choléra qui pue encore dans nos narines. Réservons cette célébration pour la faire rugir le jour où nous aurons fini avec cette affaire de néocolonialisme. Elaborons de préférence, un calendrier révolutionnaire visant à purifier toutes nos contrées impestées par ces hyènes, ces chacals et ces vautours à forme humaine qui ne font que nous exploiter . Que la nature les châtie ! Que ce 18 novembre 2011 soit renvoyé ! Longue vie à notre Haïtie chérie !

 

Dochener Colas.

 

 

Add a comment

La bataille de Vertières est pour Haïti la fin d’une longue et sanglante guerre de libération.

Le 1er janvier 1804, après avoir écrasé l’armée française que Bonaparte avait envoyée rétablir l’esclavage, Haïti devenait le premier État noir des temps modernes.

Lors d’une conférence de presse donnée à Pointe à Pitre le 10 mars 2000, un journaliste posa la question suivante : « Que pense faire la France, la France pays riche qui a eu une de ces colonies ? Que feront d’autres pays pour participer véritablement au développement de Haïti ? ».

La réponse surprenante du président Jacques Chirac mérite réflexion : « Haïti n’a pas été, à proprement parler, une colonie française, mais nous avons effectivement depuis longtemps des relations amicales avec Haïti dans la mesure où notamment nous partageons l’usage de la même langue. Et la France a eu une coopération et a toujours une coopération importante avec Haïti et elle continuera à l’avoir. »

Pour Marcel Dorigny cette déclaration présidentielle montre à quel point l’oubli de Haïti est solidement ancré dans l’inconscient national français [2].

La bataille de Vertières
La bataille de Vertières



A l’ « origine »

Lorsque Christophe Colomb la découvrit en 1492, l’île comptait probablement quelques centaines de milliers d’habitants, Arawaks (ou Taïnos) et Caraïbes ; l’un des noms qu’ils lui avaient attribué était Ayiti, c’est-à-dire « Terre des hautes montagnes ». Les Espagnols la dénommèrent Española (« l’Espagnole ») qui devint Hispaniola (« Petite Espagne »).

Bartolomeo Colomb, frère de Christophe, organisa la colonie ; en 1496, est fondée la ville de Nueva Isabela, qui deviendra Santo Domingo (Saint-Domingue en français). Les Espagnols soumirent Arawaks et Caraïbes à des travaux forcés afin d’extraire l’or des mines. En moins de vingt-cinq ans, la population autochtone fut décimée. Les Espagnols firent alors venir des Noirs de diverses régions d’Afrique.

Durant tout le XVIe siècle, Santo Domingo a été la métropole des colonies espagnoles du Nouveau Monde.

La colonisation française

Dès 1651, des flibustiers et des boucaniers français s’étaient établis sur l’île de la Tortue d’où ils lançaient leurs incursions sur la « Grande Terre ». En 1652 la France nomme un gouverneur pour en prendre officiellement possession et les Français finirent par occuper la partie ouest de la « Grande Terre ». Sous l’impulsion de Colbert, la colonie prit son essor. La première capitale de la colonie, Le Cap Français (qui deviendra Cap-Haïtien), fut fondée en 1670. Lors du traité de Ryswick (1697), l’Espagne reconnut à la France la possession de la partie occidentale de l’île, qui devint alors la colonie de Saint-Domingue (la future Haïti), tandis que l’Espagne conservait la partie orientale qui était toujours appelée Hispaniola (la future République dominicaine). Les Espagnols puis les Français importèrent d’Afrique des captifs mis en esclavage sur les habitations sucrières exploitant la canne à sucre [3]. Ceux-ci développèrent une langue particulière qui deviendra le créole haïtien, langue maternelle de toute la population.

Hispaniola
C’est au cours de cette période que fut appliqué le trop fameux Code noir promulgué en 1685 par Louis XIV destiné à réglementer l’esclavage. Ce Code noir, qui resta en vigueur à Saint Domingue jusqu’en 1793, date de la suppression de l’esclavage dans la colonie, privait l’esclave de toute liberté. En effet, le captif à son arrivée dans la colonie est extrait des navires négriers, rafraîchi, vendu, baptisé et affecté au travail servile dans un monde où toutes ses références ancestrales sont perdues.

La colonie de Saint-Domingue devint la colonie la plus prospère des Antilles - d’où son surnom de « perle des Antilles ». À la fin du XVIII e siècle, la valeur des exportations de Saint-Domingue dépassait celle des autres colonies d’Amérique ; cette prospérité reposait sur les cultures commerciales du sucre, du café et de l’indigo, pratiquées dans de grandes "habitations" exploitées à leurs rendements maximums par des colons dotés de moyens financiers importants. En 1789, à la veille de la Révolution française, la colonie de Saint-Domingue comptait environ 400 000 esclaves [4] pour 30 000 Blancs et un nombre équivalent de « libres de couleur ».

La révolte des Noirs débute en août 1791 ; plus de 1000 Blancs sont assassinés, les sucreries et les caféteries, saccagées. Elle fait écho aux mouvements révolutionnaires de la métropole qui depuis 1789 avaient proclamé l’égalité entre tous les citoyens, une égalité basée sur le droit naturel. Les Antilles participaient à l’événement révolutionnaire : dès 1789 des esclaves se révoltent en Martinique et en Guyane, les colons forment le club Massiac pour défendre leurs intérêts contre les esclaves et contre les « libres de couleur » qui demandaient, par pétition, l’égalité civile et civique. Toutes ces revendications sont rejetées et des Assemblées coloniales, réservées aux colons, sont mises en place ; elles laissent aux édiles de larges pouvoirs internes, garantissant ainsi le maintien de l’esclavage et l’inégalité des droits avec les Mulâtres. Ces derniers créent alors des assemblées coloniales illégales, chassent les colons en août 1790 et finissent par se révolter en novembre de la même année... On assiste alors à une succession de révoltes et de luttes armées qui en plus d’opposer entre eux Noirs, Mulâtres et colons, opposent également Français et Anglais pour le contrôle de l’île. Les colons n’hésitant d’ailleurs pas à s’allier aux Anglais pour recouvrer des droits que la Révolution avait abrogés.


De crainte « de voir passer dans des mains ennemies la propriété de Saint-Domingue », les commissaires envoyés par la Convention se résignent à proclamer l’abolition de l’esclavage : Léger-Félicité Sonthonax, le 29 août 1793, pour la province du Nord, et Étienne Polverel, le 21 septembre, pour celles du Sud et de l’Ouest. Le 16 pluviôse an II (4 février 1794), la Convention confirme cette déclaration et étend l’abolition de l’esclavage à toutes les colonies françaises.

Toussaint Louverture, qui dirigeait une armée d’esclaves et de mulâtres depuis la partie espagnole de l’île, se rallie alors au gouvernement français. Il est successivement promu général, adjoint du Gouverneur de l’île et « commandant en chef de la colonie », entre 1795 et 1798. Toussaint Louverture mène alors des négociations directes avec l’Angleterre et les Etats-Unis pour assurer l’autonomie de l’île. En janvier 1801, Toussaint Louverture est maître de toute l’île. Reprenant un titre d’ancien régime, il se proclame gouverneur général à vie (avec le droit de choisir son successeur) par la première constitution de l’île. Celle-ci, solennellement proclamée le 9 Juillet 1801, abolit les distinctions de couleur et l’esclavage. Toussaint Louverture écrit une lettre à Napoléon, adressée « du premier des Noirs au premier des Blancs ».

La guerre de libération

En réponse à cette constitution autoproclamée, acte de quasi sécession de la colonie, et afin de reconstituer un empire colonial aux Amériques « conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789 », le Premier Consul décide une expédition de reconquête. La paix avec l’Autriche (traité de Lunéville, en février 1801), et surtout avec l’Angleterre dont la flotte contrôlait les routes atlantiques (préliminaires de Londres en décembre 1801, suivis du traité de paix d’Amiens, le 15 mars 1802), lui donnent l’opportunité de lancer une opération de reconquête coloniale. En février 1802, une flotte de 36 navires venant de Brest débarque au Cap Français une armée de 23 000 hommes, sous le commandement du général Victor-Emmanuel Leclerc, mari de Pauline Bonaparte et beau-frère du Premier Consul. Le 2 mai 1802, une autre expédition arrive à Pointe-à-Pitre avec 3 500 hommes sous le commandement du général Richepance. La Guadeloupe est rapidement soumise et les insurgés impitoyablement massacrés.

A Saint-Domingue, l’arrivée du corps expéditionnaire français suscite un soulèvement général des anciens esclaves. Le général Henri Christophe, adjoint de Toussaint Louverture, met le feu à Cap-Français.

Le 7 juin 1802, Leclerc invite Toussaint Louverture à conférer avec lui ; mais à peine celui-ci se présente-t-il qu’il est arrêté par traîtrise. Toussaint Louverture et sa famille sont embarqués pour la métropole. A l’instant de monter sur le navire, il prononce ces mots célèbres : « En me renversant, on n’a abattu à Saint-Domingue que le tronc de l’arbre de la liberté, mais il repoussera car ses racines sont profondes et nombreuses ».

Sur ordre de Bonaparte, il sera interné - sans jugement - au fort de Joux, dans le Jura. Il y meurt des rigueurs du climat le 7 avril 1803. Peu auparavant, le 2 novembre 1802, Charles Leclerc était lui-même mort victime de la fièvre jaune... comme beaucoup de ses soldats.

Un nouveau renfort de 10 000 hommes est expédié à Saint-Domingue sous le commandement de Rochambeau (fils du commandant du corps expéditionnaire français dans la guerre d’Indépendance des États-Unis). Rochambeau n’obtient pas de meilleurs résultats en dépit de son extrême cruauté (il avait notamment dressé des chiens de combat pour poursuivre et déchiqueter les Noirs).



Les troupes françaises, épuisées, sont défaites le 18 novembre 1803 à la bataille de Vertières par la masse servile (au chant de la Marseillaise [5]) et Rochambeau se rend à Jean-Jacques Dessalines, successeur de Toussaint Louverture. Les garnisons françaises capitulent les unes après les autres. L’ancienne colonie proclame son indépendance le 1er janvier 1804, devenant la première république noire libre. Elle prend le nom de Haïti que ses premiers habitants donnaient à l’île.

Au total, c’est près de 70 000 hommes que le premier consul aura envoyés dans le seul but de rétablir le système esclavagiste à Saint-Domingue. 55 000 d’entre eux y ont perdu la vie, victimes des anciens esclaves ou des fièvres. Un fiasco humain au moins aussi important que celui de l’expédition d’Égypte. Néanmoins, la réputation du Premier Consul sur le continent européen n’aura pas à en souffrir (et les Français eux-mêmes se dépêcheront d’oublier cet épisode peu glorieux). [6]

Une amnésie nationale

Dans la mémoire collective française, il y a un oubli - une occultation ? - du passé négrier et esclavagiste de la France coloniale. Pourquoi ? On peut, avec Marcel Dorigny, y voir deux raisons.

La première abolition de l’esclavage, en 1794, a eu lieu sous la Révolution française. Elle a été obtenue par la violence, l’insurrection, les massacres [7]. Huit ans plus tard, en 1802, Bonaparte revient sur cette abolition et rétablit l’esclavage. C’est cet épisode, largement occulté en France, qui amène les anciens esclaves de Saint-Domingue à proclamer l’indépendance de la colonie. On comprend que, dans ces conditions, la perte de Saint-Domingue soit un choc national refoulé.

L’autre raison réside dans la deuxième colonisation. Quand la France repart à la conquête d’un domaine colonial à partir de 1830, elle le fait au nom des droits de l’homme ! Objectif affiché : apporter la civilisation aux Africains. Dans la réalité, on applique un code de l’indigénat qui classe les individus en deux catégories : les Européens ont un statut de citoyens, mais les « indigènes » ne sont que des sujets. Et on instaure le travail forcé (il faudra attendre 1947 pour qu’il soit supprimé).

Dans les manuels scolaires, on parle peu de la première colonisation, celle qui reposait sur le trafic négrier et l’esclavage. L’école républicaine a préféré mettre en valeur l’abolition de 1848, faite sous la IIe République. De plus, l’évocation du rétablissement de l’esclavage en 1802 aurait terni l’image de Napoléon, figure glorieuse de notre mythologie nationale.

Haïti oubliée

Les raisons précédentes suffiraient à expliquer pourquoi Haïti, société issue de l’esclavage colonial, a été évacuée de la mémoire collective française [8].

Mais Haïti a commis en plus un double affront. D’abord, elle est sortie du système esclavagiste par ses propres moyens : c’est l’insurrection victorieuse des esclaves qui a imposé l’abolition en 1794. La Convention s’est trouvée devant un fait accompli, qu’elle n’a eu qu’à ratifier et à étendre aux autres colonies. Ensuite, Haïti a gagné son indépendance par sa victoire sur les troupes françaises. « La première défaite de Napoléon, ce n’est ni Baïlen en Espagne, ni Moscou, mais Vertières en Haïti, le 18 novembre 1803 ! »(Marcel Dorigny)

 

 

La bataille de Vertières
La bataille de Vertières
Add a comment