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Sénégal - Haïti : Le président Abdoulaye Wade et sa proposition indécente.Il aura fallu le drame qui secoue Haïti pour que la compréhension de la boutade : « A quelque chose, malheur est bon » me dévoile tout son sens dans ce qui est convenu d’appeler la danse des hypocrites en voyant toute cette gesticulation des politiques de tous bords. Il n’aura échappé à personne que la France va même jusqu’à vouloir éditer un timbre pour Haïti, alors qu’il lui aurait fallu à l’époque de ne pas ponctionner honteusement ce pays par des indemnités fallacieuses pour qu’il vive son indépendance et Peut-être, ne serait-il pas victime des pseudos alliances avec Satan ainsi nous parlait l’anonyme oligophrène Pat Robertson. Bref une gesticulation qui, sur un plan pragmatique, donc par solidarité, essaie de panser les plaies et atténuer les douleurs malgré son sensationnalisme et son compassionnel cyniques, écoeurants et perfides.

 

 

La devise de ces états coloniaux et prédateurs est : « Soyez dans la misère, nous vous y enfonçons par tous les moyens et en cas de catastrophe, nous viendrons vous porter secours » ainsi l’opinion internationale mais surtout les consciences collectives chez les pauvres noteront que « ah !!!! Nous les critiquons, mais sans eux, que serions-nous… ». Voila comment par un tour de pensée triviale mais combien pernicieux et efficace on asseoit l’aliénation dans les mentalités et ce faisant, la dépendance.

 

Force est de constater qu’en la matière donc, et à sa manière, le Sénégal a voulu sortir de l’assourdissant silence dans lequel les dirigeants africains se sont claquemurés depuis la connaissance du drame haïtien. Lui qui, lorsqu’il faut envoyer des soldats pour les forces de l’Onu pour aller mater des causes jugées indéfendables par la « communauté internationale » a toujours su réagir avant même qu’on ne lève le petit doigt. Où lorsqu’il faut faire venir des agriculteurs français pour prendre les terres et apprendre aux Sénégalais comment faire etc.…Bref, vaut mieux tard que jamais nous apprend une fois de plus l’adage.

 

Sauf qu’une fois de plus, cette sortie est des plus hasardeuses dans ce concert de perfidie gesticulatoire et de logorrhées compassionnelles de circonstance. En déclarant quelques jours après la catastrophe : "La récurrence des calamités qui tombent sur Haïti m’amène à proposer une solution radicale : (...) créer en Afrique, quelque part, avec des Africains bien entendu, avec l’Union africaine, (...) un espace, à déterminer avec des Haïtiens, pour y créer les conditions de retour des Haïtiens"…Abdoulaye Wade est-il vraiment sérieux ou faut-il classer cette proposition dans l’ordre d’une fatigue sénile lui qui voudrait encore briguer la magistrature suprême malgré un âge avancé qui n’est pour la plupart des dirigeants africains pas une marque de sagesse malgré la rhétorique élyséenne et occidentale qui consiste à désigner les sages chez les présidents africains dont l’âge est très avancé?

 

Existe-t-il meilleur moyen de faire diversion que la proposition du président sénégalais qui, si la situation de Haïti n’exigeait pas de tous des actions concrètes, de la bienveillance et de la circonspection pour ce peuple meurtri par la douleur, nul doute que cette diarrhée verbale du président sénégalais aurait été parmi des plus sensées de ce siècle, prononcées par un dirigeant africain en poste.

 

Mais hélas et encore hélas pour monsieur Abdoulaye Wade et ses nobles intentions qui arrivent bien tard et au mauvais moment non sans dévoiler ses intimes intentions profondes à savoir: faire oublier les casseroles de ses bientôt 10 ans de pouvoir, nous rappelant qu’en toute opposition en Afrique francophone, se cache un futur monarque prêt à servir les intérêts étrangers et son clan. On comprend aisément aussi qu’il soit préoccupé par la longévité au pouvoir. Le critère de sagesse chez les dirigeants africains francophones et surtout que certains de ses homologues moins âgés que lui,  occupent le strapontin depuis des lustres.

Non ! Monsieur Wade  à la place des haïtiens, nous nous opposons non pas qu’ils reviennent mais parce que vos intentions sont fausses. Doit-on vous rappeler que les haïtiens sont libres ? Ils ne sont pas un territoire indépendant français comme le sont le Sénégal, le Gabon, le Cameroun, Le Mali, le Bénin, etc….

Ils n’ont aucune envie de mettre à l’autel de la cupidité les faits d’armes et l’héritage de TOUSSAINT LOUVERTURE comme vous avez osé laisser un plus jeune que vous, insulter toute l’Afrique dans l’enceinte de l’université CHEIKH ANTA DIOP, fût-il président de la France. Ils sont respectueux de leurs Héros et de leur liberté et pour cause, ils ne la négocient pas.

Commencez par chercher les conditions de libertés pour les africains voire pour les Sénégalais ensuite vous inviterez les autres à vous joindre.

 

Souffrez Monsieur Wade, vous n’entrerez jamais dans l’Histoire comme un grand homme, et dans ce cas, soyez rassuré vous n’êtes pas le seul, vos homologues à travers l’Afrique francophone vous accompagnent dans le champ du déshonneur ; mais la petite histoire retiendra que vous êtes l’illustration parfaite de cette Afrique que BANTU BIKO abhorrait en disant : « L’arme la plus dangereuse entre les mains de l’oppresseur est la mentalité de l’opprimé » et que Bernard DADIE apostrophait aussi en ces termes « Elles sont lourdes, lourdes les chaînes que le Nègre met au cou du Nègre pour complaire aux maîtres du jour».

 

N’invitez pas les Haïtiens maintenant (vous parlez de récurrence pourtant dans les calamités) et d’ailleurs jamais, dans cette Afrique liée et meurtrie par vos attitudes complices dans sa destruction, dans son manque de liberté car ainsi le rappelait Frantz Fanon « "Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, l'accomplir ou la trahir». Vous avez sans aucun doute trahi la vôtre pendant que les haïtiens ont accompli la leur et cette tentative d’essayer de les entraîner dans cette trahison ne contribue qu’à vous enfoncer, car ils sont un peuple qui marche débout comme le rappelait encore BANTU BIKO « Mieux vaut marcher un jour débout, que mille jours couché ».

© Camer.be : Jean-Jacques Dikongué