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Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et le président français Nicolas Sarkozy ont eu vendredi dernier un déjeuner de travail à New York, au cours duquel ils ont discuté notamment du changement climatique. Les deux dirigeants ont également discuté de questions de gouvernance internationale et de sujets régionaux, dont les situations au Darfour, en Somalie, en Iran, en République démocratique du Congo (RDC) et en Côte d’Ivoire. Monsieur Ban Ki-moon s’est félicité du ferme soutien du président français et de la contribution du gouvernement français dans de nombreux domaines du maintien de la paix.

 

Cette réception tenue dans les locaux du Consulat Général de France à New York constitue une énigme pour bon nombre d’observateurs et de diplomates en poste auprès des Nations Unies. En effet, au niveau protocolaire, une coutume établie de longue date prescrit que le Secrétaire Général des Nations Unies reçoive ses hôtes de marque au sein de la maison de verre, à New York. Qu’est-ce qui a bien pu justifier une telle entorse à ces règles élémentaires de la diplomatie internationale ? Telle est la question que se posent bon nombre de scrutateurs de la scène internationale. Par ailleurs, et de sources concordantes, le Président français, qui paraissait très agité, ce jour-là, aurait tenu des propos injurieux et outrageants à l’égard de son homologue ivoirien, le Président Laurent Gbagbo. « Ce Monsieur n’est pas digne de confiance », aurait-il déclaré ; estimant que le Président de la République de Côte d’Ivoire s’employerait à reporter une nouvelle fois la date de l’élection présidentielle dans son pays.

Avant de préciser qu’il ne doit sa survie qu’à la présence des troupes onusiennes sur le sol ivoirien. « C’est fort de la présence des Casques bleus qu’il fait tout cela; sinon j’aurais depuis longtemps demandé à mes gars de faire le nettoyage nécessaire ». Avant d’ajouter que « même son Directeur de Cabinet est venu à Paris pour nous confirmer que la date du 29 novembre 2009 ne sera pas respectée ». Des propos très acerbes tenus, comme il en a maintenant l’habitude, au regard d’autres Chefs d’Etat, pourrait-on dire. Qu’est-ce qui a pu justifier, une telle sortie de Monsieur Sarkozy ? Bien malin qui saurait y répondre. Ce qu’il importe de retenir, en tout état de cause, c’est le fait que le Président français demeure constant dans sa logique héritée de l’ère chiraquienne.

Pour on ne sait quelle raison, la France invite le Secrétaire Général de l’ONU non pas dans un restaurant, mais au sein de son Consulat de New York. Cette pratique porte gravement atteinte aux règles déontologiques qui régissent les Nations Unies. Par ailleurs, avec une telle initiative, la France montre visiblement qu’elle favorise une approche bilatérale dans le règlement de la crise ivoirienne. Confirmant ce que disait, il y a quelques années, un sénateur américain à ses interlocuteurs ivoiriens: « Pourquoi est-ce que quand on dit Côte d’Ivoire à l’ONU, c’est la France qui se lève ? Vous trouverez la solution à la crise ivoirienne lorsque vous aurez répondu à cette question », avait déclaré cet honorable membre du Congrès américain. Tout cela pose le problème du crédit à accorder aux Institutions internationales dans le cadre du règlement des crises par ces temps de réforme de l’ONU. En toute hypothèse, cette énième sortie du Président français fait le tour des Chancelleries à New York et alimentera sûrement les travaux du Conseil de sécurité qui doivent se pencher cette semaine sur la situation en Côte d’Ivoire.

Commentaire / Sarkozy-Gbagbo V.F

C’est vraiment gâté Mais qu’est-ce qui a bien pu prendre Nicolas Sarkozy pour qu’il s’en prenne encore avec une telle virulence au président Laurent Gbagbo? En tout cas si les propos ici rapportés sont effectivement sortis des ”entrailles ”du président français, il faut bien se résoudre à craindre que les relations entre les deux pays mais surtout entre les deux chefs d’Etat prennent du plomb dans les ailes. En l’espace donc d’un mois, Nicolas Sarkozy a décoché des flèches contre un Laurent Gabgbo qui jusque-là n’a que des propos diplomatiques pour ne pas dire élogieux envers son homologue français. En effet, profitant de sa présence aux obsèques du président Bongo, le président français avait depuis le Gabon volé dans les ailes du pouvoir en place, en insinuant la mauvaise foi des dirigeants ivoiriens qui ne feraient que des ”promesses fallacieuses” à propos de la date des élections. Si des doutes avaient été émis sur l’originalité des propos du patron de l’Elysée, cette deuxième sortie encore plus acerbe et dans laquelle le nom du président ivoirien est évoqué commence à intriguer, même si là encore on a affaire à un document non officiel et qui mieux emploie le conditionnel pour attribuer ses propos à Sarkozy. Laissant apparaître du coup, la réalité sur le froid qui s’installe progressivement entre Paris et Abidjan. Et à y voir de près, tout est ou semble gâté entre Sarkozy et Laurent Gbagbo même si le président ivoirien se refuse encore à réagir face aux attaques désormais mensuelles de Nicolas Sarkozy.

Faisant sien l’adage qui dit qui dégaine premier en politique perd souvent la face, Laurent Gbagbo demeure stoïque devant les volées de bois verts de Sarkozy qui, à la lecture des propos qui lui sont attribués, est prêt à un affrontement direct. Et c’est à ce niveau qu’il faut craindre pour les lendemains de la Nation ivoirienne quand Nicolas Sarkozy indique que sans les Casques bleus, il aurait déjà réglé ”l’affaire”. Cette déclaration qui donne froid dans le dos est d’autant plus inquiétante qu’elle suppose un affrontement militaire avec les FDS et peut-être aussi avec les FAFN. Sarkozy mijote donc un passage en force. Cela fait revivre des souvenirs douloureux comme Novembre 2004 et l’on s’interroge sur la pertinence et l’opportunité de telles déclarations à la veille du scrutin présidentiel.

Est-ce une façon de mettre la pression sur les acteurs de Ouaga afin que les élections se tiennent dans les délais ou l’expression d’un réel refroidissement des relations entre Sarko et Gbagbo ? Dans le premier des cas, il est évident que la formule n’est pas forcément la meilleure car, elle a le désavantage de remettre en selle ceux du camp présidentiel qui ont toujours soutenu mordicus que la France n’est pas neutre dans cette crise. Ce pain béni, les faucons de Laurent Gbagbo l’attendent en silence et Nicolas Sarkozy s’emploie volontairement ou involontairement à leur apporter du grain à moudre. Ils n’hésiteront pas à s’appuyer sur des propos non encore certifiés pour battre le rappel des troupes avec pour trame le message que la France prépare un coup. Dans le second cas, il faut bien chercher à savoir ce qui se passe entre les deux hommes pour qu’ils en arrivent à saborder près de plusieurs mois de négociations secrètes pour le degel des relations entre leurs pays. A ce sujet, beaucoup d’observateurs glosent déjà sur le départ d’André Janier qui gênait ce plan, disent-ils. Janier qui s’est employé à ressouder les morceaux a été récemment remplacé par Jean Marc Simon.

Ce dernier risque de vivre des moments chauds avec les déclarations ”incendiaires” de son souverain qui, vraisemblablement, vient de mettre un bémol aux belles phrases prononcées par lui sur le nouveau partenariat entre Paris et Abidjan, lors de la présentation de ses lettres de créances. C’est dans un tel contexte qu’un individu (Gossé Alain) se faisant passer pour un militaire à la présidence fait des déclarations sur l’affaire Kieffer. A la présidence, les autorités militaires affirment que le seul Gocey qui est en fonction est un Adjudant là où celui qui passe en boucle depuis hier sur France 24 arbore des galons de Caporal. La concomittance entre ces deux événements achève de convaincre qu’il y a comme un ressort qui est cassé entre les deux chefs d’Etat. Pour l’heure, les plus optimistes ne veulent pas encore croire que tout est gâté entre Sarkozy et Laurent Gbagbo. Selon eux, tout sera vraiment gâté lorsque le Woody de Mama va riposter. A ce moment, le vin sera tiré et il faudra attendre pour voir lequel des Woody (Gbagbo et Sarko) va boire le calice jusqu’à la lie. Qui vivra verra la fin du nouveau feuilleton Gbagbo-Sarko après le regrettable feuilleton Gbagbo-Chirac!

Valery Foungbé

 

 

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