les Occidentaux réservés sur le résultat des élections, mais les Africains solidaires de Kabila

Lundi, 19 Décembre 2011 19:40 Redaction Afrique du sud
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tchisekedi,kabila,kinshasaLe 9 décembre (soit avec quatre jours d'avance sur le calendrier prévu), la commission électoral congolaise (CENI) proclamait le président sortant Joseph Kabila vainqueur du scrutin électoral par 49 % des voix contre 33 à Etienne Tshisekedi, 79 ans, ancien premier ministre de la transiion démocratique sous Mobutu (mais aussi ministre de l'intérieur de Mobutu peu après l'assassinat de Lumumba) et président de l'Union pour la Démocratie et le progrès social (UDPS), lequel a immédiatement contesté ces résultats.
 
Vital Kamerhe, autre candidat malheureux a saisi la cour suprême. Selon Kamerhe, 3 000 à 5 000 cartes d'électeurs ont été distribuées à des mineurs par des kabilistes. En outre, des centaines de PC électoraux prouveraient les bourrages d'urnes. Sur le bureau de vote « Collège Jean Calvin » à Lubumbashi (Code/BV: 12001/C), par exemple, la commission électorale accorde 369 voix sur les 494 exprimées à  Joseph Kabila contre 74 attribuées à Etienne Tshisekedi, alors que le procès verbal "authentique" signé par les membres du centre présenté par Vamerhe le crédite  Kabila de seulement 169 voix.
 
Semblant pencher en faveur de Tsishekedi, le 14 décembre, les Etats-Unis ont dénoncé de "graves irrégularités" par la voix de la porte-parole du département d'Etat Victoria Nuland
 
A l'inverse, le 16 décembre, alors que la Cour Suprême de Justice ne s’était pas encore prononcée, les chefs d’État des pays de la région des Grands Lacs, réunis à Kampala, rendaient leur verdict: l’Ouganda, le Kenya, la Tanzanie, la Zambie, le Burundi, la République Centrafricaine, ont reconnu (à l'exception du Rwanda qui a attendu plus longtemps) la réélection du président Joseph Kabila et appelé «ceux qui ne sont pas satisfaits du résultat de l’élection à l’accepter et à travailler pour reconstruire le pays.» L'Afrique du Sud s'est jointe à eux assez rapidement,  probablement pour contrer les tentations d'ingérence des Etats-Unis.
 
En Belgique,  la diaspora congolaise, qui n'a pas le droit de voter au Congo lorsqu'elle a la double nationalité, a largement manifesté en faveur de Tshisekedi. Parmi eux le 17 décembre beaucoup brandissaient des drapeaux nationalistes flamands ainsi que le portrait du chef de la droite indépendantiste flamande, Bart De Wever. Tony Busselen du Parti du travail belge rappelait, quant à lui, dans un reportage du 13 décembre les liens de Tshisekedi avec la dictature de Mobutu, et estimait que malgré ses concessions aux Occidentaux Kabila, qui reste sur une ligne de coopération avec la Chine et les pays émergents, demeurait le seul candidat crédible de la mouvance lumumbiste, de la gauche congolaise et  du refus de l'ingérence occidentale.
 
Le scepticisme des Occidentaux semble se nourrir de certaines dérives autoritaires du régime de Kabila qui avait été pourtant leur homme pendant une décennie (soutenu notamment par le Rwanda après l'assassinat de son père). L’enrichissement de son entourage. La répression de journalistes et d’opposants. L’assassinat en 2010 de Floribert Chebeya, militant des droits de l’homme. Puis l’imposition d’un scrutin présidentiel à un seul tour pour favoriser le chef d’Etat sortant.
 
Il est peu probable toutefois, compte tenu de l'équilibre des forces sur le continent africain, que Washington et les Européens se rallient d'emblée aux prétentions de Tshisekedi (qui a appelé l'armée a lui obéir doit prêter serment parallèlement à Kabila au stade des Martyrs de Kinshasa vendredi). Certains plaident pour une partage du pouvoir entre le président sortant et son principal opposant comme cela s'est fait en 2007 au Kenya et en 2008 au Zimbabwe. L'ancien ministre belge Louis Michel s'est prononcé en ce sens.
 
Delphine Jaen

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