Tout haïtien qui réside à l’étranger, plus spécifiquement aux Etats-Unis, fait face aux nombreuses questions des curieux ou spécialistes sur Haïti concernant l’avènement de Michel Martelly au pouvoir. C’est douloureux de constater l’embarras avec lequel mes compatriotes tentent d’expliquer rationnellement, si ce n’est par la folie, ce phénomène incongru qui, malheureusement, se rencontre l’histoire des peuples. On se souvient du règne de Caligula de la Rome antique, d’Indira Amin dada en Ouganda... Tant bien que mal, en bon haïtien, chacun arrive à s’en sortir à partir d’explications, se fait beaucoup d’interrogations, parce que n’arrivant pas à s’en convaincre. Mon ancien professeur d’histoire américaine, un fervent défenseur d’Haïti, me somma au cours du mois d’Avril de l’année dernière de venir le voir pour des consultations au sujet du nouvel élu haïtien. Donc, Aucune question ne m’a été épargnée, une façon ami!
cale de me mettre sur la sellette.
Comme je l’ai écrit incessamment, les Clinton (époux/épouse) sont les deux principaux faiseurs de roi en Haïti. D’après une source proche de l’ancienne candidate malheureuse à la dernière présidentielle, Myrlande Manigat, tout avait été conçu pour qu’elle accède au pouvoir. Ou du moins, jusqu'à l’arrivée du fameux émissaire du département d’Etat. Cet américain avait comme mission ultime de choisir le nouveau président d’Haïti. Après plusieurs interviews avec les deux candidats, il a jeté de façon inattendue son dévolu sur Michel ou Michael Martelly. Une seule approche a été considérée : le choix de qui peut mieux défendre les intérêts de l’Amérique au palais national d’Haïti. On peut s’étonner de la nature des intérêts américains en Haïti. Un pays appauvri par trois siècles de colonisation Européenne et très lourdement handicapé par une dette française estimée aujourd’hui à 21 milliards de dollars américains. Les intérêts américains sont les mêmes partout, que le pays soit riche ou pauvre. Il n’y a pas de compassion. C’est la nature même de l’empire qui l’exige.
En face de l’émissaire américain, Martelly s’est imposé comme le chantre garant de l’intérêt impérial en Haïti. En quelque sorte, il a offert plus qu’on lui avait demandé. La femme de Martelly, Sophie, allias « gwo soso », américaine de naissance, fut singulièrement agressive jusqu'à proférer des menaces à peine voilées sur ce qui pourrait arriver dans le pays au cas d’un choix contraire à celui de son mari.
Quant à Madame Myrlande Manigat, toujours d’après la même source, elle a été trop intellectuelle probablement par déformation professionnelle. Ajouter à cela le lourd fardeau de son mari, Lesly Manigat. Celui-ci n’a jamais été bien vu par l’establishment américain. Les Dominicains de l’autre côté de la frontière ne la tolèrent pas non plus. D’ailleurs, le credo louverturien alarme les puissances impérialistes. La plus grande peur de l’international vis-à-vis de la candidate, c’est qu’elle puisse prendre des initiatives claniques dignes d’une rdnpiste (son parti politique, RDNP). L’émissaire décela une pointe de sentiment national dans son verbe rappelant étrangement celui de son mari, 22 ans auparavant, lorsqu’il tenta de se rapprocher de l’Europe. Vu l’importance des grandes escroqueries à venir au profit de l’international, c'est-à-dire les pillages programmés des ressources naturelles nationales, il fallait éviter tout obstacle. On ne voulait pas prendre de chance avec une femme soumise qui pourrait se lancer dans des aventures nationalistes sous la dictée de son mari. Lui, qui se croit plus intelligent que tout le monde, il est en hibernation. C’était le récit d’un proche de Myrlande Manigat, il a vu voler en fumée son rêve d’homme d’Etat, en moins de 4 heures.
Voilà les raisons fondamentales qui expliquent le parachutage de Michel Martelly au pouvoir au détriment de Myrlande Manigat. Sous un angle analytique, tout nationaliste digne de ce nom n’aimerait jamais se trouver dans une position où, pour arriver au pouvoir il lui faut être parachutée par une puissance étrangère. Les dernières révélations de la presse Dominicaine à propos des 250.000 dollars américains reçus d’un sénateur corrompu du parlement de la république voisine viennent de saper mortellement sa crédibilité. J’avais écrit que Mme Manigat allait subir une défaite politique et personnelle, longtemps avant le premier tour des dernières élections. J’avais raison. Parfois, je me demande si ceux-là qui font de la politique active en Haïti ne se souviennent pas de l’histoire d’Anténor Firmin et de Rosalvo Bobo. Une trop courte mémoire conduit inéluctablement à l’abattoir de l’Histoire.
Bill et Hillary veulent l’annihilation d’Haïti comme état souverain. Ils savaient pertinemment que la mentalité et les antécédents conflictuels de Michel Martelly allaient soulever de l’hostilité dans la classe politique et l’intelligentsia du pays. Ils connaissent le tempérament volcanique de l’homme de Pétion-Ville et son caractère psychologique instable. Ils sont au courant du passé marqué de prestations artistiques indécents et de l’usage abusif avoué de la cocaïne de Martelly. Sans oublier les persistantes rumeurs quant à sa participation dans la distribution de la drogue dans le pays à travers son gang appelé « bandit légal ». Ils soutiennent en privé l’inaptitude de celui-ci à diriger le destin de 10 millions d’âmes à un moment où tout est versatile dans le pays. Mais ils le maintiennent au pouvoir coûte que coûte pour des gains géopolitiques impérialistes et personnels. Ils sont témoins de la culture de l’opposition systématique des élites face à leurs adversaires. Bill et Hillary ont piégé le peuple haïtien en lui imposant l’homme le plus décrié du pays à la présidence. Ils veulent être les seuls maîtres de la terre de Jean Jacques Dessalines.
Un ami m’a confié que le département d’Etat a hissé Martelly au pouvoir pour être à même de dire que « le peuple a le gouvernement qu’il faut ». Si cet adage est vrai, il ne s’adapte pas à Haïti. Le peuple n’a pas voté Martelly au pouvoir. 700.000 sur 4 millions de personnes en âge de voter l’ont choisi en 2011. L’Amérique l’a fait. C’est ce que Frantz Fanon et Jean Paul Sartre ont élégamment décrit dans les « damnés de la terre » et autres textes. Martelly est « un mensonge vivant ». Les Clinton considèrent l’haïtien « comme un peuple arrêté dans son évolution », de ce fait « incapable de diriger ses propres affaires ». Par exemple, incapable d’élire des dirigeants patriotes et compétents. Donc, le peuple à toujours besoin de « la présence permanente d’une direction », comme si « Haïti a commencé avec l’arrivée des Clinton ».
Deux ans de cela, Bill Clinton demanda pardon au peuple haïtien pour avoir réduit à néant la production agricole nationale d’Haïti lors de ses deux mandats présidentiels. Comme si le pardon suffisait pour réparer la souffrance infligée au pays. Ensuite, il a placé au pouvoir le plus grand corrupteur, Michel Martelly, pour mieux ruiner le pays afin de demander de nouveau pardon au peuple haïtien. L’international est en train d’insulter l’intelligence de tout un peuple.
Cette animosité américaine institutionnalisée à l’endroit des Haïtiens date de Thomas Jefferson, président des Etats-Unis de 1801 à 1809. En 1797, pendant que la guerre de libération nationale faisait rage en Haïti, Thomas Jefferson a écrit, et je cite : « Si nous n’agissons pas, et ceci maintenant. Nous serons les assassins de nos propres enfants ». Il redoutait avec affolement une victoire des Indigènes en Haïti. Car, cela sonnerait le glas du système esclavagiste, raciste et colonialiste. Cette approche hante encore la politique américaine vis-à-vis d’Haïti. Le peuple haïtien est perçu comme un danger imminent à la domination impériale américaine.
Jusqu’en 1820, Jefferson complota encore contre Haïti en proposant à l’administration d’alors d’expédier en Haïti tout enfant né de race noire. Ce que l’ancien président ignorait, c’est que tout homme ou femme qui foulait le sol haïtien, était déclaré libre depuis le 1er Janvier 1804. Sans tenir compte de la couleur de la peau, de la nationalité ou même de l’origine sociale. Ce fut un humanisme verdoyant trempé dans un désintéressement fécond.
La politique étrangère américaine est inspirée du jeffersonisme. C’est pourquoi le pays fut envahi en 1915, après que les Américains ont contribué à nos malheurs en boycottant Anténor Firmin afin de propulser Nord Alexis au pouvoir. Lui qui fut un grand admirateur de l’Amérique, et qui avait prédit depuis 1898, l’avènement d’un noir à la Maison blanche dans environ un siècle. Nous ne pouvons oublier le massacre de 1928 à Marchaterre, et les humiliations des militaires américains faites au peuple haïtien, après avoir emporté la réserve nationale d’or. En 2011, l’international a réédité cette triste histoire en parachutant Martelly au pouvoir.
C’est sous l’occupation américaine de 1929, que ce tracé frontalier défavorable à Haïti mais bénéficiaire à la république Dominicaine fut achevé. A la première conférence panaméricaine de 1826, les Etats-Unis exercèrent de fortes pressions sur les dirigeants latino-américains de l’époque pour refuser toute participation haïtienne. Eux, qui venaient d’accéder à l’indépendance grâce à l’aide financière, militaire et humaine d’Haïti. Conformément à la grandeur de l’épopée héroïque de 1804.
Malgré tout, Haïti a été toujours un allié fidèle des Etats-Unis d’Amérique. A la lumière de l’histoire récente du début des années 40, soit 1941, Haïti fut le premier état de l’hémisphère à déclarer la guerre à l’empire Nippon et aux autres puissances de l’axe. Irrité par l’attaque des Japonais sur Pearl Harbor, le président Elie Lescot, dans l’esprit de notre grande tradition diplomatique que « le pays de Jean Jacques Dessalines doit être du côté des victimes », a ordonné aux forces publiques haïtiennes de procéder à l’arrestation de tout citoyen Allemand et Italien vivant dans le pays. Le 12 Décembre, des dizaines de ces sujets furent internés au Fort national. Les autorités haïtiennes de l’époque agissaient vigoureusement contre les bellicistes des puissances de l’axe avant même que les américains leur déclarèrent la guerre, eux les premiers touchés.
Il faut rappeler aussi le butin de guerre consenti par la république d’Haïti en soutien aux forces alliées. Cette contribution s’élève à plus d’un milliard de dollars américains, car la figue banane fut liquidée à moitié de son prix réel. Sans oublier les dommages causés aux terres arables du pays par la plantation de sisal pour confectionner des cordes a bon marché au service de l’armée américaine en guerre pour libérer l’Europe du fascisme.
Par contre, quand en 1897, la marine Allemande humilia Haïti au cours de l’affaire Luders en souillant le bicolore national sous la menace canonnière, les Américains brillèrent par leurs mépris. Le Kaiser finalement exigea de l’Etat haïtien 20.000 dollars pour dédommager un citoyen haïtien, né en Haïti, mais de père Allemand, du nom de Luders. L’Amérique n’eut dit mot. Et pourtant la doctrine de Monroe était déjà en plein effet dans l’hémisphère, dixit « l’Amérique aux américains ». L’Allemagne traversa l’Atlantique pour punir le peuple noir orphelin d’Haïti. La doctrine de Monroe ne saurait s’appliquer au profit de nègres, dont les pères sont encore en Afrique. Aujourd’hui, je vous le dis, en vérité l’Haïtien n’est fils de personne.
C’est dans ce contexte de haine chronique que les relations entre les deux états ont évolué à travers les ans. Thomas Jefferson influence encore la politique américaine en Haïti. Des optimistes s’attendaient à un revirement diplomatique après la matérialisation de la prédiction de Firmin, avec un noir à la présidence. Ils se sont trompés de bonne foi. J’avais prédit dans « Barak Obama, ni Jésus Christ ni Fidel Castro », qu’il n’allait apporter aucun changement significatif ni en Haïti ni dans le reste du monde. Car, la politique américaine s’insère dans une logique impériale, dont l’essence est d’étendre l’autorité de l’empire sur les autres états.
A la lumière de ces éléments, nous comprenons les causes profondes du parachutage de Michel Martelly au pouvoir, malgré lui. Sa mission secrète est de rendre la situation haïtienne encore plus chaotique pour que l’international justifie sa main mise totale sur les ressources minérales du pays. C’est une politique d’usure que l’international s’applique en Haïti. L’Irak et la Libye sont les victimes d’une longue série pour les mêmes raisons, ressources minières ou pétrolifères. Haïti est la prochaine victime, l’impérialisme a déjà commencé depuis des années avec sa politique de « désorganisation et réorganisation ». C’est-à-dire le démembrement de l’état d’Haïti.
Michel Martelly est le dernier en date des pions de l’Oncle Sam pour complètement désorganiser Haïti et, d’après tous les indices, nous assistons au dernier acte du drame. Le sale matraquage psychologique contre Haïti a l’échelle mondiale est achevé, le pays est sur la liste des états parias malgré toute sa glorieuse histoire. La référence de liberté qui fut notre marque de fabrique est falsifiée et remplacée par l’ignorance, l’inculture et la misère. L’Etat d’Haïti est à genoux. Bill Clinton, « le nouveau proconsul d’Haïti », fait la loi. Enfin, « Haïti is open for sale » ! Haïti est à vendre !
Joël Léon
Le 8 mars dernier a été un long camouflet a tout haïtien. L’incroyable s’était produit. Le président de la république, élu à 700000 voix sur 4 millions d’électeurs en 2011, décida de se flanquer de l’ambassadeur américain,Mr Kenneth Merten, pour étaler ses passeports à la population au lieu de les acheminer à la commission sénatoriale chargée de vérifier sa nationalité. A rappeler que, l’un des multiples rôles d’un ambassadeur américain a l’étranger est de : « servir les américains avec professionnalisme, les plus hauts standards éthiques et une discrétion diplomatique ». Ce chapitre n’est jamais respecté, au contraire les diplomates des états riches accrédités en Haïti ironisent les institutions nationales et le peuple haïtien dans sa globalité, de ce fait érode la crédibilité des Etats-Unis. « La convention de Vienne sur les relations diplomatiques » est constamment foulée au pied ou tout simplement ignorée. L’ambassadeur des pays riches se croit tout permis.
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Le Président de la République de Haïti, Michel Martelly, et son homologue vénézuélien Hugo Chavez ont signé, ce 5 Février, un accord-cadre de coopération visant à accroitre l’aide du Venezuela au-delà du Fonds Petro Caribe déjà généreux, et autres formes d’assistance bilatérale et multilatérale offertes par le Venezuela. (L´acteur états-unien Sean Penn, nommé récemment ambassadeur itinérant par le gouvernement haïtien en reconnaissance de son engagement sur le terrain aux côtés de la population, a participé à une des réunions entre les mandataires.)
La signature de ce document qui fait suite à la réunion bilatérale tenue le vendredi 3 Février entre les deux dirigeants, permettra d’augmenter l’aide du Venezuela de façon drastique, et comprendra la coopération, les crédits et l’investissement direct dans les domaines de l’agriculture, la production, le développement industriel, l’énergie et le tourisme entre autres.
Le Venezuela, à travers son accord de coopération avec la Chine, va également ouvrir plusieurs magasins électroménagers en Haïti afin de vendre des produits (réfrigérateurs, radios, panneaux solaires, fours électriques) à des prix réduits et subventionnés à la population. L’accord prévoit de fournir un financement à la population haïtienne pour faciliter l’accès à ces produits.
Cet accord vise aussi la création de coentreprises pour travailler dans les secteurs de l’agriculture, créer des emplois, augmenter la capacité de la production agricole, à travers laquelle Haïti fournira la main d’œuvre et la terre, et le Venezuela la technologie, l’équipement ainsi que le crédit aux agriculteurs. En outre, le Venezuela travaillera également avec des compagnies privées pour les encourager à venir investir en Haïti.
A l’occasion de ce sommet de l’ALBA, les pays membres se sont entendus pour renforcer la coopération avec Haïti par l’intermédiaire d’un « plan spécial » pour Haïti. « Il est de la responsabilité des pays de l’Amérique latine de rester unis pour aider Haïti », a dit le Président Chavez. La coopération accrue entre l’ALBA et Haïti comprendra les investissements, la coopération technique et la formation dans les domaines de la santé, l’éducation, l’énergie, la production agricole et les infrastructures.
Dans le but d’aller de l’avant avec ce plan, il a été convenu que les Ministres des Affaires Etrangères des pays membres de l’ALBA tiennent une séance de travail de deux jours afin d’élaborer un plan de travail détaillé pour cette nouvelle coopération. Cette séance de travail sera organisée dans la ville historique et touristique de Jacmel les 2 et 3 Mars prochains. Haïti recevra cette assistance en préservant son statut de pays observateur au sein de l’ALBA.
source : http://www.avn.info.ve/contenido/ve
Mise à jour le Mercredi, 08 Février 2012 10:15
« On a toujours l’impression de ne pas être au bon endroit à Davos, qu’une réunion plus intéressante a lieu quelque part dans un hôtel, et que c’est la qu’on devrait être. Comme si le vrai Davos se déroulait en secret quelque part ».
(Steve Case, fondateur de AOL)
Par Joël Léon
La chaudière de la politique haïtienne ne cesse de bouillonner tout au long du mois de janvier. D’après tous les indices, le mois de Février se coulera dans le même climat. Entre-temps, les rumeurs les plus folles circulent a flots dans le pays et la diaspora d’Haïti sur cette épineuse affaire de nationalités multiples. L’exécutif semble, en apparence, bien sur, ne s’en foutre pas mal.
Pendant la fin du mois de janvier, six membres du gouvernement se trouvent à l’étranger. Le ministre des affaires étrangères, Laurent Lamothe, se trouve en France accompagné du ministre du tourisme, Mme Stéphanie Balmir, celui du commerce, Mr Wilson Laleau, et de la coopération externe, Mr Herve Day. Sans oublier le chef de cabinet de Mr Lamothe, Ady Jean Gardy, et du directeur général, Mr Nixon Myrthil. Tout ce beau monde était à Paris à la tête d’une forte délégation, incluant de nombreux hommes d’affaires haïtiens, conduite par le chancelier Laurent Lamothe. D’un autre coté, le ministre de l’agriculture, Herve Docteur, se trouvait au Salvador et Costa Rica et le premier ministre en république Dominicaine. Donc, 6 membres de l’exécutif parcouraient les artères du monde presque simultanément.
Le président lui-même, toujours dans sa tradition de pigeon voyageur, était en Suisse, à Davos, pour participer au 42e forum économique mondial. D’après un article d’Andrew Ross Sorkin publié dans « courrier international », dans lequel l’auteur a amplement expliqué le système mis en place incitant à débourser fort pour se frayer une place là-bas (courrierinternational.com). Un séjour à Davos est particulièrement exorbitant. De façon très modérée, ce voyage du président Martelly doit coûter dans les 3 millions de dollars américains. En échange de quelles retombées ! Steve Case, le fondateur de l’AOL, confia à Andrew Ross Sorkin que « on a toujours l’impression de ne pas être au bon endroit à Davos, qu’une réunion plus intéressante a lieu quelque part dans un hôtel, et que c’est la qu’on devrait être. Comme si le vrai Davos se déroulait en secret quelque part ». Le président Martelly, a-t-il été au vrai Davos ?
A Davos, le président entendait faire la promotion d’Haïti en implorant les investisseurs à venir exposer leur argent dans le pays. Il n’y a rien de mal dans la démarche de convaincre qui de droit à introduire des capitaux frais dans l’économie stagnante du pays. Cependant, les investisseurs ne sont pas des donateurs, ils investissent leurs capitaux dans l’unique fin d’accumuler le maximum de profits possibles. Martelly compte les persuader en donnant l’assurance de la justesse de son plan à combattre la corruption, à partir d’un prétendu schéma mis en place pour éliminer ce fléau. Ce que le président ignore, le capitalisme n’est pas vertueux, puisque sa fonction première est de faire de l’argent, d’autant que « Le capitalisme a pris naissance dans le sang et la sueur ».Donc, les investisseurs ne s’intéressent pas vraiment au discours pompeux de lutte contre la corruption. Il faut de préférence une autre stratégie, celle-la! ne marchera pas. Ainsi, Cette semaine, les autorités Birmanes décident d’accorder aux investisseurs étrangers 8 ans d’opération dans le pays sans payer de taxes. Voila ce que les investisseurs veulent entendre, pas des chignons ou des bonnes intentions.
Sous couverts de « diplomatie d’affaires », tous les ministres du gouvernement haïtien font le tour de la terre. Ma grand-mère, feue Hernoce Clé, parlerait d’un gouvernement « laviwon dede ». L’administration de Martelly respecte la tradition comme tous les autres gouvernements avant lui. C'est-à-dire, avant d’accéder au pouvoir il avait vilipendé tout le système de fonctionnement de l’état, juste pour mieux le reproduire à son tour. C’est typiquement le politicien. L’exécutif actuel opère par des slogans. Aujourd’hui, ce qui est sur toutes les lèvres en Haïti, c’est une question de « diplomatie d’affaires ». On le répète si souvent, parfois on se perd sur la vraie signification du thème pour le gouvernement haïtien. Spécialement Laurent Lamothe, chancelier haïtien, mais se comportant plus souvent en premier ministre. Lorsqu’on considère les sorties internationales et les communications publiques du chef de la diplomatie haïtienne, on se rend compte de plus en plus qu’il a instauré dans le pays une diplomatie d’affairisme plutôt qu’une diplomatie d’affaires.
La politique étrangère du gouvernement haïtien n’est pas bien inspirée et ne relève en soi aucun temps fort haïtien conformemnt a l’histoire nationale. C’est la mendicité qu’on n’a jamais fait l’expérience auparavant. Le discours du chancelier est routinier. Il n’y a aucune substance spécifiquement émanée d’une pensée haïtienne. C’est le verbe dans toute sa vacuité. C’est ce qui arrive quand on catapulte dans la diplomatie un revendeur de téléphones. Il se déplace quand il faut consolider. Il s’exprime quand le silence est nécessaire. Il rit quand il faut être serein. En filigrane, il est frappé par la luxure de l’ignorance. Car, en dépit de tout, « la diplomatie reste une science bourgeoise ». Elle a une forme, un couloir, une langue et surtout de l’élégance. La vocifération ou la tempête est anti-diplomatique.
La diplomatie d’affaires n’est pas efficace sans industrie, production, banques etc. D’ailleurs, l’initiative est boiteuse au départ. On ne peut initier une politique profonde pareille sans l’organisation de plusieurs conférences ayant pour objectif d’harmoniser tous les secteurs liés aux affaires en Haïti. Ensuite, il faut un personnel diplomatique approprié. Donc, il faut introduire cette nouvelle politique dans les mœurs des traditionnels diplomates haïtiens qui battent tous les records de l’inaction. Marcel Duret, l’ancien ambassadeur d’Haïti au Japon, fut le seul exemple digne d’un diplomate actif qui coordonnait activités officielles d’état et quête d’investissements pour Haïti en une unité stable et harmonieuse. Ou est il ?
Laurent Lamothe n’est pas qualifié pour conduire la diplomatie haïtienne. Il occupe la fonction du fait qu’il fut le principal financier de la campagne électorale et ami personnel du président. De douteuse réputation, ce qui est commun à tout affairiste, Laurent Lamothe n’inspire pas confiance. Il n’a pas l’expérience nécessaire qu’exige la triture diplomatique. A dire vrai, il a beaucoup voyagé dans le monde, mais c’était pour écouler sa marchandise téléphonique. Le placer au sommet de la diplomatie haïtienne est une aberration.
D’ailleurs, Cheik Yerim Seck, un Sénégalais a décrit Mr Laurent Lamothe comme « Cet Haïtien de 39 ans, installé dans un château à Cape Town, qui se déplace en Maserati dans les artères de cette station balnéaire sud-africaine et voyage en jet privé… ». Un homme habitué avec un train de vie pareil, très orienté vers le business, placé à la tête de la chancellerie haïtienne est un jeu dangereux. Probablement, s’est il placé dans cette position pour récupérer l’argent investi dans son poulain lors des élections présidentielles ? L’avenir dira le reste !
Pour écrire ce papier, je me suis entretenu avec un vétéran de la diplomatie haïtienne. Pour lui, aujourd’hui la diplomatie haïtienne n’existe pas. On a tout simplement une bande d’affairistes et de coquins qui ont kidnappé la chancellerie haïtienne. Parlant de Laurent Lamothe, il dit : « qu’il n’a ni le look, ni les pas d’un diplomate ». Pour lui, nous vivons un période temporaire d’une grande pitié internationale due au tremblement de terre qui ravagea le pays en 2010. Cette période terminera bientôt, la real politique internationale resurgira. Ajouter a tout cela, il y a la dure réalité de l’économie mondiale. Ce diplomate pense que les accapareurs gagneront gros, mais la tradition dessalinienne de la diplomatie haïtienne souffrira pendant des années.
Ces « rookies » de la politique ignorent la réalité internationale dans laquelle vit le pays. Haïti est un état toujours en guerre depuis la proclamation de l’indépendance, il y a 208 ans. Ils négligent les balises léguées par les pères fondateurs de la nation. « Le pays de Jean Jacques Dessalines et d’Alexandre Pétion doit être du cote des faibles et des persécutés ». Donc, nous sommes hérité d’une mission sacrée. L’abandonner c’est nous aliéner, c’est disparaître. Il n’y a pas de miracles en histoire. Il y a un destin irréversible. On peut le ralentir, mais jamais l’arrêter. Ce discours est trop compliqué pour les assoiffés de richesses matérielles faciles. Ils couvrent le roi d’un manteau de mendiant, et ses pas restent ceux d’un souverain. Haïti survivra !
La stratégie de la diplomatie des affaires de Lamothe est simple, embrigader des investisseurs en Haïti. Par contre, il n’a rien offert en termes de substance, si ce n’est l’avantage que procure la loi HOPE a faciliter l’entrée au marché américain. Qu’en est il de nos artisanats, notre peinture primitive/naïve, nos plages, nos arts plastiques etc. ?
Les multiples voyages à l’étranger des membres de l’exécutif exaspèrent plus d’un dans le pays. Cette « diplomatie d’affaires » mal conceptualisée et structuree fait tourner la tête dans le pays. Des interrogations pleuvent sur les réelles intentions de Laurent Lamothe. N’est-t-il pas entrain de promouvoir lui-même en guise d’Haïti. Le voyage a Davos était il nécessaire, quand il a coûté plus de 3 millions de dollars aux haïtiens. De toute évidence, Laurent Lamothe n’est pas l’homme de la situation, lorsqu’il pense pouvoir tout transformer en marchandises. Y compris l’âme précieuse d’Haïti. Peut être c’est le temps de demander a l’équipe dirigeante de cesser toutes activités et de remettre les clés.
Joël Léon
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