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Des femmes battues, violées, humiliées, abusées et finalement tuées, souvent sous les yeux de leur propre famille. Les enfants regardant pendant que leurs parents sont torturés, frappés et tués sous leurs yeux.Tant de vies perdues ! Des regards éteints à jamais. Des êtres aimés, enterrés à la va- comme- je- te- pousse pour la plupart. D`autres plus chanceux, ont eu une sépulture digne. Tous dans des tombes sur lesquelles est inscrite en lettres de sang, l`épitaphe : " Si tu me connaissais et si tu te connaissais, vraiment, tu ne m`aurais pas tué ". En effet, comment des gens qui n`ont pas demandé à être colonisés par les Allemands (1895-1916), les Belges qui ont introduit dans cette partie de l`Afrique, la carte d`identité en 1932 fixant arbitrairement les rwandais à 15% de la population comme Tutsi, 84% Hutu et 1% de Twa ont-ils pu connaître un abaissement si déshumanisant ?Alors que, pendant des siècles, les trois classes socio-économiques existantes ( les Hutu, les Tutsi et les Twa) se sont mariés entre eux et beaucoup partageaient même des liens claniques. Ce qui a permis de consolider leur unité. Malheureusement, les mauvaises politiques du passé n`ont pas su en tirer parti comme base de construction de la nation.

 

Au football, on ne change pas une équipe qui gagne. Mauvaise lutte des autorités françaises qui font du schéma rwandais, un Remake en Côte d’Ivoire. Faits, images qui accablent la France.

Au Rwanda. Avant, pendant et après le génocide de 1994. "Quand je suis sorti, il n`y avait pas d`oiseaux. Le soleil brillait et l`on sentait l`odeur fétide de la mort", déclare un survivant qui s`était caché pendant la durée du génocide.


L`odeur douceâtre et nauséabonde des corps en décomposition flottait sur de nombreuses régions au Rwanda en juillet 1994 : La crête de Nyanza surplombait la capitale Kigali où les fourrées étaient jonchées de crânes et d`os, de vêtements déchirés et de morceaux de papier.

Nyamaka où des corps emmêlés s`entassaient sur les bancs et le sol d`une église ; nyarubuye dans l`est du pays où des véhicules avaient roulé sur le cadavre intact d`une petite fille déposée devant les marches de l`Eglise, l`écrasant au point de le rendre aussi fin qu`un carton.

Sur les rives idylliques du lac Kivu, dans l`Ouest du Rwanda où des lambeaux de chair étaient éparpillés sur le flanc escarpé de la colline ; enfin Nyakizu dans le Sud du pays où le soleil avait blanchi les fragments d`os épars dans le sable de la cour d`école et où, sur une colline voisine, un petit pull-over rouge maintenait la cage thoracique d`un enfant décapité… (1)

Le mémorial de gysozi et celui de Murambi replongent le visiteur dans l`apocalypse :

  • Francine Murengezi Ingabiré, 12 ans:
    Sport préféré : Natation.

    Plat préféré : Œufs et frites.
    Boissons préférés : Lait et Fanta.
    Cause de la mort : Tuée à la machette.

  •  Kambanda Bernadin, 17ans :
    Sport préféré : Football
    Plat préféré : Riz

Boisson préférée : Thé
Cause de la mort : Tué à coups de machette dans l`église de Nyamata.
 

  •  Fabrice Muwunzi Minega, 8 ans :

Tué à coup de matraque.     

  • David Mugeranera, 10 ans :
    Torturé à mort…  


Des femmes battues, violées, humiliées, abusées et finalement tuées, souvent sous les yeux de leur propre famille. Les enfants regardant pendant que leurs parents sont torturés, frappés et tués sous leurs yeux.


Tant de vies perdues ! Des regards éteints à jamais. Des êtres aimés, enterrés à la va- comme- je- te- pousse pour la plupart. D`autres plus chanceux, ont eu une sépulture digne. Tous dans des tombes sur lesquelles est inscrite en lettres de sang, l`épitaphe : " Si tu me connaissais et si tu te connaissais, vraiment, tu ne m`aurais pas tué ". En effet, comment des gens qui n`ont pas demandé à être colonisés par les Allemands (1895-1916), les Belges qui ont introduit dans cette partie de l`Afrique, la carte d`identité en 1932 fixant arbitrairement les rwandais à 15% de la population comme Tutsi, 84% Hutu et 1% de Twa ont-ils pu connaître un abaissement si déshumanisant ?Alors que, pendant des siècles, les trois classes socio-économiques existantes ( les Hutu, les Tutsi et les Twa) se sont mariés entre eux et beaucoup partageaient même des liens claniques. Ce qui a permis de consolider leur unité. Malheureusement, les mauvaises politiques du passé n`ont pas su en tirer parti comme base de construction de la nation.

 


Déjà, en 1920, Pierre Rychmans, haut représentant de la Belgique dérape en affirmant que : " Les Tutsi sont nés pour régner. Leur belle prestance est en elle-même suffisante pour leur donner du prestige vis-à-vis des races inférieures qui les entourent ".
Vers 1990, l`idéologie génocidaire du pouvoir Hutu se perfectionne :Le MRND, le parti du président rwandais Habyarimana créé aux côtés des Forces armées nationales, des milices de jeunes Hutu dangereux et flamboyants appelés les Interahamwé. Surtout que les médias à la remorque du régime incitent à la haine. Au début de décembre 1990, Kangura publie les " dix commandements Hutu "selon lesquels, " un Hutu s`associant ou entretenant un business avec les voisins et amis tutsi était un traître ".

 


La situation sociopolitique se dégrade fortement au pays. C`est intenable. La résistance au régime Habyarimana s`amorce de l`intérieur (mollement) et de l`extérieur (surtout) avec l`entrée en force, le 1er octobre 1990 des exilés Tutsi au Nord du Rwanda. Venant d`Ouganda où ils ont créé le Front patriotique Rwanda (FPR). L`attaque lancée à partir d`un pays anglophone a réveillé chez les Français, le syndrome de Fachoda. La France qui, au dire du ministre des AE du Rwanda, s`est senti menacée, intervient alors militairement dans ce pays d`Afrique.

 

 En activant entre autres, l`accord d`assistance militaire conclu entre les Présidents Valery Giscard d`Estaing et Juvénal Habyarimana. L`hexagone se donne comme mission d`aider les FAR-forces régulières, à combattre ce qui est présenté comme une agression extérieure. "Nous avons eu à affronter ici les troupes françaises pendant quatre ans "révèle DR Charles Murigande, le patron de la diplomatie rwandaise. Les soldats français battent en retraite face au FPR. Et forment un kyste aux alentours de la rivière Mwogo.

 


Bénéficiant d`un mandat onusien, la France conduit du 22 juin au 22 août 1994, l`opération " Turquoise " dont le QG était Murambi, village situé à environ 150 km de Kigali, la capitale du Rwanda. Cette opération, placée sous le commandement du général Lafourcade, comprenait 2200 parachutistes français et administrait une zone qui coupait le pays en deux à partir de la rivière Mwogo (entre Butare et Gikongoro, au sud-ouest).

 


Cette zone " Turquoise " qui devrait être sous son autre appellation, une " zone humanitaire sûre ", a plutôt servi de bouclier aux miliciens et aux soldats des ex-far. Pendant qu`ils ne protégeaient pas dit-on, les Tutsi menacés.


Comme si c`était hier, Emmanuel Murangira dont la famille (son épouse et ses cinq enfants) a été décimée, se souvient encore de la tragédie de Murambi. Il fait partie des 4 rescapés sur 50.000 réfugiés qui, à Murambi, ont été attirés dans un guépié : L`école secondaire en construction. Le 25 avril 1994, sentant le danger venir, des Tutsi de la ville de Gikongoro et des communes avoisinantes se rassemblent dans les écoles et églises. Les autorités les dirigent sur l`école de Murambi, disant que leur sécurité y pourrait être garantie. Ce qui ne fut pas le cas. Résultat : 40 à 50.000 hommes, femmes et enfants tutsi périrent sous les yeux de ceux qui ont planifié les massacres : Le préfet (gouverneur) Laurent Buayibarute, le sous-préfet Frodwald Hawugimana, le commandant de la gendarmerie de Gikongore…


Emmanuel, depuis sa cachette d`une colline a été témoin comme beaucoup d`autres rescapés, des charniers de Tutsi. Enterrés sur un terrain de volley-ball construit par les Français pour effacer, selon lui, toute trace.

 

 


Les autorités françaises ont beau nié toute implication du contingent "turquoise " dans des exactions au pays des mille collines, qu`il est difficile de ne pas y voir la collusion avec le régime habyarimana. Surtout quand, comme le dit si bien Jacques Bihozara, l`ex-Ambassadeur du Rwanda à Paris : "La France savait que le génocide était planifié mais ce pays a choisi de camoufler la réalité ".

 

Appuyant son argumentaire, il évoque la rencontre de 1992 entre Paul Dijoud, Directeur Afrique au Quai d`Orsay (siège du ministère des affaires étrangères de la France), et la délégation du Front patriotique rwandais conduite par l`actuel chef de l`Etat rwandais, Paul Kagamé. Cette dernière se trouvait à paris sur invitation des autorités françaises au motif que ces dernières voulaient chercher une solution au problème du Rwanda, alors en guerre. " Vous devez déposer les armes, demander l`amnistie et nous allons négocier par la suite les conditions de votre entrée au gouvernement. Si vous ne déposez pas les armes, vous trouverez tous les vôtres déjà exterminés à votre arrivée à Kigali ", avait dit sèchement Paul Dijoud à ses hôtes. " Tout ce que ce monsieur a dit, s`est réalisé dans les années qui ont suivi. Prophétie ou apologie du génocide ?"

 

 

 

 

L`histoire de la zone de confiance au Rwanda, celle de l`avion transportant le président Habyarimana qui a été abattu et dont les auteurs, selon le juge français Bruguière seraient des éléments du FPR, la collusion entre soldats français et les milices Interahamwé, la rencontre à Paris entre la délégation de Paul Kagamé et les autorités françaises… Ressemblent au même schéma de l`implication de la France dans la crise ivoirienne. Apreuve!

 

Douh-L.Patrice :

Envoyé spécial au Rwanda

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(1): Human Rights Watch, la fédération internationale des Ligues des Droits de l`Homme ont réussi à traduire en peu de mots, la tragédie rwandaise à travers le titre de l`ouvrage édité par Karthala : Aucun témoin ne doit survivre.